«Lettre ouverte à la Première Ministre»

«Lettre ouverte à la Première Ministre»

La définition du mensonge ?

« Action de mentir*, d’altérer la vérité. »

*Mentir : « donner pour vrai ce qu’on sait être faux ou nier ce qu’on sait être vrai ».

N’est-ce pas là le problème ? Que savons-nous avec certitude à l’heure actuelle ?

Certes un virus se répand dans le monde entier, il fait souffrir – physiquement, psychiquement et psychologiquement – et tue de nombreuses personnes.

En parallèle, je sais également avec certitude que de nombreuses personnes travaillent de façon acharnée pour sauver des vies, au sens large du terme : que ce soit par les soins, l’écoute, l’information, la prise de décisions, la distribution de vivres, de nouvelles, la sécurité, le respect des règles, la confection, la réalisation… ; mais quelle que soit la façon, elle est honorable puisqu’elle sauve des vies.

Cependant, je remarque avec certitude, que les messages sont parfois contradictoires et favorisent le doute et la remise en question de plein de choses, à tort ou à raison.

Il y a quelques semaines, une des ministres nous affirmait que le port du masque pour les citoyens était inutile, mais peut-être manquait-il un morceau de phrase pour que ce mensonge soit en fait une vérité !

Ma première réflexion fut de me demander dès lors, pourquoi les médecins devaient en porter un ? Je suis rapidement arrivée à la conclusion que le masque n’était pas inutile, mais que le port de celui-ci devait être réservé aux personnes qui sont en première ligne, ce qui me semble tout à fait juste et essentiel ! Mais peut-être manquait-il cette précision qui aurait empêché le message initial d’être un mensonge ?

Entre-temps, on remarque que d’autres pays européens demandent à leurs citoyens de porter quelque chose pour recouvrir la bouche et le nez dès qu’ils sortent de chez eux. On observe également que dans ces pays, le nombre de morts est très inférieur au nôtre… mais il faut attendre plus d’un mois de confinement pour qu’on puisse enfin émettre cette hypothèse en Belgique.

Ce qui est dingue en Belgique c’est qu’on a fait que parler du masque (qui je le rappelle n’était pas essentiel pour le citoyen), mais cependant son absence est une catastrophe ! Alors que faire ?

Pour moi, il y avait deux choses à faire, il y avait deux messages à faire passer, qui cette fois-ci, ne se contrediraient pas mais qui iraient dans le même sens.

Votre mission était effectivement de procurer à toute personne mise en danger par leur métier une protection fiable, car notre survie dépend de leur vie !

Quant à notre mission, elle aurait pu être de confectionner ces masques qui manquent aujourd’hui, non pas (seulement) aux médecins, mais aux citoyens. Pour l’anecdote, pourquoi rouvrir les Brico au lieu des merceries alors que vous nous annoncez qu’il est indispensable de se couvrir la bouche et le nez d’ici le 4 mai ?

Le problème est que nous n’allons pas à l’essentiel. Nous manquons de masques, et vous passez des commandes, très bien ! mais… et puis ?

Le pays veille, certains sont à l’arrêt forcé, tandis que d’autres sont au travail forcé, est-ce juste ? Pourquoi ne pas mettre tous ceux qui le souhaitent à contribution, plus qu’en leur demandant simplement de rester chez eux. Il y a plein de choses qu’on aurait pu faire de chez nous, non pas pour remplacer votre travail mais pour vous soutenir dans la construction d’un avenir, qui je l’espère permettra à tous de se sentir bien.

Au lieu de ça, le gouvernement bataille seul de son côté et les citoyens du leur… À l’heure ou l’union fait la force, qu’attendons-nous ? Qu’il soit trop tard ?

Je crois que nombreux sont les citoyens qui, comme moi, ont eu besoin de se sentir utiles, d’aider, de faire partie d’un tout, de se serrer les coudes, et de sauver eux aussi des vies. Aussi petit soit le geste, aussi grande soit sa répercussion.

Je n’avais jamais cousu, mais j’ai la chance d’avoir à la maison une machine à coudre que je n’avais encore que très peu sortie de son emballage, et je me suis mise à chercher des tutoriels pour fabriquer un masque et des tissus dans mes armoires qui pourraient être réutilisés. Divers masques se retrouvent sur le net, et je n’ai jamais su lequel était le meilleur… mais je me suis dit, avec toutes les explications recherchées et lues, que mettre quelque chose devant sa bouche et son nez qui retient (certes qu’une partie) des particules que nous émettons lorsque nous parlons et respirons ne peut être que bénéfique pour tout un chacun.

