Coronavirus: les conseils pour éviter d’être contaminé

© EPA.
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On nous l’a dit et redit, depuis qu’on est tout petits : une hygiène élémentaire est de mise pour se prémunir des infections virales, mais aussi pour en protéger les autres. Ne pas éternuer sans mettre le coude devant la bouche. Idem quand on tousse. Ne pas laisser traîner ses mouchoirs. Se laver les mains régulièrement, a fortiori avant de manger. Sinon, éviter de se toucher le nez, la bouche ou les yeux (bref, le visage). Ça vaut pour la grippe saisonnière comme pour les coronavirus, qui doivent leur nom à leur structure en forme de couronne rappelant les protubérances du Soleil.

Dans le cas spécifique du covid-19, le coronavirus extrêmement contagieux apparu en Chine, la transmission la plus certaine se fait par la toux ou les éternuements, précise le virologue et épidémiologiste Marc Van Ranst (KULeuven), qui fait partie du comité sur le coronavirus mis en place en Belgique.

Attention aux goutelettes

Le virologue de Sciensano Steven Van Gucht, président de ce comité scientifique, confirme : « La voie de transmission principale, ce sont les gouttelettes expulsées par la personne infectée. Elles peuvent aussi tomber sur un objet et risquer de contaminer quelqu’un qui le touchera dans les heures qui suivent (environ trois heures), surtout si la surface est froide et à l’abri des rayons du soleil. » D’où l’importance de se laver les mains et de ne pas les porter au visage, on y revient.

« La raison d’être d’un virus est de se transmettre », rappelle pour sa part Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre. « Les gouttelettes émises par le coronavirus sont quand même assez lourdes et ne peuvent pas se projeter au-delà d’un mètre cinquante. » Se tenir à une distance raisonnable d’un interlocuteur suspect suffit donc pour les maladies à gouttelettes, comme la grippe ou le coronavirus.

Pas de danger avec l’air ambiant

Exit donc la contagion massive par des personnes asymptomatiques ? Si on ne peut écarter complètement le risque, il ne s’agira jamais du moteur principal d’une épidémie : « Si impact il y a, il serait marginal. Les personnes qui ne présentent pas de symptômes sont par définition moins contagieuses que celles qui crachent ou qui toussent », illustre l’infectiologue qui a soigné le patient asymptomatique observé à Saint-Pierre ces deux dernières semaines. Un cas décrit récemment dans le pourtant très sérieux NEJM a d’ailleurs été ouvertement critiqué, comme rapporte le magazine Science  : les chercheurs n’avaient pas pris la peine d’interroger la patiente soi-disant asymptomatique, alors qu’elle a fait état de fatigue et de douleurs musculaires auprès des enquêteurs mandatés ensuite et qu’elle leur a confié avoir pris du paracétamol pour soulager ces symptômes.

Quant au mode de transmission aérienne – dite « par aérosols » comme pour la tuberculose, la rougeole ou la varicelle –, il n’est pas à craindre pour ce type de maladie « à gouttelettes ». Nul risque donc d’être contaminé par l’air ambiant dans une pièce où une personne malade aurait séjourné. « A moins que des actes invasifs n’aient été faits sur le patient qui vont transformer les gouttelettes en aérosols, comme l’intubation ou le lavage broncho-alvéolaire », précise Charlotte Martin. D’où les chambres à air filtré et à pression négative où sont placés les patients.

De l’animal à l’homme

Des cas de transmission possible par les matières fécales ont également été rapportés, mais ils sont encore théoriques, estiment les professionnels de la santé. « C’est très marginal », recadre l’infectiologue. « Des analyses moléculaires ont établi la présence du virus dans des diarrhées, mais on n’est pas sûr que le virus soit viable : si ce ne sont que des morceaux d’ADN, il n’est pas contagieux. »

Pour rappel, la maladie est une zoonose, c’est-à-dire qu’elle s’est transmise d’un animal à l’homme. Comme pour les autres coronavirus, l’hôte de départ est la chauve-souris, dont le système immunitaire très puissant oblige les virus à se reproduire le plus vite possible pour survivre. Des chercheurs de l’université de Berkeley ont montré que l’animal produisait de l’interféron alpha à foison, une protéine anti-virale que nous ne fabriquons qu’en début d’infection. De guerre lasse, le virus cherche un autre hôte, vraisemblablement le pangolin dans le cas du covid-19, avant de se transmettre ensuite à l’homme.

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