«Parents et écoles, soutenez la grève scolaire des élèves pour le climat!»

«Parents et écoles, soutenez la grève scolaire des élèves pour le climat!»

Initiée par la jeune Greta Thunberg, 16 ans, lors d’un discours à la COP 24 à Katowice dans le but de demander à l’Etat suédois de prendre des mesures pour réduire les émissions de CO2, l’idée d’une « grève scolaire pour le climat » s’est répandue rapidement sur le globe.

Greta commence totalement seule mais en décembre 2018, selon The Guardian, ce sont plus de 20.000 étudiant·e·s qui ont rejoint le mouvement dans pas moins de 270 villes, notamment en Australie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Japon, en Ouganda et… en Belgique ! Le jeudi 17 janvier, environ 12.500 élèves ont brossé les cours pour se retrouver à Bruxelles.

A la mi-mars, une grande grève scolaire coordonnée de manière internationale se prépare. Le mouvement espère être rejoint par le plus grand nombre de pays européens possible. Les jeunes se rendront à l’hôtel de ville ou au parlement pour remettre leurs exigences en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Avant de se demander comme sans doute énormément de parents, d’enseignant·e·s et de direction s’ils doivent ou non approuver l’école buissonnière climatique de la jeunesse belge, arrêtons-nous un instant pour saluer l’audace et la mobilisation hors du commun de ces très jeunes élèves.

Une grève en guise de réponse

Nous pouvons aisément imaginer le dialogue plus ou moins houleux qui s’en suit dans les chaumières, lorsque Emma ou Jules annonce à ses parents qu’il ou elle n’ira pas à l’école. La fameuse obligation scolaire n’est-elle pas le fondement d’un avenir serein pour nos futurs adultes ? « Si tu veux te battre pour le climat, très bien, je suis d’accord, mais tu ferais bien mieux d’étudier pour pouvoir exercer un métier plus tard qui servira à la société et à l’environnement, au lieu de jouer aux activistes, sécheurs de cours ! ». Un tel discours rejoint celui du Premier ministre Australien Scott Morrison’s à l’égard du mouvement : « More learning in school and less activism »/« Plus d’apprentissage à l’école et moins d’activisme ».

Face à ce discours (quand il ne s’agira pas d’une injonction pure et simple « d’aller à l’école-et-je-ne-veux-rien-entendre », ou du plus diplomatique : « On peut aller manifester en famille un dimanche si tu veux… »), une seule pensée nous vient : « Ne prenons pas nos jeunes pour des idiots » et leur grève est une forme de réponse cinglante : A quoi cela sert-il d’étudier si l’on n’a plus d’avenir !

Les jeunes savent très bien la valeur de l’école et des études. Même ceux qui y galèrent et s’en protègent par des « ça ne sert à rien, c’est nul, j’en ai rien à f… ». Ils savent qu’ils devront « rattraper » leur jeudi.

Une urgence extrême

Les jeunes de 2019 sont de tellement bons élèves qu’ils ont très bien appris la leçon des plus grands experts en la matière : l’urgence climatique est extrême, la biodiversité est en chute libre, les conséquences néfastes de notre mode de vie sont innombrables et démultipliées par une série de facteurs, certains seuils critiques sont déjà derrière nous et on fonce à toute vitesse dans un mur aussi solide qu’un iceberg s’apprêtant à faire couler un Titanic insouciant.

Ce seul constat devrait en réalité nous faire entamer dès demain une grève générale, parents, enseignant·e·s, enfants, adolescents… tous ensemble, tous ensemble.

Des alternatives éducatives

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le décret qui fixe les missions de l’école parle avant tout de « promouvoir la confiance en soi » et de « préparer tous les élèves à être des citoyens responsables ». L’Education à la citoyenneté mondiale et solidaire, soutenue par l’Etat, portée par un certain nombre d’ONG en Belgique (dont les signataires de cet article) a également pour but de proposer une lecture critique et une vision plus juste et solidaire pour notre monde.

Cette éducation ne se fait-elle qu’au sein d’une salle de classe, assis sur une chaise en suivant un cours ? Depuis longtemps, nous répondons « non », les jeunes peuvent tout autant apprendre dans l’action directe sur le monde réel, et celle-ci peut être à leur initiative, très libre et décloisonnée.

La défense d’un avenir collectif

Les jeunes qui iront manifester, continuent à apprendre. Ils apprennent à créer leur avenir en ayant une lecture globale de l’actualité et en se positionnant par rapport à celle-ci. Ils apprennent à argumenter. Ils apprennent à s’organiser et à structurer leur mouvement. Ils apprennent à choisir, présenter et défendre des revendications devant les ministres de ce pays. Et ils le font, tout en essayant de sauver réellement notre peau et celle de toute l’Humanité. Ils nous montrent combien ils et elles sont hyper concerné.e.s par leur avenir collectif.

Bien sûr, bien des adultes estimeront qu’ils feraient tout pour juste « brosser », bien sûr, ils et elles ont leur incohérence, leurs fringues, leurs sorties, leurs smartphones. Mais il serait terriblement mesquin et hypocrite de notre part de leur en tenir rigueur au moment où ils sortent dans la rue.

Au contraire, il est, selon nous, de notre devoir de les suivre, de faire retentir dans toutes les écoles la sonnette d’alarme et le réveil climatique (comme l’action qui s’est déroulée dans plus d’une centaine d’écoles en décembre dernier), d’aider les plus jeunes à écrire des lettres pour inonder les boîtes des pouvoirs publics, de chercher avec eux la cohérence environnementale en réorganisant l’école comme beaucoup d’établissement commencent déjà à le faire.

Soyons sûrs que le dans le bouleversement sociétal qui s’annonce, ce sont ces jeunes qui nous montreront le chemin.

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