«La sécurité sociale, nous avons tous à y gagner en la protégeant!»

«La sécurité sociale, nous avons tous à y gagner en la protégeant!»

C’était un 28 décembre 1944. Au sortir de la guerre, des travailleurs décident de laisser une partie de leur salaire dans une caisse commune, pour se protéger les uns les autres en cas de besoin. Que l’on pense à une perte d’emploi, à une maladie, ou à la pension : cette assurance promettait aux citoyens de ne pas se retrouver sans rien face aux événements qui surviennent tout au long de la vie.

Un salaire différé, c’est donc bien de cela que l’on parle. Aujourd’hui, la sécurité sociale constitue, avec les services publics, le 1er pouvoir d’achat des citoyens. Au moment de célébrer l’anniversaire de ce système solidaire, n’ayons pas peur de le dire, notre sécurité sociale subit de graves menaces et pressions. Certains s’attellent à lui mettre des bâtons dans les roues dans l’exercice de sa mission.

Mauvais choix politiques

Oui, la sécurité sociale connaît un déficit. Ce déficit n’est pas dû, comme certains aimeraient le laisser croire à des abus, mais à de mauvais choix politiques. Ces dernières années, d’importantes réductions de cotisations patronales, l’une des principales sources de financement de la sécurité sociale, ont été opérées. Ces cadeaux faits aux employeurs n’ont nullement été conditionnés à de la création d’emplois. Pour compenser ces pertes pour la sécurité sociale, un financement alternatif, au travers notamment de la TVA et des accises, a été élaboré. Des impôts qui sont, rappelons-le, en grande partie, financés par les travailleurs. A l’heure actuelle, la protection sociale est ainsi largement financée par les contributions d’une seule catégorie de revenus : les revenus des travailleurs !

Repenser le financement

Pourtant, les revenus du travail représentent à peine 50 % des revenus globaux. Pour un avenir serein et solidaire, nous devons repenser le financement du système de sécurité sociale. Elargissons l’assiette de perception en mettant les revenus du capital à contribution !

Privilégions les augmentations de salaire brut plutôt que les rémunérations indirectes, telles les voitures de société ou les chèques cadeaux. Ces rémunérations indirectes ne participent en rien au financement de la sécurité sociale et, en cela, représentent de véritables cadeaux empoisonnés pour les travailleurs. Concernant les pensions, renforçons le premier pilier, en garantissant une pension décente à chacun, plutôt qu’en incitant à recourir à des assurances privées qui sont, par principe, inégalitaires.

Déplacer la charge

Enfin, osons. Osons conditionner les réductions de cotisations patronales en les proposant aux employeurs qui tenteront l’expérience de la réduction collective du temps de travail, sans perte de salaire pour les travailleurs et avec une embauche compensatoire. Une expérience qui aurait un coût neutre pour l’entreprise mais qui serait créatrice d’emplois et, bien entendu, qui serait bénéfique pour les travailleurs concernés et leurs familles ! En résumé, tout bénef pour notre sécurité sociale !

Nous devons pérenniser la dotation d’équilibre allouée à la Sécurité sociale.

A ceux qui en me lisant, n’ont au travers de la gorge que les mots « charges sociales » ou encore « compétitivité », ma réponse tient en un pourcentage : 1 %. Chaque année, nous perdons 1 % pour les salaires parce que celui-ci va se nicher dans les dividendes des actionnaires. Alors, posons-nous des questions sur la compétitivité ! La charge n’est sans doute pas là où on voudrait le laisser croire…

Bon 75e anniversaire, chère Sécurité Sociale. Je t’en souhaite encore beaucoup d’autres, en pleine santé. J’y veillerai. La sécurité sociale, nous avons tous à y gagner en la protégeant !

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