Mais est-ce que cette vérité-là a été dite avant le 24 avril par quelqu’un qui a un pouvoir de décision ? Certains l’ont émise, mais ce n’était pas une information généralisée, loin de là. Pourquoi Madame la Première Ministre ?

N’aviez-vous pas encore la certitude que cette affirmation était vraie ?

Alors bien que je ne pense pas que vous mentiez, je ne sais pas si pour autant vous nous dites toute la vérité… et là est toute la difficulté. Personne n’est omniscient, et je veux bien croire que vous faites tout pour nous dire votre vérité, mais celle-ci n’est peut-être pas LA vérité.

Pourquoi n’avons-nous pas accès au rapport du GEES ? Je l’ai recherché sur le net, afin de savoir ce que les spécialistes des milieux sociaux, économiques et scientifiques (et médicaux) en pensent, afin de pouvoir me rendre compte de ce qu’est votre vérité, et de la comparer à la leur.

Remettre sa propre vie entre les mains de personnes qui n’ont pas toujours dit la vérité est difficile. Alors certes, les médecins, scientifiques, économistes et autres du GEES m’étaient inconnus avant cette crise sanitaire, mais leur discours est resté le même tout au long des interviews, des interventions télévisées, et autres. Alors j’espère que vous comprendrez dès lors pourquoi il est important voire même indispensable à mes yeux de connaître toutes leurs hypothèses et suggestions.

Vous devez mettre en place des règles à ne pas dépasser et en cela, je vous remercie. Cependant c’est mon droit d’avoir l’information la plus complète possible de me faire ma propre idée de ce qui est bon pour moi tant que je ne transgresse pas les règles imposées par le gouvernement.

Lors de votre allocution, vous nous avez dit avoir choisi des options différentes de celles proposées par le GEES en mettant en place des compensations, et je vous crois ! Je ne doute en rien de vos bonnes intentions, cependant, j’aurais aimé pouvoir comparer les deux positions. Et je crois que c’est là qu’il y a un manque de vérité. Vous nous partagez votre vérité, mais pas les vérités. Alors certes, il n’y a peut-être pas de mensonge, mais il y a une absence de transparence.

J’espère à l’avenir avoir l’occasion de découvrir l’avis du GEES qui vous est remis, afin de pouvoir se faire rencontrer les différentes positions.

Je ne voudrais pas être à votre place, et j’espère que vous et vos collègues avez conscience des responsabilités que vous portez, prenez et devez assumer.

J’espère également que vous vous rendez compte qu’il y a 11.570.762 d’habitants qui sont en train d’essayer de se faire une propre vérité, parce que ce qui est dit dans les journaux, ne correspond pas toujours à ce que vous avez dit, ou que ce que vous dites n’est pas toujours ce que les médecins ont conseillé. Alors quand les avis divergent, il est difficile de créer une union. Seule la transparence permettra un sentiment d’union, entre citoyens et gouvernement. L’information ne doit pas vous être réservée, mais doit être accessible à tous, nous avons chacun le droit de nous informer et même le devoir de nous protéger.

Je pense savoir que chacun d’entre nous à la possibilité, aujourd’hui, demain et tous les jours qui viennent, de sauver des vies en portant un masque, en prenant des nouvelles de proches ou d’inconnus, en confectionnant du matériel de protection, en restant chez lui…

À l’heure actuelle, nous ne pouvons pas prendre soin de nous, mais nous devons prendre soin des autres. On ne sait pas se protéger soi des autres, mais on sait protéger les autres de soi.

Alors, dans cette impuissance que je ressens et vis au quotidien, j’aimerais savoir de quoi aura l’air demain. J’aimerais être sûre que nous faisons confiance à chacun des spécialistes dans leur domaine spécifique.

Votre domaine, c’est la politique, et non la santé ! Vous comprendrez dès lors qu’il me semble indispensable de respecter les données fournies par les spécialistes dans les divers domaines, de confronter les opinions et de faire pour un mieux… chose que je veux croire.

Si des spécialistes de différents domaines (santé, économie, social) parviennent à se mettre d’accord sur un calendrier à respecter, pourquoi la politique se permet de le modifier sans nous en avertir ? C’est bien parce qu’une question a été posée à ce sujet, que certaines informations ont été transmises. Mais je me répète, elles devraient être accessibles à tous.

Tout ceci pour vous dire que j’espère sincèrement que votre vérité ne sera jamais un mensonge qui aurait trop longtemps servi.

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