«Fleurs de funérailles»: Werner Lambersy

«Fleurs de funérailles»: Werner Lambersy

Werner Lambersy

Je n’étais pas là

L’enveloppante

chaleur de leur présence

me fut enlevée

Je suis sans eux

et j’ignore s’ils savent ce

que je ressens

Cet abîme

ce trou sans rien dedans

ce quelque chose d’eux

sans réponse

Ils sont partis

sans rien dire de ce qu’on

était occupé

à se confier dans la fièvre

du murmure

Je n’étais pas là

Des lunettes de

pluie

m’aveuglaient

Je m’occupais

des mouches

de mon âme

contre le verre

Ils sont partis

seuls

pour se fondre

au bruit

du silence qui

entoure les

grandes choses

Réunis par Carl Norac, le poète national belge, près d’une centaine de poètes du nord et du sud du pays s’allient depuis jeudi passé afin d’écrire et de dédier des poèmes funéraires à la mémoire de femmes et d’hommes disparus ces derniers jours (pas que du coronavirus), enterré(e)s de façon expéditive, le plus souvent sans rite ni cérémonie. Le nom de cette opération, historique sur le plan littéraire, remarquable du point de vue de la dignité humaine ? « Fleurs de funérailles ».

Quelques familles de victimes, depuis le lancement de cette opération bénévole, ont fait appel aux poètes, via la Maison de la poésie de Namur, Les Midis de la poésie (Bruxelles) et VONK en zonen (Anvers).

La plupart des poèmes sont par ailleurs accessibles sur le site du poète national.

Les autres poèmes.

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