Comment vont se dérouler les vacances en France? «Le Soir» répond à vos questions

Le Mont Saint-Michel pourra-t-il faire partie des projets de vacances concrets, cet été
? Ou restera-t-il dans le flou, lui aussi
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Le Mont Saint-Michel pourra-t-il faire partie des projets de vacances concrets, cet été ? Ou restera-t-il dans le flou, lui aussi ? - Photo News.

Les interrogations restent très nombreuses quant à la manière dont on va pouvoir prendre ses vacances, l’été prochain. En Belgique, et partout dans le monde. Y compris en France donc, la destination préférée des Belges par excellence. Mais pas plus que chez nous, les autorités ne sont en mesure de dire comment elles vont s’y prendre pour relancer le tourisme.

Vos questions

Depuis plusieurs jours déjà, Alan s’interroge : « Et pour les vacances en France au mois de juillet, y a-t-il du nouveau ? »

Alors que d’autres sont confrontés à des situations très concrètes : « J’ai réservé un voyage en Corse début septembre (5 septembre), et ai payé un acompte de 1.000 euros », dit ainsi Bosconouba . « Je ne souhaite plus aller en Corse. Dois-je payer le solde pour obtenir un bon à valoir ? Que dois-je faire ? Merci. »

Ou encore JB  : « Nous avons réservé un camping en Provence pour le 12 juin. Pensez-vous qu’il sera possible de s’y rendre ou devons-nous déjà annuler ? »

Sans compter tous ceux qui ont leurs habitudes dans l’Hexagone. Comme ce lecteur qui nous dit : « Bonjour, je suis Belge vivant en Belgique. J’ai ma résidence secondaire en France… Bien sûr, depuis le Coronavirus, je n’ai aucune possibilité de m’y rendre… Pensez-vous que je pourrai me rendre dans ma résidence ? J’ai l’entretien de cette maison à assurer : chaudière, jardin, etc. Merci de votre réponse. »

Ou encore Mamine qui se demande : « Dans le cas où les frontières resteront fermées cet été aux touristes, y aurait-il une exception pour des regroupements familiaux ? Je réside en France. J’ai des enfants en Belgique et en Suisse. Pourrons-nous enfin nous revoir ? Merci. »

Ou Fanny  : « Bonjour, ces derniers jours, on parle de plus en plus de l’été 2020 et des futures vacances “à la belge”. Qu’en sera-t-il des couples vivant de part et d’autre des frontières, par exemple avec la France dans mon cas ? Des dérogations seront-elles établies d’ici là pour un séjour qualifié de “à l’étranger”  ? »

La réponse des autorités

Deux rappels glanés sur les sites des autorités belges info-coronavirus.be et diplomatie.belgium.be et françaises gouvernement.fr/info-coronavirus peuvent déjà donner quelques indications utiles pour gérer ces situations sensiblement différentes, qui ont toutes la France pour dénominateur commun.

D’abord, rappelons que les règles de confinement sont toujours d’application dans les deux pays. Jusqu’au 3 mai inclus pour Belgique ; et jusqu’au 10 mai inclus pour la France. Jusqu’à nouvel ordre. Cela induit notamment la fermeture des frontières. Mais on sait qu’il existe une série d’exceptions susceptibles d’être activées, notamment dans le cadre de garde d’enfants alternée, ou de travail de part et d’autre de la frontière. Mais ces déplacements doivent s’accompagner d’attestations qu’il faut se procurer sur ces différents sites, puis remplir et/ou faire remplir (par son employeur notamment) une fois qu’on estime entrer dans les conditions décrites sur ces sites officiels.

Jusqu’à nouvel ordre toujours – et on est encore très loin de parler de dérogation, comme évoqué par Fanny –, les déplacements non essentiels ne sont pas autorisés jusqu’aux dates annoncées. Un déplacement vers une résidence de vacances (même si on doit y faire des travaux d’entretien) ou vers un lieu de vacances (camping, hôtel, etc.) n’entre pas non plus dans la catégorie des « déplacements essentiels ». On peut bien sûr espérer que cette notion évolue au fur et à mesure de l’avancement du déconfinement, espéré à partir du 4 mai en Belgique et du 11 mai en France.

Mais bien sûr, et alors que ce déconfinement doit encore être officiellement lancé par chacun de ces deux pays, aucun texte officiel n’évoque cette évolution dans les déplacements autorisés et non autorisés. Ni pour maintenant, ni pour le début du mois de mai, et encore moins pour les mois d’été. Et pour cause…

Nos réponses à vos questions

A la faveur d’une téléconférence donnée ce mardi midi par Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, il nous a été confirmé qu’aucun calendrier lié à la relance du Tourisme en France n’avait encore été fixé !

« L’élaboration d’un plan de relance est à notre agenda pour le début de la semaine prochaine, et une fois qu’il sera prêt, il fera l’objet d’une communication par (le Premier ministre) Edouard Philippe ; probablement dans les premiers jours du mois de mai, mais sans pouvoir vous donner plus de précision », a ainsi confié le bras droit du ministre français des Affaires étrangères (Jean-Yves Le Drian), avant de nous préciser : « L’annonce faite par le président Macron au sujet de la date du 15 juillet, jusqu’à laquelle les festivals d’été (NDLR : et autres événements de masse) ne pourraient avoir lieu, n’est absolument pas à interpréter comme étant celle du début de la saison touristique en France. Il faut attendre ce plan de relance, dicté par le protocole sanitaire, pour avoir un calendrier précis. »

Avant de citer le chiffre de « 90 millions de touristes étrangers recensés chaque année en France, ce qui en fait un sujet très important pour le gouvernement », Jean-Baptiste Lemoyne a insisté sur le fait que « l’urgence sanitaire continuera à prendre le pas sur tout le reste ». Et de citer en guise d’exemple : « Nous venons d’apprendre que l’Australie allait sans doute accepter les activités en mer, tout en refusant les rassemblements sur la plage ; c’est vous dire le nombre de paramètres dont nous devrons tenir compte dans le cadre de nos discussions avant de pouvoir donner un cadre précis dans lequel cette relance pourra se faire ».

Bref, entre la frontière franco-belge perméable à certaines conditions, l’absence de communication des compagnies aériennes quant au redéploiement de leurs activités, et l’attente jusque dans « les premiers jours du mois de mai », au mieux, pour prendre connaissance du plan de relance du tourisme en France, on comprend mieux pourquoi le mot « flou » est celui le plus souvent évoqué par les acteurs du secteur.

Avec comme seule conclusion valable qu’il est… urgent d’attendre !

Rappelons que, comme nous l’avait précisé la semaine dernière Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l’Upav (Union professionnelle des agences de voyages), toutes les réservations annulées dans le contexte de la crise Covid-19 par des prestataires de services (organisateurs de voyages, clubs, hôtels, etc.) pourront faire l’objet de bons à valoir sur des voyages ultérieurs.

En revanche, et comme le suggère Bosconouba dans sa question, « toute annulation décidée par le client ne pourra pas faire l’objet de bons à valoir ».

Bref, on le répète : attendez !

« Le Soir » continue de vous accompagner dans cette crise liée à la pandémie de Covid-19. N’hésitez pas à poser toutes vos questions via le bouton « commentaires » ci-dessous. Chaque jour, nous publierons des réponses à une série d’interrogations : confinement, virus, mesures sociales, solidarités… Continuez à nous solliciter.

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