Sabine

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Les parents de Sabine ont tenu à faire lire un mot d’adieu lors de la cérémonie chrétienne en son hommage organisée par l’ASBL Poverello. Ils ont salué une « femme exceptionnelle et très intelligente, qui a été toute sa vie durant à la recherche de l’amour, d’amitiés et d’objectifs inaccessibles ».

« Une fin est arrivée à la solitude, au désespoir et à la fragilité mentale. Elle va enfin pouvoir reposer en paix », ont-ils écrit sur le faire-part de décès.

Après la cérémonie, autour d’un café et de quelques gâteaux, chacun a été invité à dire un mot pour Sabine, qui était connue et appréciée de beaucoup de monde. C’était une « âme en peine », avec ses hauts et ses bas qu’elle noyait parfois dans l’alcool, a-t-on entendu. Mais aussi une intelligence supérieure, capable de réaliser la grille la plus difficile du sudoku.

Elle s’intéressait à l’art et pouvait s’enthousiasmer « pour une fleur comme pour une chanson », mais à côté de ça, « elle avait des côtés très sombres », a confié Rima, de l’ASBL Chez nous : « J’ai mis du temps à l’approcher », se rappelle l’assistante sociale. « Elle participait aux excursions qu’on organisait, mais elle imposait une distance, que je respectais. Un jour, je l’ai croisée place Sainte-Catherine et elle m’a dit qu’elle appréciait cela. Je savais qu’elle avait beaucoup de travailleurs sociaux autour d’elle, alors je lui ai simplement dit que si elle avait envie d’une relation amicale, j’étais là. Elle m’emmenait à des spectacles de danse où je ne comprenais rien. C’était une personnalité complexe. »

Pour Filip, dont l’ASBL Diogènes connaissait Sabine quasi depuisplusieurs années, c’était « quelqu’un qui trouvait facilement ses mots, mais le côté un peu moins positif, c’est qu’elle cherchait parfois aussi le conflit ».

« On avait parfois l’impression qu’elle faisait tout pour chasser tout le monde autour d’elle. Mais quand on regarde toutes les personnes présentes ici pour la cérémonie en son hommage, il faut bien constater qu’elle n’y est pas arrivée », a dit Filip devant la trentaine de personnes réunies.

Sur le faire-part de décès qui a été distribué à son enterrement, il y avait aussi un poème de Sabine (en néerlandais, traduit en français), qui signe l’étendue de sa sensibilité :

« Je marche nue dans ma ville vide/ Un tel rhume !/ Jamais eu si froid/ Néanmoins, je le connaissais aussi à la maison/ J’ai toujours dormi seule sous le linge. »

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