«Fleurs de funérailles»: Corinne Hoex

«Fleurs de funérailles»: Corinne Hoex

Corinne Hoex  : «  Le pays lointain »

Il n’y a plus rien à dire.

Te voilà à l’orée de cette forêt

que tu vas traverser.

Seulement écouter

le frottement léger de ton espadrille

dans le sous-bois feutré.

Tu fais signe au revoir.

Le vent dans les pins

t’emporte et tu danses,

danses avec le ciel,

danses avec la pie

au-dessus des nuages.

Tu fais signe au revoir.

Au revoir. Au revoir.

Tu bois l’horizon.

Tu bois la lumière.

À travers les branches,

le dard du soleil.

Tu fais signe au revoir.

Les oiseaux se taisent.

Couronnement muet.

Avalanche d’aiguilles.

Au revoir. Au revoir.

Le dard du soleil.

Parfum vert du vent

que le ciel emporte.

Réunis par Carl Norac, le poète national belge, près d’une centaine de poètes du nord et du sud du pays s’allient depuis jeudi passé afin d’écrire et de dédier des poèmes funéraires à la mémoire de femmes et d’hommes disparus ces derniers jours (pas que du coronavirus), enterré(e)s de façon expéditive, le plus souvent sans rite ni cérémonie. Le nom de cette opération, historique sur le plan littéraire, remarquable du point de vue de la dignité humaine ? « Fleurs de funérailles ».

Quelques familles de victimes, depuis le lancement de cette opération bénévole, ont fait appel aux poètes, via la Maison de la poésie de Namur, Les Midis de la poésie (Bruxelles) et VONK en zonen (Anvers).

La plupart des poèmes sont par ailleurs accessibles sur le site du poète national.

Les autres poèmes.

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