La carte blanche du Pr Nathan Clumeck: «Le confinement ne peut suffire à contrôler l’épidémie»

La carte blanche du Pr Nathan Clumeck: «Le confinement ne peut suffire à contrôler l’épidémie»
AFP

Le vendredi 13 mars (une éternité déjà…), la Belgique a été « mise à l’arrêt ».

Où en est-on après 2 semaines de confinement ?

Après une phase un peu « fleur au fusil » où on allait travailler à domicile, pratiquer le développement personnel, retrouver le sens de la famille, se cultiver sur les multiples sites de visites virtuelles, etc., on attend.

On attend le pic et l’inversion de la courbe du nombre de cas : nouveaux cas diagnostiqués, nouveaux cas hospitalisés, personnes décédées, nombre de personnes guéries…

Oui, on attend…

Plusieurs mesures nécessaires

Tous les jours, on égrène les statistiques et on nous répète comme un mantra l’importance du confinement.

Le problème, dont on voit une réalité encore plus dramatique que chez nous en Italie, en Espagne ou aux Etats-Unis, c’est que dans nos sociétés démocratiques, le confinement seul ne peut suffire à contrôler l’épidémie. Il doit être associé à d’autres mesures que sont au minimum un dépistage des contacts de personnes infectées, un dépistage virologique et sérologique (témoins de la réponse immunologique protectrice) des personnes exposées en première ligne et des travailleurs dans des secteurs essentiels pour le fonctionnement de notre société permettant la remise au travail des personnes immunisées et la poursuite d’un confinement de celles infectées mais asymptomatiques.

On doit aussi « oser » envisager ce qui est mesure courante au Japon et en Corée du Sud : le port d’un masque dans les relations sociales obligées hors confinement.

Répondre aux interrogations

Pour que les gens appliquent et se soumettent pour de longues périodes encore à un confinement qui est générateur de tensions et de frustrations, sans parler des impacts socio-économiques, financiers et éducationnels, il faut répondre aux interrogations légitimes sur les moyens qui sont mis en place ; il faut répondre sur les perspectives et les conditions de sortie du confinement, sur la sécurité d’un retour au travail, sur l’accessibilité au dépistage élargi, sur les opportunités thérapeutiques.

Créer, innover, répondre aux défis

Aujourd’hui le discours de nos responsables de la santé – oscillant entre paternalisme et menaces de sanctions de plus en plus sévères pour les déviants – n’est pas de nature à apaiser la société et à la garder mobilisée dans ce combat qui s’annonce de longue haleine.

Remercier le personnel de santé, « les nouveaux héros » qui paient un prix dur à ce combat et qui sont au bord de l’épuisement et au bout des ressources ne saurait faire l’impasse sur des réformes structurelles essentielles et sur la mise à disposition de moyens substantiels.

Il faut être créatif, innovateur et réaffirmer les valeurs éthiques qui fondent notre société.

Il faut se battre et convaincre au niveau européen que sans coopération et sans solidarité dans l’approvisionnement en masques, réactifs, appareils de ventilation artificielle, l’idée même de l’Europe risque de succomber au Covid-19.

Il faut enfin, à notre niveau national, revoir la politique de financement de nos soins de santé, qui – si elle reste liée au résultat de la croissance – ne va jamais pouvoir répondre aux défis qui nous attendent encore et pour longtemps en termes de santé publique.

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