A l’école, le coronavirus permettra de justifier… une absence injustifiée
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A l’école, le coronavirus permettra de justifier… une absence injustifiée

Le coronavirus sera-t-il l’occasion de faire l’école buissonnière ? En Italie et dans certaines régions de Chine, la question ne se pose plus depuis que les autorités ont mis des millions d’élèves au régime “vacances forcées”. En Flandre, à l’annonce des premiers cas de jeunes infectés, on a vu se multiplier les absences d’élèves en bonne santé… Simple principe de précaution sans doute, mais potentiellement en contradiction avec la loi sur l’obligation scolaire. Et en Belgique francophone ? Jusqu’à ce matin, les règles sur l’obligation de fréquenter l’école étaient d’application. Elles le restent, mais la ministre vient d’en assouplir sérieusement les contours. Dans le même temps, elle adoucit les contraintes liées aux voyages scolaires.

Aujourd’hui, toute absence durant la période d’obligation scolaire (de 6 à 18 ans) doit être justifiée par un mot des parents ou un certificat médical. Le système tolère cependant un maximum de neuf demi-jours d’absences injustifiées. Au-delà de cette limite, la machine administrative, voire judiciaire, se met en route pour rappeler leurs obligations aux tuteurs légaux. Sauf que dans cette période où des craintes (ir)rationnelles surgissent, le système scolaire s’attend à voir se multiplier les absences injustifiées. Sans bien entendu encourager l’école buissonnière, la ministre Caroline Désir vient de faire parvenir aux directions d’écoles une circulaire où elle invite à faire preuve de souplesse.

Deux cas de figure

Ou bien un élève est malade – du coronavirus, de la grippe… – et il est couvert par un certificat médical, son absence est donc justifiée.

Ou bien il est absent et n’est pas couvert par un médecin. Ce pourrait être le cas, juste pour l’exemple, d’un élève dont le tuteur légal serait confiné à domicile en raison d’une suspicion de coronavirus. Impossible donc, pour cet adulte, de conduire l’enfant à l’école, lequel sera peut-être lui-même éloigné de son parent malade. Dans ce cas, le chef d’établissement pourra considérer les absences comme justifiées si elles relèvent de “circonstances exceptionnelles“.

Le souci, c’est que pour l’heure ces “circonstances exceptionnelles” doivent obligatoirement être « liées à des problèmes familiaux, de santé mentale ou physique de l’élève ou de transport » (les cas possibles sont listés dans un arrêté du gouvernement de la Communauté française). La nouveauté introduite ce jeudi par la ministre invite les directions « dans le contexte lié au développement du Covid-19 (…) à élargir la notion de “circonstances exceptionnelles” à des cas non listés par la législation en vigueur ». Bref à faire preuve de souplesse sur les circonstances mais également sur la durée de l’absence qui « est laissée à l’appréciation du chef d’établissement ». La ministre précise tout de même à l’attention de ceux qui voudraient en profiter pour se croire en vacances qu’en « dehors de ce contexte, la réglementation relative aux absences non justifiées continue à s’appliquer ».

Suspension des quotas pour les voyages

Par ailleurs, elle assouplit aussi les règles relatives aux voyages scolaires. Un, elle répète que c’est aux pouvoirs organisateurs à prendre attitude quant au maintien d’un voyage, en lien avec les avis des Affaires étrangères. Deux, elle suspend une disposition qui, dans des circonstances normales, interdit d’organiser une sortie avec nuitées si un minimum d’élèves n’y prend pas part (exemple : 85 % de présence minimale pour une classe de 20 à 30 enfants). Cette disposition est en fait mise au purgatoire tant que la phase 2 du plan de gestion de la crise est en cours ou si la phase 3 venait à être activée.

Il ne s’agit pas, en fait, d’inviter les écoles à prendre des risques mais d’éviter que des enfants ou des jeunes soient privés de voyages scolaires dans des destinations sûres si d’aventure leurs petits camarades décidaient de jouer la prudence.

Reporter les voyages scolaires en Italie conseillé

E.B.

Le SPF Affaires étrangères a modifié ses recommandations concernant les voyages scolaires en Italie.

Comme indiqué dans la circulaire nº7485 du 26 février dernier, le cabinet de la Ministre de l’Éducation a poursuivi ses contacts avec les autorités fédérales et régionales afin d’adopter une position conforme aux recommandations sanitaires dans le cadre de la gestion des risques liés au développement du coronavirus.

Le SPF Affaires étrangères vient de modifier ses conseils aux voyageurs qui envisagent de se rendre en Italie. Il indique désormais que « Suite à la décision des autorités italiennes de déconseiller les voyages scolaires dans le pays, il est recommandé aux écoles belges de reporter jusqu’à nouvel ordre les voyages scolaires prévus vers l’Italie ».

La Ministre de l’Éducation invite l’ensemble des pouvoirs organisateurs et établissements scolaires à se tenir compte de cette recommandation. Si des départs sont programmés vers l’Italie, la Ministre Caroline Désir déconseille donc de les maintenir.

