«Au-delà du climat, un développement soutenable pour tou.te.s»

«Au-delà du climat, un développement soutenable pour tou.te.s»
© Belga.

Merci à tous les jeunes qui ont porté la lutte contre les dérèglements climatiques et autres risques environnementaux au cœur de l’attention médiatique. Cet éveil est une excellente nouvelle pour nous inciter à prendre conscience aussi de la perte de diversité biologique nuisant à la pollinisation vitale à notre alimentation, de la pollution de l’air réduisant nos espérances de vie, de la pollution des mers nourrissant de plastiques les animaux marins… sans oublier l’accroissement de la pauvreté et la montée des inégalités sociales, aussi dangereuses pour la paix que les changements climatiques.

Toutes ces évolutions contribuent à ce que seuls 30 % des citoyens européens estiment que la situation future sera meilleure qu’aujourd’hui, contre 45 % aux Etats-Unis, 45 % en Asie et 53 % en Afrique. Dans l’Union européenne, 26 % pensent même qu’elle sera pire. L’accumulation de richesses mondiales n’a empêché ni les écarts de revenus de se creuser partout ni les taux de chômage des jeunes, aux niveaux mondial, européen et belge, d’être aujourd’hui trois fois plus élevés que ceux des adultes. Les revendications climatiques de la jeunesse ne sont donc pas les seuls signaux de cette crainte de l’avenir. Ces slogans crient aussi le besoin urgent d’un vrai projet de société qui puisse rendre confiance à toute une génération et lui permettre de se projeter dans l’avenir en ralliant les différents camps politiques sur tous ces défis.

Des objectifs universels

L’Agenda 2030 adopté par les Nations unies en septembre 2015 porte un projet de transition juste vers un développement durable. Il définit des objectifs pour notre avenir à tou.te.s appelés Objectifs de Développement Durable (ODDs). Il englobe et – c’est important – relie entre eux des enjeux de protection sociale, sécurité alimentaire, santé, éducation, égalité des genres, accès à l’eau, à une énergie durable, travail décent, climat, biodiversité etc. L’élaboration de cet agenda entre 2012 et 2015 a mobilisé tous les pays via leurs gouvernants et organisations de société civile : associations d’environnement et de développement, mouvements de femmes, de jeunes, regroupements d’agriculteurs, syndicats, fédérations économiques, etc. Ce processus participatif ouvert à grande échelle a engendré un agenda mondial qui ne se résume ni à la croissance et à l’emploi, ni aux finances et au climat mais qui les insère dans un ensemble de 17 ODDs et 169 cibles plus précises. Dans les limites de la planète, cet Agenda 2030 trace la voie politique de la solidarité entre générations visée à l’Article 7bis de notre Constitution.

Cette tresse d’objectifs politiques interdépendants est « universelle » parce que, agréée par le Nord et le Sud en quête de synergies, elle interroge tous les modes de vie et de développement. Elle résulte de décennies de travail à partir des accords multilatéraux de l’ONU sur l’Environnement et le Développement aux Sommets de Stockholm (1972), de Rio (1992) et de Rio+20 (2012). Depuis un demi-siècle l’humanité se sait confrontée à une « aggravation de la pauvreté, de la faim, la santé et l’analphabétisme et une détérioration continue des écosystèmes dont dépend notre bien-être. » (Agenda21). Et pourtant les progrès n’ont pas été à la hauteur des accords signés à ces Sommets, comme le « changement des modes de production et de consommation non durables » promis solennellement à Rio en 1992 pour répondre aux aspirations environnementales, sociales et économiques du Nord et du Sud de la planète.

Pour un nouveau contrat sociétal ?

Les candidat.e.s aux élections européennes et en Belgique sauront-elles et ils se lier ensemble à un projet de changement de société ambitieux balisé par les ODDs pour tendre vers une solidarité entre régions du monde et générations ? Ces ODDs sont aujourd’hui intégrés par un nombre croissant d’acteurs et actrices dans leur propre stratégie. Pourront-ils aussi tous se retrouver dans de nouveaux contrats sociétaux raccordant le court terme aux moyen, long et très long termes ? Des contrats apportant des solutions pour sauver le climat tout en répondant aux revendications concernant la pauvreté et les atteintes aux droits humains, les revenus et le temps de travail, l’avenir et la paix de la planète ? Il serait fou d’ignorer ce besoin de langage et de projet communs car la fenêtre d’opportunité se restreint chaque jour, tant sur les enjeux écologiques que dans les tensions sociales. Sortir enfin de la marginalité les luttes de longue haleine, (sup-) portées plus souvent par les femmes sans tambour ni trompette, ne peut qu’apporter de l’espoir aux sociétés.

*Ce texte est cosigné par quatorze responsables et expertes en développement durable, de plusieurs générations, particulièrement actives dans les secteurs académique, associatif, privé, public et syndical, depuis plusieurs décennies : Launy Dondo, Marjan Van de maele, Véronique Rigot, Patricia Delbaere, Valérie Gilbert, Marie d’Huart, Natacha Zuinen, Sybille Mertens, Isabelle Chaput, Sylvie Varlez, Antoinette Brouyaux, Anne Panneels, Chistiane Malcorps, Nadine Gouzée.

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