Carnet de bord d’un urgentiste: «Dépister les soignants, c’est une façon de leur montrer qu’on se soucie enfin d’eux»

Alexandre Ghuysen, chef de service associé aux Urgences du CHU de Liège.
Alexandre Ghuysen, chef de service associé aux Urgences du CHU de Liège. - D.R.

Ca fait déjà 5-6 semaines qu’on a mis en place le village (le poste avancé sur le parking du CHU où on traite les urgences Covid, NDLR). Et il y a une chose à laquelle on a pris l’habitude de ne pas s’habituer : la stabilité. Depuis le début, on fonctionne en permanence dans une situation instable et précaire. Il faut constamment s’adapter : que ce soit pour trouver une solution pour le matériel en pénurie, l’habillement, les locaux. Ce qu’on a décidé il y a deux jours, on le change le lendemain. Ce va-et-vient était très perturbant pour les équipes, au départ. Mais maintenant, on a intégré cette dimension : aucun protocole n’est gravé dans le marbre. C’est une sorte de gymnastique permanente : on était un peu raides au début, mais on a travaillé notre souplesse. En tant que chef de service, je suis frappé par l’évolution. Les premiers jours, chaque changement était perçu comme de l’instabilité, et générait de la frustration. Aujourd’hui, tout le monde a compris que ce qui est en place ne tiendra que jusqu’à nouvel ordre.

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