Un numéro sur une plaque de polystyrène: la dernière demeure des migrants noyés

Le petit Samuel, originaire du Congo, a trouvé sa dernière demeure à Barbate.
Le petit Samuel, originaire du Congo, a trouvé sa dernière demeure à Barbate. - EPA.

Rafael Ucles Navas est le gardien des rêves inaccomplis. Le petit homme au visage brûlé par le soleil et aux yeux foncés sort une brouette du local de rangement et la manœuvre ensuite à travers un labyrinthe composé de murs de quatre mètres de haut, un labyrinthe où reposent les morts.

Le cimetière de San Paulino abrite des columbariums et des niches funéraires fermés par des plaques en marbre et en granit. Ces dernières sont ornées des noms et des photos des défunts, tantôt en maillot de football, tantôt à la plage. A l’avant, des représentations de Jésus, des croix, des bougies et des fleurs.

Le fossoyeur continue sa progression et salue les visiteurs qui se promènent à l’intérieur du cimetière et accomplissent leurs rituels : ils frappent sur les tombes des défunts qu’ils connaissaient ou posent leurs mains sur les plaques en pierre. Certains posent directement leurs lèvres sur la pierre, en guise de baiser.

Vous désirez lire la suite de cet article ?
1€ pour 1 mois (sans engagement)
J'en profite
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct