Violences contre les femmes: «Si je quitte la maison et qu’ils me retrouvent, ils me marieront de force»

Les officiers de l’état civil (et leurs représentants), en charge notamment des mariages, sont en première ligne pour détecter d’éventuels mariages forcés.
Les officiers de l’état civil (et leurs représentants), en charge notamment des mariages, sont en première ligne pour détecter d’éventuels mariages forcés. - Thomas Blairon.

Je voyais mes cousines se faire marier au pays, mais je me disais que, comme on vivait ici, mes parents ne me forceraient pas. » Pourtant, dès sa majorité, Fatoumata * a senti la pression de son père, très religieux. Originaire d’un pays d’Afrique de l’Ouest, la jeune fille vit en Belgique depuis ses 3 ans. Bonne élève, elle vient de réussir sa rhéto et espère entreprendre des études en septembre. Mais depuis plus d’un an, son père insiste : il est temps qu’elle se marie. « Cela a commencé par un jeune garçon très pieux à qui mon père donne des cours d’arabe, raconte l’étudiante. Il n’a pas de papiers, pas de situation ici, mais mon père jugeait qu’il était bon pour moi. » Fatoumata réplique qu’elle n’est pas intéressée. Un peu plus tard, c’est le jeune frère d’un ami de son père qui lui est proposé. « L’ami de mon père lui a dit qu’il aimerait que son frère m’épouse. C’était comme s’ils s’arrangeaient entre eux, alors que j’étais là ! », s’énerve la jeune fille, qui ne l’entend pas de cette oreille.

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