«L’UE doit renaître des cendres de la crise du coronavirus»

«L’UE doit renaître des cendres de la crise du coronavirus»

La réunion des chefs d’État et de gouvernement ce Jeudi ne peut déboucher sur un échec. Maintenant plus que jamais, l’UE, telle le phénix, a l’occasion et même l’obligation de renaître de ses cendres.

Nous disposons à présent d’un accord d’un montant excédant 500 milliards d’euros pour tenter de relever le plus grand défi auquel l’Europe ait été confrontée depuis la Seconde guerre mondiale.

En moins de quatre semaines, l’UE en a fait davantage que durant les quatre années qui ont suivi la crise de 2008, si l’on considère qu’elle a déjà arrêté des interventions pour un montant estimé de plus de 3.000 milliards d’euros.

La toute première priorité doit consister à présent à lancer des actions pour assurer une mise en œuvre rapide et garantir que cette assistance parvienne immédiatement aux intervenants qui en ont besoin.

Néanmoins, je tiens à affirmer que les chefs d’État et de gouvernement ont encore des décisions historiques et cruciales à prendre : il ne s’agit pas seulement de sauver l’Europe mais bel et bien de la relancer !

Le Fonds de relance que l’Eurogroupe évoque dans ses conclusions doit déboucher sur des décisions concrètes, et non se résumer à un vain exercice de pensée incantatoire.

Le dernier kilomètre est souvent le plus difficile, mais nous nous devons de le franchir si nous voulons veiller à ce que l’Europe devienne plus résiliente et durable, mais, aussi et surtout, à préparer le terrain pour réaliser une Union européenne de la santé en bonne et due forme.

C’est pourquoi nous demandons instamment à la Commission de présenter la nouvelle proposition pour un cadre financier pluriannuel (CFP) doté d’un montant accru. Dans sa version révisée, ce cadre pluriannuel devrait mieux cibler la relance économique de l’Europe d’après-crise et la réalisation des objectifs du pacte vert européen, en se concentrant sur cinq grandes priorités : la santé, les travailleurs, les entreprises, la cohésion et l’action extérieure.

Il devrait également comporter un dispositif amélioré de ressources propres de l’UE, qui puisse être mobilisé avec davantage de souplesse, notamment pour construire progressivement un véritable outil de stabilisation macroéconomique.

Je propose qu’une nouvelle mouture du cadre financier pluriannuel augmente d’au moins 25 %, par rapport à la proposition initiale, les montants alloués, lesquels devraient être fondés principalement sur des mécanismes de ressources propres.

J’appelle en outre à lancer immédiatement un nouveau et puissant programme de Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), qui devrait mobiliser au moins 1.000 milliards d’euros sur les deux prochaines années, pour les besoins des investissements requis dans les priorités stratégiques de l’UE.

Enfin, j’escompte que les États membres s’accordent rapidement sur le nouveau cadre financier pluriannuel, de façon à ce que les programmes de dépenses puissent être engagés sans retard et qu’ainsi, ce budget de l’UE puisse être utilisé comme garantie pour l’émission d’obligations de relance, tout en n’impliquant pas de mutualisation de la dette existante, et en étant axé par ailleurs sur les investissements futurs dans des priorités fixées d’un commun accord.

Ce dernier kilomètre est plus que jamais nécessaire : pour nous protéger nous-mêmes, nous devons nous protéger les uns les autres.

Nous voulons pouvoir dire que l’UE a été à la hauteur de ce défi et qu’elle a usé de tous ses moyens, #WhateverItTakes, pour sauver ses citoyens, relancer son économie et présenter le visage d’une nouvelle Union, renforcée dans sa résilience et sa cohérence. Nous vivrons alors notre rEUnaissance !

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