«L’union fait la force de notre système immunitaire»

«L’union fait la force de notre système immunitaire»
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Si l’espèce humaine habite encore cette planète c’est, entre autres, parce que nous possédons un système immunitaire qui nous permet de nous défendre contre les microbes pathogènes, comme le coronavirus. Nous sommes des êtres pluricellulaires et cette pluricellularité est à la base de notre survie. Lorsque des cellules de notre poumon sont infectées par le coronavirus au laboratoire, elles tentent de se protéger individuellement contre le virus mais cette tentative n’est pas suffisamment efficace et les cellules mourront.

Dans le corps entier, c’est l’action des cellules immunitaires qui permettra de protéger notre poumon contre l’attaque du virus et d’ainsi nous garder en vie.

La phase d’identification

La façon dont notre système immunitaire réagit à l’infection par un virus présente d’intéressantes analogies avec la façon dont un groupe d’individus, à l’échelle d’un pays, d’un continent ou de notre planète entière, peut réagir à une épidémie comme celle du COVID-19. Cette réaction de défense s’opère en trois phases. Au cours de la première phase, le système immunitaire reconnaît rapidement le virus comme un élément dangereux et se met immédiatement à produire des outils visant à le détruire. Cette phase nécessite une collaboration étroite entre différents types cellulaires qui ont des fonctions spécialisées dans la reconnaissance du virus, dans la transmission des informations à d’autres cellules du système et dans l’élimination du virus. Cette phase est extrêmement régulée. Les différents types cellulaires agissent de manière coordonnée et mesurée afin de préserver l’intégrité du corps. Comme nous le voyons dans le cas de l’infection par le coronavirus, une réponse excessive et dérégulée du système immunitaire peut être fatale. Au cours de cette phase, le système immunitaire n’agit pas seul, il communique avec les autres cellules du corps, en reçoit des informations et adapte son action en fonction de ces informations.

La réparation

La deuxième phase est celle de la réparation. Le virus est sous contrôle, les éventuels dommages tissulaires doivent être réparés. Le système immunitaire change alors de fonction, arrête de produire les outils qui lui ont permis de lutter contre le virus et s’occupe de la cicatrisation des tissus et de leur remise en fonction normale.

La mise en mémoire

La troisième phase est celle de la mémoire. Certaines cellules du système immunitaire peuvent garder en mémoire les caractéristiques du virus et acquièrent la capacité de réagir immédiatement et de manière ciblée si le corps est à nouveau infecté. Cette seconde infection peut alors passer presque inaperçue pour l’essentiel des autres cellules du corps. Les recherches récentes nous apprennent que le système immunitaire est également capable d’acquérir une mémoire qui n’est pas spécifique d’un pathogène mais permet de se défendre mieux contre un large nombre d’infections. En fonction de son histoire et de sa capacité à mémoriser les événements antérieurs, un individu serait plus ou moins bien armé pour lutter contre une grande diversité de pathogènes.

Trois phases à organiser conjointement

Peut-on tirer quelque enseignement de cet extraordinaire processus biologique ? Les habitants d’un pays, d’un continent ou de notre planète forment un ensemble très différent d’un corps humain. Toutefois, la façon dont nous avons appris à nous défendre contre les microbes pathogènes au cours de centaines de milliers d’années d’évolution peut nous inspirer sur la manière dont nous pouvons nous défendre contre les épidémies à l’échelle de notre pays, de notre continent et de notre planète. Le défi est immense car les trois phases du contrôle de l’épidémie du COVID-19 doivent être organisées conjointement. Nous apprenons tout d’abord à découvrir, identifier et connaître le virus et comment le combattre. Nous essayons de ralentir l’épidémie et nous échangeons des informations concernant son évolution. Nous travaillons au développement d’outils comme les médicaments contre le coronavirus ou contre la maladie qu’il provoque. Ces efforts nécessitent une intense collaboration aux niveaux national et international. Ensuite, nous entrevoyons la phase du contrôle de la transmission du virus, de la reprise des activités que nous avons dû interrompre et de la réparation des dommages humains, sociaux et économiques causés par l’épidémie. Nous pansons nos blessures et apprenons à cohabiter avec le virus. Cette phase est un équilibre fragile ! Finalement, nous devons également amorcer la phase mémoire qui implique l’emploi de vaccins dans de larges programmes de prévention et l’application des leçons apprises pour bien préparer les institutions et les citoyens à faire face à la prochaine épidémie.

Nous voyons à quel point la collecte et l’analyse des informations, la communication, la coordination des actions, la coopération et la solidarité sont essentielles pour mener chacune de ces phases car comme pour notre système immunitaire, l’union fait la force de nos sociétés.

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