Coronavirus: une fin de trimestre chahutée à tous les niveaux de l’enseignement

Coronavirus: une fin de trimestre chahutée à tous les niveaux de l’enseignement

De la maternelle à l’université en passant par le primaire, le secondaire, les hautes écoles… le monde scolaire bascule lui aussi dans une nouvelle vie pour de longues semaines. Avec ceci de particulier que la suspension des cours en face-to-face renvoie dès facto la plupart des enfants à domicile, perturbant l’organisation de parents qui ne peuvent pas tous télé-travailler. Mode d’emploi d’une fin de trimestre chahutée.

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Cours suspendus, tâches à domicile

Dans l’enseignement obligatoire, tous les cours sont suspendus pour trois semaines depuis la première maternelle jusqu’à la sixième secondaire. Les élèves seront automatiquement considérés en absence justifiée (pas de mot d’excuse ou de certificat médical à produire). La ministre Désir insiste : « les cours ne peuvent pas être dispensés » et « il n’est pas recommandé à ce stade de prévoir du travail à domicile ».

Par contre, elle annonce pour le début de cette semaine, la sortie d’instructions pour le volet pédagogique : « une circulaire spécifique sera publiée dans les prochains jours concernant la continuité des apprentissages, les épreuves externes certificatives et les évaluations dans l’enseignement spécialisé ». Notons que les écoles du spécialisé restent ouvertes : « elles sont tenues d’assurer l’accueil de tous les élèves dont les parents en font la demande ».

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L’accès à la garderie est l’exception

La règle est simple : à partir de ce lundi, la place des enfants n’est plus à l’école, elle est à la maison ou auprès de personnes de confiance (dont sont exclues les personnes âgées). La ministre Désir en « invite les parents à essayer de trouver toute alternative de garde permettant d’éviter la présence des enfants à l’école ».

Cette règle de base souffre cependant de quelques exceptions, raison pour laquelle chaque école doit organiser des garderies. L’option « garderie » est là pour protéger les plus vulnérables que sont les personnes âgées – on doit éviter de leur confier la garde des enfants – et pour offrir une solution à ceux dont la présence au travail est indispensable aujourd’hui : pour les élèves dont les parents travaillent dans des domaines des soins de santé, de la sécurité publique, de l’accueil de la petite enfance, de l’accueil des personnes âgées ou de l’enseignement. Caroline Désir appuie : « j’en appelle à la responsabilité de chacun et à la souplesse des employeurs pour favoriser le télétravail quand c’est possible. Nous sommes en effet dans des jours cruciaux en termes de propagation de l’épidémie. Les garderies doivent rester l’exception ».

Dans les écoles, les directions ont été sur le pied de guerre de guerre tout le week-end pour organiser cette semi-rentrée exceptionnelle. Après quelques coups de sonde, il semble bien que cet appel soit entendu : la plupart du temps les inscriptions à la garderie émanent de parents qui répondent aux exceptions. Notons, qu’à partir de ce lundi, les parents devront solliciter quotidiennement le recours à la garderie pour le ou les jours suivants.

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Le personnel de l’obligatoire

Ce lundi prochain, le 16 mars, tous les membres du personnel, quelle que soit leur fonction, sont priés d’assurer leurs prestations habituelles dans leur établissement scolaire. À partir du 17 mars, ils doivent se tenir à la disposition de leur pouvoir organisateur « à la seule fin d’assurer l’encadrement des élèves qui se présenteraient ». La ministre recommande aussi une mobilisation des enseignants à tour de rôle pour assurer la garde des enfants.

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Les stages et internat

Tous les stages sont suspendus jusqu’à nouvel ordre à l’exception des périodes de travail en entreprise pour les apprentis en alternance (dans ce cas la poursuite du stage est laissée à l’appréciation de l’entreprise). Même principe pour les stages pour lesquels un volume horaire de prestations est défini par la réglementation (en nursing, puériculture…)

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Cantines

Le maintien des cantines est laissé à l’appréciation des directions ou du pouvoir organisateur. La ministre insiste cependant sur le respect strict de règles de basique : privilégier l’utilisation de matériel individuel (gobelet individuel…) et les portions individuelles (pas de collation collective ou de plats à partager).

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Les cours dans le supérieur

Les cours en présentiel sont suspendus jusqu’au 3 avril, les étudiants sont invités à rejoindre leur domicile. Par contre, dans la mesure du possible, ces cours seront remplacés par des activités d’apprentissage à distance (podcast, leçons en streaming…). Cette formule nécessitant une connexion internet, les bibliothèques, salles informatiques ou espaces collectifs resteront ouverts. La ministre Valérie Glatigny précise que « l’objectif recherché est de tout mettre en œuvre pour respecter le calendrier académique et l’acquisition des compétences par les étudiants ». Elle ajoute : « les aides aux étudiants, y compris les subsides sociaux mis à disposition par les établissements d’enseignement supérieur, peuvent couvrir les frais d’une connexion internet ou de l’achat de matériel informatique ». Précision très utile : les activités autres que les cours traditionnels – les laboratoires par exemple – sont maintenues.

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Les stages dans le supérieur

Les stages des étudiants de l’enseignement supérieur sont maintenus. Cependant, « la relation contractuelle existant entre l’entreprise d’accueil et le stagiaire ainsi que la poursuite du stage sont laissés à l’appréciation du premier. L’objectif prioritaire étant la préservation de la santé publique et les soins ». On imagine aisément par exemple que les stages des futurs enseignants seront suspendus (à leur grand désarroi tant ils craignent pour la validité de leur formation) alors que ceux des étudiants nursing devraient être maintenus (à leur grand désarroi également tant, eux, craignent pour leur santé).

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Les évaluations

Même avec la meilleure volonté du monde, la situation risque d’impacter les processus d’apprentissage. Au-delà des impératifs sanitaires qu’ils comprennent, la situation perturbe en effet de nombreux étudiants alors même que se profile le blocus de Pâques. La perspective de devoir étudier au départ d’un cours enregistré, le flou qui règne autour de la réussite de travaux pratiques comme prérequis à des examens de juin, la difficulté de travailler des matières où les notes sont pratiquement inexistantes… ne rassurent personne à un niveau d’enseignement où un échec peut faire basculer une vie. Preuve du malaise, la Fédération des étudiants francophones est inondée de questions pratiques à ce sujet. La ministre Valérie Glatigny nous confie un début de réponse : « La question de l’évaluation des étudiants sera abordée, si la situation devait perdurer, après le 3 avril. L’objectif est de tout faire pour que les étudiants soient le moins impactés par la situation sanitaire. Dans tous les cas, elle sera considérée comme un cas de force majeure, de façon à ne pas impacter le parcours académique des étudiants. Si les mesures devaient être prolongées, une réflexion serait amorcée avec le monde académique afin d’éventuellement réévaluer le caractère obligatoire de certains travaux pratiques ».

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La situation sociale des étudiants

Restaurants, bars, cafés, et discothèques fermés. Événements culturels, sportifs et récréatifs annulés. Commerces non-essentiels fermés les week-ends… Une fois de plus, les étudiants comprennent les impératifs sanitaires. Ils comprennent aussi que les mesures impactent la situation des employeurs et des travailleurs. Par contre, les jeunes CSC et la FEF soulignent de leur côté combien elles peuvent impacter les étudiants jobistes qui pourraient « se retrouver sans revenu pour les prochaines semaines au risque de tomber dans la précarité ». Aussi, la FEF et les Jeunes CSC « se positionnent en commun pour demander la création d’un fonds d’aide urgente aux jobistes ».

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