Yves Benoît, ancien rédacteur en chef adjoint du «Soir», est décédé

Yves Benoît, ancien rédacteur en chef adjoint du «Soir», est décédé

Yves Benoît (83 ans) nous a quittés samedi dernier, des suites de cette maladie d’Alzheimer qui a empêché cet esprit brillant, grand amateur de vin et de cigares, de vivre au présent depuis bientôt 10 ans. Un homme qui a joué un rôle de premier plan au Soir, ne laissant indifférent aucun des journalistes qui ont croisé sa route.

Il est indissociable d’Yvon Toussaint, le rédacteur en chef du Soir qui a porté notre journal dans les années 80. C’est à Paris que les deux hommes se sont croisés. Yvon Toussaint y était notre correspondant permanent tandis qu’Yves Benoît, Belge lui aussi, était journaliste à L’Aurore. Il avait notamment participé à la rédaction de l’éphémère quotidien J’informe créé par Joseph Fontanet en 1977, où il avait côtoyé Catherine Pégard, Guy Sorman et Frédéric Mitterrand.

Yves Benoît, croqué par Royer, l’ancien caricaturiste du «
Soir
».
Yves Benoît, croqué par Royer, l’ancien caricaturiste du « Soir ».

Lorsqu’Yvon Toussaint est rappelé à Bruxelles pour devenir rédacteur en chef, il lui propose de le remplacer à Paris. Yves Benoît refuse, par fidélité à l’aventure naissante du Matin. Mais Le Matin disparaît et Yves Benoît devient le correspondant du Soir à Londres, mais très vite, Toussaint l’appelle à Bruxelles pour en faire son adjoint.

Durant ces années passionnantes, il sera comme l’ombre d’Yvon Toussaint, relayant ses idées et ses innovations. La rédaction créera d’ailleurs pour lui le surnom d’« ayatollah ». Ceux qui l’ont côtoyé se rappellent ses colères, mais surtout sa connaissance de l’actualité du monde dans laquelle il se plongeait tôt le matin, dans un café face au journal. Impossible de partir en reportage sans être accompagné par les articles qu’il avait déposés sur notre bureau. Car cet air bourru et cette barbe folle cachaient un homme sensible, d’une grande finesse et ses petits yeux rieurs trahissaient souvent l’admiration et l’affection qu’il avait tant de pudeur à exprimer.

Un homme fidèle enfin : lorsqu’Yvon Toussaint a démissionné du Soir, il l’a suivi, sans point de chute. C’est que ce fils d’ambassadeur, sorte d’aristocrate défroqué qui s’appelait Benoît Iweins d’Eeckhoutte, avait fait des Toussaint sa famille de cœur. Sa fin de carrière précipitée fut adoucie par la présence de sa femme Ulla qu’il adorait, la naissance de leur fille Sophie et ensuite de sa petite-fille Lily.

La rédaction du Soir présente à Ulla, Sophie, Jean-Louis et Lily ses plus sincères condoléances.

Cet article réservé aux abonnés
est en accès libre sur Le Soir+
Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct

     

    Cet article réservé aux abonnés est exceptionnellement en accès libre

    Abonnez-vous maintenant et accédez à l'ensemble des contenus numériques du Soir : les articles exclusifs, les dossiers, les archives, le journal numérique...

    7,5€/mois
    pendant 6 mois
    J'en profite
    Déjà abonné?Je me connecte
    Aussi en Opinions