Paradis fiscaux: les divulgations commencent à payer

D’obscurs flux financiers au sein de la société de paris Betway ont été épinglés lors des Paradise Papers. Une procédure de sanction peut être ouverte dès mercredi.
D’obscurs flux financiers au sein de la société de paris Betway ont été épinglés lors des Paradise Papers. Une procédure de sanction peut être ouverte dès mercredi. - PhotoNews

Ce mercredi, la Commission des jeux de hasard va se pencher sur Betway, le site de jeux et paris en ligne qui figure, entre autres, parmi les sponsors du Sporting d’Anderlecht. Un site qui, comme Le Soir et ses partenaires le révélaient en novembre 2017 dans le cadre des Paradise Papers, est géré au départ d’un… garage situé à Malte. Autrement dit : au départ d’une boîte aux lettres derrière laquelle se cache une nébuleuse de sociétés immatriculées aux îles Vierges, au Belize et autres paradis fiscaux.

Si l’objectif de la manœuvre ne peut qu’être supposé, son résultat semble clair : une opacité telle que les autorités de contrôle y perdent leur latin, se révélant incapables d’y retracer l’origine des flux financiers. C’est d’ailleurs ce que pourrait dénoncer la Commission des jeux de hasard auprès du parquet et de la cellule de traitement des informations financières (CTIF) dédiée à la lutte contre le blanchiment d’argent d’origine criminelle. Le site de paris pourrait, dans le même élan, perdre sa licence en Belgique.

Ce mardi, la star du ballon rond Cristiano Ronaldo passait quant à elle sous les fourches caudines de la Justice espagnole, essuyant au passage une amende de quelques millions d’euros liée à ses montages fiscaux dont certains furent divulgués dans le cadre des Football Leaks.

Le travail de sape finit par payer

Petit à petit, force est de constater que le travail de sape des journalistes d’investigation qui sont à la base de ces révélations finit par payer. Près de six ans après la première salve des révélations dans le cadre des Offshore Leaks, en avril 2013, il semble que le seuil de tolérance vis-à-vis de pratiques pouvant à tout le moins susciter la critique, à défaut d’être toutes illégales, se réduit. N’a-t-on pas vu, à la suite des Panama Papers, un Premier ministre islandais poussé à la démission ?

Ne soyons pas dupes, cependant. Tout ce travail, qu’il s’agisse de celui de la presse ou de celui de la Justice, peut sembler en partie vain dès lors que les mesures préventives susceptibles de rendre moins attractives les stratégies d’optimisation, fiscales ou autres, ne sont pas adoptées en amont. On est loin du compte. Les mailles restent trop larges. Il demeure à la fois trop facile et trop tentant de succomber aux charmes de montages exotiques afin d’échapper à ses obligations.

Verra-t-on, par exemple à Davos cette semaine se dessiner les prémices d’un mouvement mettant fin à cette vaste hypocrisie ? Visant à ériger, sinon à l’échelle mondiale mais au moins européenne, la transparence et l’équité au rang de valeurs cardinales des législations fiscales à venir ? On peine à le croire. Mais on peut commencer à l’espérer. Car c’est en continuant à dévoiler les excès qu’elle génère que l’on continuera, progressivement, à rendre intolérable une telle permissivité.

► Betway, sous la menace d’une sanction: l’analyse de Xavier Counasse

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