Carnet de bord de l’urgentiste: «L’hôpital ne va pas reprendre sa vie classique comme si de rien n’était»

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Cela fait une semaine que le nombre de lits est constant et donc n’augmente pas. Cela nous rassure. Cela amène une forme de stabilité et on n’a plus le sentiment d’asphyxie, de se dire qu’on ne s’en sortira jamais.
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« Cela fait une semaine que le nombre de lits est constant et donc n’augmente pas. Cela nous rassure. Cela amène une forme de stabilité et on n’a plus le sentiment d’asphyxie, de se dire qu’on ne s’en sortira jamais. » - D.R.

On rentre dans une période de transition qui se marque par la réabsorption progressive des patients qui ont des pathologies semi-urgentes. Il y a une conception erronée dans le chef de la population qui pense que toute une série de médecins ont arrêté de fonctionner, mais ce n’est pas vraiment le cas. Dès le moment où on a pris la décision de fermer certains services, certains spécialistes étaient disponibles et ont accepté de prendre en charge certaines salles. Il y a eu une réallocation des ressources et tout ce qui était traumatologique, par exemple, a été pris en charge par des chirurgiens. Cette mixité a créé des liens très profonds et solidaires et que je dirais durables entre tous ces gens qui finalement ne se connaissaient pas bien et qui ont dû travailler dans un contexte difficile et anxiogène. Nous sommes finalement des compagnons d’armes. On est allé au combat ensemble et on peut en parler car on a tous vécu la même chose. Ce qui est difficile à faire comprendre à une personne extérieure.

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