Les avis de voyage vers toutes les destinations sont mis à jour très fréquemment en fonction des informations les plus récentes dont disposent les autorités consulaires. Il convient donc de continuer à les consulter régulièrement avec attention.

Une circulaire mise à jour avec ces nouveaux éléments sera donc envoyée dès aujourd’hui à l’ensemble des pouvoirs organisateurs et établissements scolaires. La circulaire reprendra également les informations concernant la Situation administrative et pécuniaire des membres du personnel ainsi qu’un rappel des précédentes informations.

Coronavirus: le secteur aérien particulièrement touché par la crise

Les compagnies aériennes pourraient enregistrer cette année des pertes de revenus de 63 à 113
milliards de dollars en raison de l’épidémie de coronavirus.
Les compagnies aériennes pourraient enregistrer cette année des pertes de revenus de 63 à 113 milliards de dollars en raison de l’épidémie de coronavirus. - Reuters.

Les nuages noirs continuent à s’amonceler dans le ciel du secteur aérien, l’un des plus touchés par la crise du coronavirus. Ce jeudi, la compagnie belge Brussels Airlines a été contrainte d’annoncer une nouvelle réduction de son offre de vols en vue de limiter l’impact négatif de la chute de la demande sur ses activités.

Elle avait déjà annulé 30 % des vols à destination et en provenance de Milan Linate, Milan Malpensa, Venise, Rome, Bologne et Turin entre le 2 et le 28 mars. La mesure est maintenant étendue durant cette période à plusieurs autres destinations européennes. Au total, Brussels Airlines annonce la réduction de 23 % de son offre européenne, soit l’équivalent de vingt vols par jour en moyenne. La liste des destinations concernées n’a pas été communiquée.

« On n’enlève pas des vols parce qu’on voit des risques sur telle ou telle destination mais parce qu’on doit s’adapter à la demande qui chute non seulement pour l’Italie mais pour toutes nos destinations européennes », explique Wenke Lemmens, porte-parole. Les passagers dont le vol est annulé pourront être placés sur d’autres vols ou se faire rembourser intégralement s’ils ne souhaitent plus voyager. D’autres réductions de capacité ne sont pas exclues si la demande continue à baisser, précise la porte-parole. Des mesures de chômage technique ou la prise de jours de congé non payés sont envisagées pour le personnel concerné par ces suppressions. « Tout cela fait encore l’objet de discussions en interne », explique Wenke Lemmens.

Brussels Airlines n’est évidemment pas la seule à réduire la voilure. Sa maison-mère allemande, Lufthansa, a ainsi annoncé mercredi l’immobilisation de 150 de ses 750 appareils. Lundi, Ryanair a annoncé la réduction de son programme de vols, principalement depuis et à destination de l’Italie, pouvant aller jusqu’à 25 %, du 17 mars au 8 avril.

Une facture salée

L’Iata, l’association internationale du transport aérien, a refait ses comptes. Elle estime que les compagnies aériennes pourraient enregistrer cette année des pertes de revenus de l’ordre de 63 milliards de dollars – si la propagation du virus est contenue – à 113 milliards de dollars en raison de l’épidémie de coronavirus. Le scénario le plus critique représente une baisse de 19 % des revenus mondiaux du transport aérien de passagers. Cette estimation ne prend pas en compte les pertes du transport de fret.

« La situation qui résulte du Covid-19 est presque sans précédent », a souligné le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac. « En un peu plus de deux mois, les perspectives du secteur dans la plupart des régions du monde se sont radicalement assombries », a-t-il observé.

Le 20 février, l’Iata avait publié une première estimation de 29,3 milliards de dollars de pertes de revenus dans un scénario où l’impact était limité aux marchés associés à la Chine. Mais le virus a atteint depuis plus de 80 pays.

Une première faillite

L’épidémie de coronavirus a fait sa première victime dans le secteur aérien. Elle a porté un coup fatal à la compagnie britannique Flybe, qui a cessé ce jeudi ses activités après avoir déjà échappé à la faillite plusieurs fois depuis un an. « Tous les avions sont cloués au sol et l’activité au Royaume-Uni a cessé avec effet immédiat », a annoncé Flybe, appelant ses clients à ne pas se rendre à l’aéroport, dans l’impossibilité de leur trouver un vol alternatif.

La compagnie employait quelque 2.400 personnes et transportait environ 8 millions de passagers par an vers 170 destinations européennes. Elle était le principal transporteur sur des aéroports comme Aberdeen, Manchester ou Southampton.

Elle avait déjà échappé à la banqueroute mi-janvier grâce à un coup de pouce fiscal du gouvernement de Boris Johnson, qui avait accepté le report de versements d’impôts, et après un autre sauvetage l’an dernier par le consortium Connect Airways.

Coronavirus: rumeurs et opérations annulées par des patients

Par Ludivine Ponciau

«
On s’est occupé d’Ebola et de toutes les autres maladies infectieuses mais c’est la première fois qu’une telle chose arrive
», déplore le P
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 Guy-Bernard Cadière, du CHU Saint-Pierre.
« On s’est occupé d’Ebola et de toutes les autres maladies infectieuses mais c’est la première fois qu’une telle chose arrive », déplore le P r Guy-Bernard Cadière, du CHU Saint-Pierre. - D.R.

