Aucune destination européenne n’a été placée sous un avis négatif du SPF Affaires étrangères. Autrement dit, pas question en l’état d’obtenir l’annulation et le remboursement du voyage qui avait été préalablement réservé.
Aucune destination européenne n’a été placée sous un avis négatif du SPF Affaires étrangères. Autrement dit, pas question en l’état d’obtenir l’annulation et le remboursement du voyage qui avait été préalablement réservé. - Photo News.

Italie, Espagne, Chine...: puis-je annuler mon voyage à cause du coronavirus?

Vous envisagez de partir en vacances dans deux semaines, voire dans deux mois, et vous vous demandez s’il est toujours judicieux de prendre le risque de vous exposer, même hypothétiquement, au coronavirus ? Vous n’êtes pas seuls dans ce cas : « Nous avons actuellement beaucoup d’appels de clients », confirme Pierre Fivet, administrateur de l’Association belge des tours-opérateurs (ABTO). « Ce n’est pas la panique, mais l’inquiétude des clients est réelle. »

Pour résumer le propos, deux cas de figure peuvent se présenter. Soit vous partez dans le cadre d’un voyage organisé, soit vous partez par vos propres moyens.

Voyage organisé

Si vous avez déjà réservé un voyage par le biais d’un tour-opérateur ou d’une agence de voyage, et si souhaitez l’annuler, deux hypothèses sont ouvertes : la destination est placée sous avis négatif par le SPF Affaires étrangères (comme la Chine, la Corée du sud ou l’Iran) ou pas (comme l’Italie ou l’Espagne).

« Cet avis négatif est « le » signal », confirme Pierre Fivet. « S’il est activé, alors nous sommes dans l’obligation de proposer au client un voyage équivalent vers une autre destination, ou à une autre date. Si cela ne lui convient pas, nous devons accepter sa demande d’annulation et procéder au remboursement du voyage. »

Du côté des agences de voyage, on précise que l’impossibilité dans laquelle se trouverait une compagnie aérienne ou un croisiériste par exemple de se rendre à une destination en raison du couronavirus, privant le client d’une partie substantielle de son voyage, ouvre à celui-ci le droit de se voir proposer, par son agence, une alternative  : une nouvelle date de départ dans l’année par exemple. « Dans le cas où la modification ne conviendrait pas au voyageur, celui a le droit d’annuler gratuitement », explicite l’UPAV (Union professionnelle des agences de voyages) dans un courrier adressé à ses membres.

Précisons qu’au moment d’écrire ces lignes, aucune destination européenne, comme l’Italie par exemple, ou même partie de destination, comme la Lombardie par exemple, n’a été placée sous un tel avis négatif du SPF Affaires étrangères. Autrement dit, pas question en l’état d’obtenir l’annulation et le remboursement du voyage qui avait été préalablement réservé.

Ceci étant, même sans avis négatif du SPF, il vous est toujours possible d’annuler, de votre propre initiative, le voyage que vous avez réservé. Dans ce cas, vous devrez payer des frais d’annulation, tels qu’ils sont mentionnés dans votre contrat. « De telles clauses dépendent de chaque tour-opérateur », précise Pierre Fivet. « Les montants peuvent varier de 10 % à bien davantage, sachant que les frais sont d’autant plus élevés que la date de départ initiatelement prévue est proche. »

Et si vous avez souscrit à une assurance « annulation » ? Il est peu probable que celle intervienne et vous rembourse les frais d’annulation qui vous ont été imposés. Les causes d’annulation admises sont diverses (décès d’un proche, hospitalisation, etc.) mais en sont les plus souvent exclues les épidémies, de même que les catastrophes naturelles ou les émeutes par exemple...

Voyage organisé par vos soins

Si, comme il est de plus en courant de le faire, vous avez organisé votre voyage par vous-même, en réservant isolément les billets d’avions, les hôtels, les excursions sur place, entre autres, la perspective d’un remboursement, de l’acompte ou de la totalité du prix, s’éloigne peut-être quelque peu. Vous devrez en effet introduire une demande auprès de chaque prestataire, qui ne devra y répondre qu’en fonction du droit auquel il est soumis : vous n’aurez d’autre choix que de retourner aux conditions générales que vous avez validées en signant le contrat.

Quant aux compagnies aériennes, enfin, elles sont dans l’obligation de rembourser le voyageur ou de lui proposer une alternative dès qu’elles annulent un vol - si elles ne peuvent plus atterrir dans un aéroport par exemple. Si c’est le client qui annule, retour au contrant et aux conditions générales : certains billets, dont le prix est plus élevé, prévoient cette possibilité d’annuler, d’autres, moins chers (tout est lié), l’excluent purement et simplement : si vous ne partez pas, vous n’êtes pas remboursé.

Le coronavirus continue de se répandre dans le monde (carte interactive)

Par AFP

Le coronavirus continue de se répandre dans le monde (carte interactive)
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Plus d’un millier de cas en Corée du Sud et toujours plus de pays touchés: la pneumonie virale se répand dans le monde entier pendant que les bilans diminuent en Chine, à l’épicentre de l’épidémie.

Vers une amélioration en Chine

Le nouveau coronavirus a fait son apparition mardi dans quatre nouveaux pays: Autriche, Suisse, Croatie, Algérie. La maladie Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, trois douzaines d’Etats où elle a fait plus de 40 morts et 2.700 contaminations.

Mais l’épidémie, apparue en décembre dans le centre de la Chine, semble avoir atteint un pic dans ce pays: les autorités ont fait état mercredi matin de 52 nouveaux décès en l’espace de 24 heures contre 71 la veille, soit le chiffre le plus bas depuis plus de trois semaines.

L’OMS s’inquiète

Evénements culturels ou sportifs annulés, économie en berne et dégringolade continue des marchés financiers: au niveau planétaire, l’épidémie et ses conséquences inquiète particulièrement l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le monde n’est «tout simplement pas prêt» à y faire face, a averti mardi Bruce Aylward, l’expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine, de retour de Pékin. «Vous devez être prêt à gérer cela à une plus grande échelle, et cela doit être fait rapidement», a-t-il ajouté.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti lundi que le monde restait menacé de «pandémie», à savoir une épidémie d’ampleur internationale. L’agence de l’ONU s’inquiète particulièrement des risques pour les pays pauvres, mal équipés pour dépister et combattre le nouveau virus.

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