Voilà ce qui me rend triste, M. Jambon

La chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker.
La chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker. - belga

Mon premier souvenir ? Isabella’s room, définitivement. Un choc, une plongée en « flamanditude » dont je ne me suis jamais remise. Comme si chaque autre spectacle ou livre, ensuite, servait le besoin d’en reprendre, de me « refaire une ligne » de cette culture et de cette langue âpre qui soudain m’avait transpercée, comme trouvée. Des objets partout sur la scène, des langues mélangées, c’était baroque, c’était émouvant, c’était déjanté. Et puis il y avait Viviane De Muynck, d’une élégance folle sur ses hauts talons improbables, les seins généreux offerts au public et avec sa voix de basse pour achever le travail. C’était au Kaaitheater, et ce sera 15 ans plus tard, au Théâtre National : j’ai adoré alors l’idée que cette pièce culte pour les Flamands le devienne aussi pour les francophones.

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