N’ayons pas peur des mots (surtout des nôtres…)

Installation du Conseil scientifique du futur «
Dictionnaire des francophones
» à l’Elysée.
Installation du Conseil scientifique du futur « Dictionnaire des francophones » à l’Elysée. - D.R.

Le vent serait-il en train de tourner dans la francophonie ? Le 28 février dernier, l’Académie française a reconnu ne plus voir d’obstacle de principe à la féminisation des noms de métiers et de professions qu’elle avait combattue jusque-là. Quelques jours plus tard était annoncé, sous l’égide de la Direction générale de la langue française et des langues de France, le projet d’un Dictionnaire francophone. Quel est le lien entre ces deux évènements, à première vue éloignés l’un de l’autre ?

Tous deux témoignent d’une tendance de plus en plus affirmée à abandonner le centralisme linguistique qui caractérise la francophonie depuis des siècles et dont l’Académie française est un des symboles les plus forts. Le rétropédalage de la vieille dame du quai Conti est sans conséquence réelle sur le quotidien d’une majorité de francophones, mais il est un alignement sur la position défendue depuis des décennies par plusieurs francophonies « périphériques ».

Le Dictionnaire francophone s’inscrit dans la même dynamique. L’idée n’est pas neuve : dès les années 1960, les Belges Albert Doppagne et Maurice Piron plaidaient pour un « français universel », soit le français hexagonal enrichi de régionalismes « de bon aloi ». En 1994, sous l’égide de l’AUPELF-Uref, des équipes de recherche issues d’un bon nombre de pays francophones ont uni leurs efforts pour créer la Base de données lexicographique panfrancophone , laquelle propose de découvrir les spécificités lexicales de 20 pays ou régions de la francophonie.

On le constate : l’adage selon lequel « il n’est de bon bec que de Paris », longtemps appliqué à la langue française, est de plus en plus remis en question. Mais cette distance critique n’est qu’un des versants de l’évolution vers une francophonie plurielle ; celle-ci doit s’accompagner d’une prise de conscience de la légitimité de ces variétés de français naguère stigmatisées, y compris par les francophones qui les pratiquent.

Pour y parvenir, il est important de donner à ces variétés une visibilité qui permette d’apprécier leurs ressources, en particulier au plan lexical. C’est le propos du quiz proposé par votre journal favori pour vous inviter à la découverte d’une francophonie originale et savoureuse, à la rencontre d’autres francophones qui font vivre le français au quotidien. Et bien au-delà de la Semaine de la langue française et de la francophonie !

Invalid Scald ID.

Sur le même sujet
LangueFranceParisBase
Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+

Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

1€ pour 1 mois
J'en profite
Je suis abonné et
je dispose d'un compte
Je me connecte
1€ Accès au Soir+
pendant 24h
Je me l'offre
Je suis abonné et
je souhaite bénéficier du Soir+
Je m'inscris
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct