La carte blanche d’Ursula von der Leyen: les mots ont leur importance, le mode de vie européen aussi

La carte blanche d’Ursula von der Leyen: les mots ont leur importance, le mode de vie européen aussi
Thierry Roge/ Belga.

L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes ».

Article 2 du traité sur l’Union européenne

Il y a trente ans, en août 1989, deux millions de personnes se sont tenues par la main pour former une « chaîne de la liberté » longue de plus de 600 kilomètres à travers les pays baltes. Les images de cet événement nous rappellent avec force et émotion le chemin parcouru par l’Europe en l’espace d’une génération. Elles démontrent aussi la puissance unificatrice de nos valeurs communes : la liberté, l’égalité, la démocratie et le respect de la dignité humaine.

Ces valeurs, et notre attachement à celles-ci, constituent nos fondations mêmes. Elles sont consacrées dans notre Traité et nous confèrent les libertés dont nous bénéficions aujourd’hui. Elles définissent la nature même de notre Union.

Nous devons être fiers de notre mode de vie européen dans toutes ses formes et toutes ses dimensions et nous devons chercher constamment à le préserver, à le protéger et à l’améliorer. Voilà pourquoi la protection du « European way of life » constituait l’un des six principes directeurs de mes orientations politiques, qui ont reçu l’appui du Parlement européen au mois de juillet.

Un débat public

Pour la plupart d’entre nous, la notion de mode de vie européen ne nécessite aucune explication : il s’agit simplement d’une réalité quotidienne. Ce concept et ses connotations ont néanmoins déclenché un débat cette semaine.

Ceci est une bonne chose. Et c’est un débat que nous devons mener en public.

À mes yeux, les termes de l’article 2 du traité, reproduits en haut de cette tribune, résument le mode de vie européen.

Chacun de ces mots présente deux faces. Pour paraphraser la citation du Président Kennedy, nous ne devons pas seulement demander ce que l’Union fait pour nous, nous devons aussi demander ce que nous pouvons faire pour notre Union. Chaque mot de l’article 2 est à la fois un droit et un devoir pour chacun d’entre nous, d’où que nous venions et quel que soit l’endroit où nous vivons dans l’Union.

Telle est la conception européenne de la vie.

Une Union de l’égalité

Il s’agit de construire une Union de l’égalité, dans laquelle nous disposons tous du même accès aux opportunités. Il s’agit de doter chacun des connaissances, de l’éducation et des compétences dont il a besoin pour vivre et travailler dans la dignité. Il s’agit d’avoir accès aux services dont nous avons besoin et de nous savoir en sécurité dans nos maisons et dans nos rues. Il s’agit de protéger les plus vulnérables dans notre société.

Il s’agit, en fin de compte, de la manière dont nous vivons tous ensemble.

Ce mode de vie européen a été conquis au prix d’importants sacrifices. Il importe de ne jamais le tenir pour acquis. Il n’est ni donné ni garanti. La preuve en est que, chaque jour, ce mode de vie est contesté par des adversaires de l’Europe venant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur de nos frontières. Nous avons vu des puissances étrangères interférer dans nos élections et des populistes tenter de nous déstabiliser de l’intérieur à coup de slogans nationalistes de bas étage.

Nous ne devons pas laisser ces forces détourner à leur profit la définition du mode de vie européen. Elles veulent qu’on lui donne un sens opposé à son sens véritable. Elles veulent miner peu à peu nos fondations et semer la discorde parmi nous. Ces forces croient à une politique qui expose les problèmes plutôt qu’elle ne les résout. Nous devons nous opposer à cela.

Bien entendu, les mots ont leur importance. Je le reconnais. Pour certains, le mode de vie européen est un terme connoté, politisé. Mais nous ne pouvons pas et nous ne devons pas nous laisser déposséder de nos expressions : elles font aussi partie de ce que nous sommes.

D’autres parties du monde disposent de leur propre mode de vie, qui diffère du nôtre. Nous avons tous nos traditions propres, nos valeurs et notre façon de faire. Mais ma préférence ira toujours au mode de vie européen – et à notre Union de la solidarité, de la tolérance et de la stabilité.

Le mode de vie européen consiste également à écouter et à débattre l’un avec l’autre afin de trouver des solutions communes. C’est ce que je souhaite que nous fassions ensemble.

Les intertitres sont de la rédaction

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+

Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

1€ pour 1 mois
J'en profite
Je suis abonné et
je dispose d'un compte
Je me connecte
1€ Accès au Soir+
pendant 24h
Je me l'offre
Je suis abonné et
je souhaite bénéficier du Soir+
Je m'inscris
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct