Mobilité : pour une ville à taille d’enfants

Mobilité : pour une ville à taille d’enfants

Le 14 mars 2018, le programme télévisé PANO (VRT) diffusait un reportage sur la qualité de l’air aux alentours des écoles. Des particules de suie avaient été retrouvées dans les urines des enfants et dans 60% des écoles examinées, le taux de NO2 dépassait la norme fixée par l’ONS. Le malaise autour de la mauvaise qualité de l’air et de vie sommeillait déjà depuis longtemps. Mais pour beaucoup, ce soir-là, c’en était trop. Il fallait faire quelque chose. Il était temps de passer à l’action. Résultat : des manifestations dans les rues des écoles pendant plusieurs mois.

Les moteurs à combustion d’énergies fossiles sont les principaux coupables. La circulation automobile est non seulement la source de pollution la plus importante mais elle est également le frein pour un changement. Depuis des années, la fluidité du traffic et les facilités de stationnement ont été les thèmes qui ont façonné notre environnement, empêchant le développement d’une mobilité durable.

Dans la transition vers une ville habitable, le vélo a un rôle-clé. Il est le plus rapide pour les trajets courte distance, sain et accessible aux petits et grands. Les actions qui ont été menées ont réveillé beaucoup de conscience. Même le plus fervent cycliste doit reconnaitre que sa position de second rang dans le trafic était trop souvent une évidence et qu’il s’y était résigné. De plus en plus de personnes considèrent que les enfants ne peuvent plus aller à l’école à vélo car c’est trop dangereux. Le domaine public est trop souvent une ligne de front, à travers lequel les enfants doivent être escortés. Ce n’est pas normal que les enfants doivent porter des vestes fluorescentes comme les ouvriers sur les routes pour aller de l’enceinte de l’école à la maison, il n’est pas normal que les enfants ne puissent pas traverser leur propre rue de manière indépendante ou qu’ils soient obligés de rouler sur les trottoirs pour se rendre à l’école, non sans quelques « attention! », « stop! », « attends ».

Une ville qui se soucie de ses enfants est une ville agréable pour tous

L’introduction du concept de « kindmaat » dans les villes et les villages s’impose. Les villes sont des lieux particulièrement captivant pour grandir. La ville est une fenêtre sur le monde et les enfants de la ville ont le privilège de s’y développer. Leur environnement de vie forme une toile dans la ville qui se développe et s’étend au fur et à mesure qu’ils grandissent : la maison, l’école, les activités sportives, la pièce de théatre, le supermarché, les amis ... Ces différents lieux sont séparés les uns des autres par des zones de danger permanent. Dans ces zones intermédiaires de la vie de tous les jours règne le stress et le penchant naturel des enfants pour l’autonomie et la curiosité devient restreint.

Un enfant de 10 ans devrait pouvoir aller de manière sûre et indépendante à son école, à ses cours de musique, chez un ami, à la maison. La liberté, la sécurité et l’insouciance que l’enfant découvre va définir son bonheur, dans une large mesure. Une ville qui se soucie de ses enfants devient automatiquement une ville agréable pour ses habitants et ses visiteurs.

Sur le chemin ambitieux vers une ville habitable, la barre ne peut pas être placée assez haut. L’espace urbain est l’environnement de vie quotidien de milliers de personnes. Pour enrayer le danger de la circulation automobile, les solutions ponctuelles ne seront en rien bénéfiques à la ville, ni ces encombrements croissants qui pullulent dans les rues sous la forme de poteaux, de bacs à fleurs, de revêtements colorés en béton, de panneaux « ralentis… tu arrives près de mon école » ou « ralentissez, nos enfants jouent », de barrières dans les rues où se trouvent les écoles, de pistes cyclable peintes…

Pour devenir une ville à circulation réduite et adaptée aux enfants, elle doit être repensée de manière globale. Cela demande des espaces bien conçus. L’intégration de réseaux de pistes cyclables et de parkings pour les vélos, le développement de quartiers à circulation réduite, repenser les profils de rue, le réaménagement de carrefours, donner la priorité à la « sécurité » plutôt qu’à la « fluidité », l’aménagement de nœuds multimodaux … Tous ces points sont bien plus que des questions techniques. Ce sont des opportunités pour créer de nouveaux espaces publics et de nouveaux lieux de rencontre, avec créativité et imagination.

Le point de départ est une ville avec moins de voitures. Le résultat est une ville avec plus de mobilité, plus d’espace public, plus de qualité de vie et plus de sécurité routière. Qu’est-ce qu’on attend encore, en fait ?

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