Marie Arena seconde sur la liste PS aux Européennes? «Derrière Magnette, mais pas Timmermans»

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Le monde d’aujourd’hui et son organisation demandent un  new deal , et on ne doit pas le faire qu’entre les gauches
», estime Marie Arena.
« Le monde d’aujourd’hui et son organisation demandent un new deal , et on ne doit pas le faire qu’entre les gauches », estime Marie Arena. - Dirk Waem/ Belga.

Eurodéputée sortante, Marie Arena (PS), a annoncé sa candidature à la deuxième place de la liste socialiste aux élections européennes. Elle y figurerait (figurera ?), derrière Paul Magnette. Lequel, comme on le sait, a d’emblée annoncé qu’il ne siégera pas au Parlement européen car afin de respecter la règle de non-cumul, il n’abandonnera pas le majorat de Charleroi. Par ailleurs, comme ses deux collègues socialistes wallons Marc Tarabella et Hugues Bayet, Marie Arena ne cache pas son opinion négative sur le choix qu’a fait le Parti socialiste européen de Frans Timmermans, numéro deux de la Commission européenne et communément perçu comme un socialiste de droite, comme sa figure de proue et candidat pour la présidence de la prochaine Commission.

Vous n’aurez pas l’impression de participer à une mascarade, derrière un candidat vedette qui ne siégera pas, ce qui n’est pas imaginable dans la plupart des Etats membres de l’UE ?

Des collègues me disent que cela ne pourrait pas se passer chez eux… Mais la Belgique est un pays particulier, avec un paysage très morcelé, où on ne peut avoir de majorités absolues. Il est essentiel que les gens qui incarnent le projet socialiste s’engagent. Paul Magnette est perçu comme le renouveau du PS, la dorsale du PS de demain. Alors s’il mouille sa chemise au niveau européen cela renforcera la liste. Le PS doit rester un parti fort au niveau national. Et si Magnette peut faire 450.000 voix, c’est important. Le PS doit faire 30 % partout : au fédéral, aux régions et à l’Europe.

Vous ferez campagne derrière la bannière de Frans Timmermans, votre « spitzenkandidat » ?

Je ferai campagne sur la justice fiscale, sur le reporting des entreprises pays par pays (un dispositif qui permettrait d’identifier les abus fiscaux, NDLR). Dans le domaine du commerce international, on a fait des progrès, mais je suis de ceux qui pensent que le commerce doit être plus respectueux des droits sociaux et environnementaux. Et je ne m’embarrasserai pas des « spitzenkandidaten ». Frans Timmermans est le chef de file aujourd’hui de ceux qui le reconnaissent. Je ne le reconnais pas comme chef de file. Je l’ai dit dans mon groupe, et j’ai dit qu’il n’est pas soutenu par le PS belge. On verra d’ailleurs ce qu’il représentera après les élections, notamment aux Pays-Bas (où les travaillistes sont au plus bas, NDLR). Et on verra aussi les résultats dans les différents Etats membres.

Aujourd’hui qu’on est sorti au Parlement européen de la grande coalition droite-socialiste, je constate que la droite et les libéraux travaillent sans problème avec les eurosceptiques du groupe ECR et avec les populistes du groupe EFDD (qui comprend notamment le Mouvement 5 Etoiles italien, NDLR). Si demain cette droite devient plus fascisante comme Salvini, la droite traditionnelle pactisera-t-elle avec des fascistes, ou négociera-t-elle avec les forces progressistes ?

La direction de votre famille politique justifie que Timmermans a défendu les droits fondamentaux, qui seraient un combat typiquement socialiste…

Guy Verhofstadt est un libéral et il défend aussi les droits fondamentaux. Cela ne peut être l’exclusivité des socialistes, et on ne peut pas opposer la droite et la gauche là-dessus.

Quel est à vos yeux l’enjeu majeur de la campagne européenne ?

Il y a une confusion entre la démocratie libérale et la pensée libérale. Je suis une démocrate libérale au sens de l’équilibre des pouvoirs, du respect des droits des minorités, etc. Donc contre les démocraties populistes qu’on voit poindre dans quelques endroits de l’Europe et du monde. Mais à l’intérieur de cette organisation politique, il y a le projet idéologique : que fait-on de cette organisation ? Il faut qu’il y existe des tendances de droite et de gauche. La démocratie libérale est un concept progressiste, c’est vrai. Mais on vit toujours sur la base d’un deal combinant l’économie productiviste et une redistribution des richesses par les salaires, les cotisations sociales, etc. Or on n’est plus là-dedans aujourd’hui. Le monde d’aujourd’hui et son organisation demandent un « new deal », et on ne doit pas le faire qu’entre les gauches. Cela s’est fait au 19ème siècle entre la droite et la gauche, et il faudra le refaire entre droite et gauche. Il faudra pour cela une gauche forte. Nous, socialistes, devons nous concentrer sur la partie redistributive. Les libéraux doivent se centrer sur ce qu’ils défendent prioritairement, notamment les besoins de l’économie.

Comment jugez-vous le bilan de la législature du Parlement européen et du mandat de la Commission Juncker ?

On n’a pas été suffisamment loin dans la rupture avec l’austérité, alors que toutes les études, toutes les grandes institutions internationales dont le FMI disent qu’il faut réfléchir à autre chose. Juncker par contre a essayé de répondre aux critiques de l’austérité avec son plan d’investissement, mais sans le soutien des Etats membres et en particulier de l’Allemagne pour rompre avec une politique strictement budgétaire.

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