Grand format - Oziorsk, la ville secrète, éclipsée par Tchernobyl

Devenue avocate auprès des victimes des catastrophes du site nucléaire Maïak, mais aussi leurs descendants, Nadezda Kutepova a du s’exiler de Russie. Elle vit aujourd’hui à Paris.
Devenue avocate auprès des victimes des catastrophes du site nucléaire Maïak, mais aussi leurs descendants, Nadezda Kutepova a du s’exiler de Russie. Elle vit aujourd’hui à Paris. - D.R.

Je dois la vie à une catastrophe nucléaire », sourit sans joie Nadezda Kutepova. Ce paradoxe, elle le doit à son père, arrivé à Oziorsk en 1957 pour « liquider » les conséquences d’un accident survenu dans une usine de raffinement de plutonium. C’est là qu’il rencontre la future mère de Nadezda, alors médecin dans cette ville d’Oural du sud en Russie, une ville qui ne figure pourtant sur aucune carte. Et pour cause : construite après 1945, dans la course à l’armement nucléaire, la ville abrite un complexe militaro-industriel visant à fabriquer des bombes atomiques. « Ma grand-mère a été mobilisée par le Parti, en 1948, pour travailler comme ingénieure chimiste dans cette usine. » Une usine où sont retraités aujourd’hui les déchets radioactifs du monde entier et qui est responsable de plusieurs accidents : le déversement de déchets liquides radioactifs dans la rivière Tetcha, aujourd’hui considérée comme le cours d’eau le plus radiocontaminé au monde, et l’explosion en 1957 de containers souterrains.

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