Les leaders européens sur le Brexit: «L’Europe à l’aube d’une ère nouvelle»

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, David Sassoli, président du Parlement européen et Charles Michel, président du Conseil européen se réunissent aujourd’hui dans la maison d’un des pères fondateurs de l’Europe, le Français Jean Monnet, pour débattre de l’avenir de l’UE et de ses défis géopolitiques.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, David Sassoli, président du Parlement européen et Charles Michel, président du Conseil européen se réunissent aujourd’hui dans la maison d’un des pères fondateurs de l’Europe, le Français Jean Monnet, pour débattre de l’avenir de l’UE et de ses défis géopolitiques. - EPA.

Lorsque viendra la nuit ce soir, le soleil se couchera sur plus de 45 années d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Pour nous, les présidents des trois principales institutions de l’UE, comme pour tant d’autres personnes, cette journée sera inévitablement empreinte de réflexion et d’émotions mélangées.

Nos pensées vont à tous ceux qui ont contribué à faire de l’Union européenne ce qu’elle est aujourd’hui. À ceux qui s’inquiètent pour leur avenir ou qui se désolent de voir le Royaume-Uni quitter l’Union. Aux membres britanniques de nos institutions qui ont contribué à définir des politiques qui ont amélioré la vie de millions d’Européens. Nous penserons au Royaume-Uni et à ses citoyens, à leur créativité, à leur ingéniosité, à leur culture et à leurs traditions, qui ont constitué une pièce essentielle de la mosaïque qu’est notre Union.

Parés pour l’avenir

Ces émotions témoignent de l’affection que nous éprouvons pour le Royaume-Uni, un sentiment qui va bien au-delà de l’appartenance à notre Union. Nous avons toujours profondément regretté la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union, mais nous l’avons aussi toujours pleinement respectée. L’accord auquel nous sommes parvenus est équitable pour les deux parties et garantit que des millions de citoyens de l’UE et du Royaume-Uni continueront de voir leurs droits protégés là où ils ont décidé de vivre.

Dans le même temps, nous devons nous projeter vers l’avenir et établir un nouveau partenariat entre amis de longue date. Ensemble, nos trois institutions feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que ce partenariat soit une réussite. Nous sommes prêts à faire preuve d’ambition.

Choix et conséquences

Le degré de proximité de ce partenariat dépendra de décisions à venir. Parce que chaque choix emporte des conséquences. La libre circulation des capitaux, des marchandises et des services est indissociable de la libre circulation des personnes. À défaut de conditions équitables dans les domaines de l’environnement, du travail, de la fiscalité et des aides d’État, il ne saurait y avoir de large accès au marché unique. On ne peut pas conserver les avantages attachés au statut de membre lorsque l’on n’a plus cette qualité.

Une histoire commune, des liens indéfectibles

Au cours des semaines, des mois et des années à venir, nous devrons desserrer certains des liens que l’UE et le Royaume-Uni ont minutieusement tissés ensemble pendant cinq décennies. Dans cette tâche, nous ne devrons pas ménager nos efforts pour tracer une nouvelle voie en alliés, en partenaires et en amis.

Bien que n’étant plus membre de l’UE, le Royaume-Uni continuera à faire partie de l’Europe. Notre géographie et notre histoire communes, ainsi que les liens noués dans tellement de domaines, nous unissent de manière indéfectible et font de nous des alliés naturels. Animés d’un dessein commun et partageant des intérêts mutuels, nous continuerons à collaborer en matière d’affaires étrangères, de sécurité et de défense. Nous le ferons toutefois sous des formes différentes.

Nous ne sous-estimons pas la tâche qui nous attend, mais nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté et de la détermination, nous pourrons établir un partenariat durable, positif et constructif.

Cependant, demain, sera aussi l’aube d’une ère nouvelle pour l’Europe.

Rester unis

Ces dernières années nous ont rapprochés, en tant que nations, en tant qu’institutions et en tant que citoyens. Elles nous ont rappelé à tous que l’Union européenne ne se résume pas à un marché ou à une puissance économique, mais qu’elle incarne des valeurs que nous partageons et défendons tous. Elles nous ont rappelé à quel point nous sommes plus forts lorsque nous nous unissons.

C’est la raison pour laquelle les États membres de l’Union européenne continueront à conjuguer leurs forces et à édifier un avenir commun. À une époque caractérisée par la concurrence entre grandes puissances et par les turbulences géopolitiques, la taille est un facteur non négligeable. Aucun pays ne peut, à lui seul, contenir la progression du changement climatique, trouver des solutions à l’avenir numérique ou faire entendre sa voix dans la cacophonie croissante qui règne en ce monde.

Une Europe en capacité d’agir et d’évoluer

Mais si nous nous rassemblons, l’Union européenne en sera capable.

Nous en serons capables parce que nous possédons le plus grand marché intérieur au monde. Nous en serons capables parce que nous sommes le premier partenaire commercial de 80 pays. Nous en serons capables parce que nous formons une Union de démocraties dynamiques. Nous en serons capables parce que nos peuples sont déterminés à promouvoir les intérêts et les valeurs de l’Europe sur la scène mondiale. Nous en serons capables parce que les États membres de l’UE feront jouer leur puissance économique collective, qui est considérable, lors des discussions avec nos alliés et nos partenaires – les États-Unis, l’Afrique, la Chine ou l’Inde.

Tout cela suscite en nous un regain d’intérêt pour un objectif commun. Nous avons une vision commune de notre objectif et sommes déterminés à nous montrer ambitieux sur les questions cruciales de notre époque. Comme l’indique le pacte vert pour l’Europe, nous voulons être le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050, créateur de nouveaux emplois et porteur de perspectives nouvelles pour les citoyens. Nous voulons être précurseurs dans la prochaine génération de technologies numériques et nous voulons une transition juste, afin de pouvoir venir en aide aux personnes les plus touchées par le changement.

Nous pensons que seule l’Union européenne est en mesure d’y parvenir. Mais nous savons que nous ne pouvons y parvenir qu’ensemble : les citoyens, les nations et les institutions. Et nous, les présidents des trois institutions, sommes résolus à assumer notre rôle.

Cette œuvre se poursuivra dès que le soleil se lèvera demain matin.

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