Philippe Geluck: «Il faut que la tempête du coronavirus se calme dans nos têtes!»

Philippe Geluck: «Il faut que la tempête du coronavirus se calme dans nos têtes!»

Boudin, Michel-Ange, Picasso, Soulages, Botero… Philippe Geluck est un artiste boulimique du crayon, du feutre, du ciseau, du pinceau. Auteur de bande dessinée, peintre, sculpteur, acteur, humoriste, il menait quatre vies de concert jusqu’à ce que le temps du corona virus l’immobilise. Comme figé dans le bronze, il se retrouve seul avec Le Chat dans un atelier vidé de sa famille de collaborateurs. Il devait poser vingt statues de l’animal sur les Champs-Elysées de Paris, le 9 avril. L’événement est reporté à une date moins contagieuse. Entre-temps, le maître du Chat médite comme tous les Belges sur les plaisirs simples de se retrouver chez soi.

« J’ai la chance d’avoir mon atelier six batteries d’escaliers plus bas que mon appartement. Du coup la vie paraît continuer comme si de rien n’était. Je ne suis ni en vacances ni à la retraite. Je continue à travailler sans plus être dans l’urgence absolue du chaudronnier ! J’en profite pour chercher un nouvel équilibre. Je fais enfin de la gymnastique le matin. Je dessine. J’écris. Je peins. Je tente de remettre en cause le rythme de dingue que je m’impose d’ordinaire. Jusqu’ici, je me voyais à l’image de mon père comme un homme qui ne mérite pas de prendre du bon temps. C’était toujours le travail d’abord. Je me suis souvenu qu’il m’avait raconté comment il avait découvert le bonheur de prendre une petite bière en terrasse, au soleil, un jour où il avait raté son train. C’est la première fois qu’il s’arrêtait. J’avais trouvé ça à la fois attendrissant et ridicule d’avoir attendu soixante ans pour s’offrir ce plaisir. Mais en fait, je ne m’arrête jamais non plus, sauf en vacances. Ce confinement forcé est une bonne occasion de réfléchir à prendre de la distance. »

« On cesse de martyriser l’environnement »

Philippe Geluck ne croit pas pour autant à un changement de monde. « On a l’impression que tout ce que Greta Thunberg appelle de ses vœux est en train de se réaliser malgré nous : la décroissance, la mise à l’arrêt des usines polluantes, les eaux de la lagune de Venise qui redeviennent transparentes, les avions qui ne polluent plus le ciel… Contraints et forcés par l’épidémie, on cesse de martyriser l’environnement. Mais dès que la crise sanitaire sera derrière nous, ce que je souhaite vivement, la production va redécoller de plus belle pour compenser les privations que nous sommes en train de vivre. L’humanité aura-t-elle la sagesse de profiter de cette pandémie pour repenser son avenir pour le bien de tous et surtout des plus faibles ? Quand l’autobus est en panne, tout le monde doit descendre pour le pousser ! »

Depuis sa table à dessin, il tient à transmettre un message d’optimisme. « Au moment où le virus a débarqué, je me suis un peu senti dans la peau de l’athlète privé de Jeux Olympiques. J’œuvrais depuis un an et demi avec soixante personnes en vue de l’exposition des vingt bronzes du Chat sur les Champs-Elysées de Paris et voilà que tout était brutalement annulé ! Mais rien de tout cela n’est grave. Il faut que la tempête de l’épidémie se calme dans nos têtes. J’entends un peu partout des initiatives merveilleuses de solidarité. Je vois des gens applaudir et chanter à leurs balcons. On est peut-être en train de retrouver le sens vertueux du vivre ensemble. »

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    1 Commentaire

    • Philippe Geluck, Quand le Docteur G nous donnera-t-il des conseils judicieux pour contrer les virus ?