En Chine, l’amnésie nationale trente ans après Tian An Men

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Le pouvoir absolu corrompt absolument
»
: un groupe de journalistes apporte son soutien aux étudiants de la place Tian An Men, le 17 mai 1989.
« Le pouvoir absolu corrompt absolument » : un groupe de journalistes apporte son soutien aux étudiants de la place Tian An Men, le 17 mai 1989. - Reuters.

Samedi 25 mai, un groupe d’amis grimpe à la Grande Muraille, à 80 km de Pékin, hors des sentiers battus. A leur retour, ils sont accueillis par des gardes, tenue noire et brassard rouge, qui leur demandent par où ils sont passés. Et un photographe les mitraille, sans doute, moins pour les identifier que pour les intimider. Car ce lieu où cherchent souvent à se cacher les dissidents possède désormais sa police…

Cette surveillance est aussi l’expression d’une campagne secrète, menée du 15 avril au 15 juin, pour empêcher tout rassemblement à travers le pays, dans un moment concentrant des anniversaires délicats pour le régime : celui du 10 mars 1959 où le Tibet envahi passe sous contrôle chinois ; celui du 4 mai 1919 où les étudiants s’étaient rebellés, revendiquant « l’avènement de la science et de la démocratie » ; et celui de la nuit du 3 au 4 juin 1989 où l’armée écrasait le printemps des étudiants de Pékin, causant des milliers de morts.

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