Mercredi, le CHU Saint-Pierre indiquait avoir déposé plainte à la suite de la diffusion de fausses informations. La rumeur, lancée par une pseudo-infirmière de l’hôpital, s’est propagée sur les réseaux sociaux plus rapidement encore que le virus auquel elle fait référence. Elle faisait état d’un afflux massif de cas de coronavirus à Saint-Pierre et de pressions exercées par la direction pour « faire taire » le personnel. Un message alarmiste dont les conséquences directes se font déjà sentir, déplore le Pr Guy-Bernard Cadière.

Deux de ses patients ont en effet demandé à être opérés dans un autre hôpital où le médecin spécialisé en chirurgie digestive et pariétale exerce également. Des requêtes qui resteraient néanmoins marginales. « On s’est occupé d’Ebola et de toutes les autres maladies infectieuses mais c’est la première fois qu’une telle chose arrive. C’est dommage parce que Saint-Pierre est vraiment un hôpital à vocation sociale. Ici, on opère tout le monde, du ministre au prisonnier de Saint-Gilles. Il serait dommage que des rumeurs détruisent cet altruisme qui caractérise encore l’hôpital ».

« Énorme tissu de mensonges »

Tout aussi ulcéré, le directeur de l’hôpital espère que les auteurs de cet « énorme tissu de mensonges » sur les réseaux sociaux seront identifiés. « La ou les personnes qui ont écrit cela se sont fait passer pour des infirmières de Saint-Pierre. Ils ont affirmé que l’hôpital mentait au grand public, qu’il y avait plus de cas de coronavirus, que nous n’avions pas le contrôle de la situation et que nous avions demandé au personnel de ne pas communiquer sous peine d’être licencié », relate Philippe Leroy. « Si une très grande partie du public détecte les fake news, certaines personnes ont pu avoir un doute, raison pour laquelle nous avons décidé d’opposer un démenti catégorique ».

Lorsque la rumeur a éclaté, l’hôpital Saint-Pierre ne comptait dans ses chambres aucun malade soigné pour le coronavirus. Aujourd’hui, il en compte cinq. « Tout se passe bien et tout est sous contrôle. Et nous mettons un point d’honneur à communiquer de manière très transparente ».

« Ce n’est pas la première fois que l’hôpital est visé par une rumeur mais celle-là va au-delà de la calomnie, c’est semer la panique et générer de l’anxiété et de la défiance. Et ça, c’est très grave car nous avons besoin de sérénité, de calme et de confiance envers les personnes qui gèrent le coronavirus ».

Stress en salle d’op

À l’hôpital Delta du Chirec aussi, le planning des opérations s’est soudainement allégé. Depuis lundi, environ 12 % des interventions pour l’ensemble des services ont été annulées, estime Michel Dewever, médecin directeur du site, alors que le taux habituel d’annulations ne dépasse généralement pas 1 ou 2 %. « Les patients ont peur de venir à l’hôpital. Ce sont des opérations qui peuvent attendre mais qui étaient prévues de longue date. Or, on a constaté que la veille – ou parfois le jour même – des patients téléphonaient pour annuler ».

Même si les patients dévoilent rarement la raison pour laquelle ils refusent de passer sur le billard, il ne fait aucun doute que les craintes (réelles ou infondées) liées au coronavirus en sont la cause. Le stress est également palpable dans le quartier opératoire « où on entend des choses insensées », « pas toujours raisonnables », s’ébahit Michel Dewever. « Ce qui nous inquiète, c’est que ça ne fait que commencer. Et que ça pourrait poser problème si ça évolue et qu’on arrive effectivement à une situation de saturation ».

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que dans d’autres hôpitaux bruxellois que nous avons sondés, on assure que rien n’a changé. R.A.S. « Nous n’avons pas de chiffre pour l’attester mais, actuellement, nous ne constatons pas de différence au niveau de notre taux d’occupation », assure Pauline Mignon, porte-parole de l’hôpital Erasme. Rien d’anormal non plus à Saint-Luc, nous dit-on. Les hôpitaux auraient-ils été impactés différemment ? Impossible de l’affirmer à ce stade.

Jeudi, une autre plainte a été déposée contre X pour diffusion d’informations erronées. La nouvelle rumeur ne vise pas un hôpital mais l’athénée de Flémalle Guy Lang. Le message annonçait qu’un cas de coronavirus aurait été détecté au sein de l’Athénée et qu’un « élève suspect » (…) aurait été « déporté en urgence au CHU de Liège ».

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    • A défaut de se faire remarquer par une politique visant à relever les moyennes obtenues aux test "PISA", cette ministre en remet une couche dans la promotion du laxisme en matière d'absentéisme scolaire comme si , pour tout observateur neutre, le nombre d'élèves en rue dans les créneaux horaires dévolus à l'enseignement n'était pas déjà insupportable . Cette indiscipline encouragée aussi par l'incompétence ou la mollesse de certains directeurs d'école ne prépare pas à des lendemains qui chantent et le prétexte du cod 19 sera utilisé à grande échelle , soyez en sûrs..

    • Décision ridicule !!