Coronavirus et solidarité

Yohan Benizri.
Yohan Benizri.

Nous sommes unis, et rien ne nous empêchera jamais de vivre et de créer du lien. Soyons solidaires, et s’il faut se distancer, ne nous isolons pas les uns des autres. Il y a quelques années je lisais un texte assez effrayant sur la sociologie des communautés, y compris la communauté juive.

Il y était question d’un glissement. Une communauté, ou un groupe organisé, pour ne pas utiliser de mots qui fâchent inutilement, se forme autour de profils sociologiques déterminés.

Qu’il s’agisse d’une nation, d’un mouvement social, d’une communauté religieuse ou culturelle importe peu. Le groupe s’organise généralement autour d’un idéal ou d’un mythe fondateur, et se compose de meneurs-fondateurs, de donateurs, d’activistes, et de membres. Cependant, ce tableau schématique doit être complété par un autre profil : le consommateur.

Une société globale de consommateurs

Ce qui distingue le membre du consommateur, c’est le sentiment d’appartenance et l’attachement au groupe. Le membre est partie prenante du projet, le consommateur ne s’intéresse qu’aux services disponibles.

Et le texte de la sociologue avançait que nous évoluions non seulement dans une société globale de consommateurs, mais également que nos communautés et autres groupes se dépeuplaient de fondateurs, de donateurs et d’activistes, voire même de membres, au profit de consommateurs.

Ce texte date des années 1990 et force est de constater qu’il peut parfois sembler d’une justesse affolante.

Quel parti ne se plaint pas d’opportunisme et ne regrette l’activisme d’antan ? Quel mouvement social ne déplore sa réduction à un guichet ? Quelle communauté ne désespère de voir moins d’adhérents réguliers, même si ses activités ponctuelles attirent du monde ?

L’attachement au groupe

Est-ce à cause d’un individualisme exacerbé que nos communautés, et que certaines nations, ne tiennent qu’à travers les services qu’elles fournissent à leurs consommateurs ?

Beaucoup d’entre nous font le pari que l’attachement au groupe prévaut sur l’individualisme et le consumérisme : qu’il s’agisse de nos attaches familiales, communautaires ou nationales. Ces attaches peuvent et doivent être plus fortes que l’individualisme qui n’est porteur que de solitude et d’isolement, même lorsqu’il est teinté de valeurs.

Quelles que soient les mesures qui seront prises dans les heures, les jours et les semaines à venir, nous aurons à cœur de redoubler d’efforts pour que nos organisations soient résilientes, pour démontrer notre solidarité, et pour que personne ne soit isolé.

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