A propos de la greffe de neurones humains dans le cerveau d’une souris

A propos de la greffe de neurones humains dans le cerveau d’une souris
© Huw Jones

Déjà en 2000, la création du premier singe génétiquement modifié était un triste jour pour le règne animal et tout autant pour l’humanité. Au lieu d’étendre nos connaissances dans le domaine de la médecine clinique afin de trouver des traitements pour les maladies humaines, certains chercheurs préfèrent se mettre en quatre pour essayer de produire des modèles animaux de maladies humaines, qui ne fonctionnent tout simplement pas. Ces scientifiques pervertissent la science, et la société civile leur permet de faire ce qu’ils veulent en restant les bras croisés. Le public n’est pas dupe mais il est peu informé.

Le cerveau est l’organe le plus complexe connu de la science médicale. Le cerveau de la souris ne pèse qu’un demi-gramme contre un kilo et demi pour le cerveau humain et ne représente certainement pas une version réduite de ce dernier. Les neurones du cerveau fonctionnent comme un orchestre. Sachant que souris et homme sont séparés par 70 millions d’années d’évolution, on se demande alors que feront ces neurones humains parmi les 75 millions de neurones du cerveau de la souris ?

Il est assez étonnant qu’en 2019 certains chercheurs ignorent le fait qu’un système complexe (le cerveau de la souris) ne peut pas prédire l’effet d’une perturbation sur un autre système complexe (le cerveau de l’homme). Ajouter des neurones d’un cerveau d’une espèce dans un cerveau d’autre espèce n’a donc aucun sens. S’il s’agit tout simplement de recherche fondamentale (autrement dit, de la curiosité scientifique), sachez que la société du 21e siècle ne la cautionne pas. Une vaste enquête financée par la Commission européenne et publiée en 2006 a montré qu’une nette majorité (68 %) des citoyens de l’UE était opposée à la recherche fondamentale impliquant l’utilisation d’animaux.

Commission d’enquête parlementaire

Si les chercheurs responsables des greffes de neurones humains dans le cerveau d’une souris souhaitent faire avancer la médecine humaine, il serait utile qu’ils expliquent leur démarche dans le cadre d’une Commission d’enquête parlementaire sur la validité du modèle animal.

C’est une telle enquête parlementaire que demande l’ASBL S.E.A. (Suppression des Expériences sur l’Animal), soutenue par des milliers de signataires en Belgique et dans d’autres pays (1). Elle permettrait l’ouverture d’un vrai débat public entre les partisans d’une science moderne et non violente (défenseurs et/ou utilisateurs des méthodes alternatives sans animaux) et les expérimentateurs sur animaux. Ses conclusions devaient aboutir à des recommandations afin de faire évoluer les lois censées protéger les animaux dans les laboratoires.

En effet, les commissions d’éthique (dont il est question dans l’article paru ce 22 novembre) ont autorisé la greffe de neurones chez la souris. Nous ne nous en étonnons pas puisqu’elles sont en partie composées de représentants des laboratoires et notamment d’expérimentateurs sur animaux.

L’intégration de représentants de la protection animale dans de telles commissions existe au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves, notamment en Suède. Il serait envisageable de créer un pool de candidats scientifiques (exemple : médecins, vétérinaires, biologistes) agréés par les associations de protection animale et ayant la disponibilité pour siéger au sein des comités d’éthique en tant que représentants de la société civile.

La Directive 2010/63 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques recommande l’utilisation des alternatives sans animaux. L’utilisation de ces méthodes est, une fois de plus, absente de l’expérimentation menée par ces chercheurs de la KUL et de l’Université libre de Bruxelles. Cette greffe de neurones humains chez la souris, cette « recherche » dont les expérimentateurs ont l’air d’être bien en peine d’expliquer l’utilité pour l’être humain, nous semble surtout être la manifestation de nouvelles souffrances infligées aux animaux.

(1) https ://stop-vivisection.be/index.php/2019/09/26/demande-dune-commission-denquete-au-parlement-federal/

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