«Syrie: il faut sauver les civils d’Idlib»

«Syrie: il faut sauver les civils d’Idlib»
Reuters.

Nous sommes des citoyens belges, syriens, européens.

Depuis plusieurs semaines, des images et témoignages désespérés nous parviennent de Syrie, de la région d’Idlib. Des familles, des pères, des mères, nous appellent à l’aide, nous supplient de les aider à survivre.

Nous suivons aussi, sur les réseaux sociaux, le travail des Casques Blancs, sauveteurs qui tentent au péril de leur vie d’extraire les civils des décombres de leurs maisons, de leurs abris, pulvérisés par les bombardements. Souvent ces sauveteurs sont eux-mêmes visés lorsque l’avion revient délibérément pour achever son travail.

Des images insoutenables

Tous les jours nous recevons des images d’enfants déchiquetés, décapités, lacérés par les bombes lancées par Bashar-al Assad, et son allié Vladimir Poutine, sur son propre peuple. Certains enfants, encore vivants, sont mutilés, amputés et hurlent en appelant leurs parents, frères, sœurs, souvent morts à leurs côtés.

Les hôpitaux sont anéantis en priorité. Les blessés agonisent.

Les familles qui le peuvent abandonnent tout pour fuir une mort atroce. Assad et Poutine les exterminent jusque dans leur fuite.

Les survivants s’entassent dans des camps de fortune près de la frontière turque où ils survivent comme ils peuvent à la faim et au froid. Ils n’ont pas de tentes ni de couvertures et les enfants pleurent de faim et de peur.

3,5 millions de vies menacées

Un accord entre la Turquie, la Russie et l’Iran a permis au régime de déplacer des centaines de milliers de Syriens des zones reconquises vers le département d’Idlib, présenté comme une zone de désescalade « garantie » par la Turquie, ce qui n’est clairement pas respecté.

Allons-nous laisser les 3,5 millions de civils qui restent être exterminés à leur tour ?

En ce mois de février 2020 la Belgique a pris la tête du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Au nom des Droits Humains, pour autant que cette notion ait encore un sens aujourd’hui, nous vous demandons d’utiliser tous les moyens possibles pour arrêter le massacre de civils en Syrie. Les bombardements doivent cesser immédiatement et les civils protégés à tout prix.

Rien de peut justifier ou excuser notre inaction. Nous avons un devoir moral absolu de nous opposer à cette nouvelle extermination de masse.

L’Histoire s’écrit en Syrie, sous nos yeux, en direct.

Nous ne pouvons pas accepter la propagande d’Assad et de Poutine, qui justifie ces massacres par la « lutte contre le terrorisme ». Ce sont les vies humaines et les droits humains qui doivent être au centre des priorités.

Agissons, afin de ne pas avoir à dire, une nouvelle fois, lorsqu’il n’y aura plus personne à tuer, « nous savions et nous n’avons rien fait ».

*Signataires : Sarah Degée, Ahmad Sbahi, Caroline Goossens, Hazem Yabroudi, Alec De Vries, Hisham Masalmeh, Marie Peltier, Benjamin Peltier, Simone Susskind, Bicher Hibrahim, Anne-Laure Losseau et les associations Action Syrie et Syrie - Un visa, une vie.

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