Le MAD donne carte blanche à Sébastien Bonin

Le MAD donne carte blanche à Sébastien Bonin

Le 19 février débutait au Botanique la première grosse exposition monographique de Sébastien Bonin. Formé en sérigraphie à La Cambre puis passé à la photographie, cet artiste né en 1977 à Bruxelles présentait ici un remarquable ensemble de peintures, médium vers lequel il s’est tourné depuis quelques années.

Si les échos de la situation en Chine et l’arrivée chez nous du coronavirus commençaient à inquiéter, personne ne se doutait encore que le mot « confinement » allait devenir le mot de l’année en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Personne ne se doutait non plus que cette exposition, comme tant d’autres, allait devoir fermer ses portes alors même qu’elle permettait au grand public de découvrir le travail très singulier d’un artiste se nourrissant lui-même de l’histoire de l’art.

Quand nous lui avons proposé une carte blanche dans le Mad, nous nous attendions à ce que Sébastien Bonin en profite pour faire découvrir à nos lecteurs ces œuvres qu’il avait patiemment sélectionnées et accrochées au Botanique.

Très vite pourtant, il nous a fait une autre proposition : utiliser les pages que nous mettions à sa disposition pour présenter une véritable exposition collective qui n’aurait lieu nulle part ailleurs. «  Il y avait deux raisons à cela, explique-t-il aujourd’hui. D’une part, mon travail se nourrit énormément du travail des autres. J’utilise l’histoire de l’art comme un outil au même titre qu’un pinceau ou un pot de peinture. D’autre part, j’ai créé avec Brice Guilbert, qui est aussi dans cette exposition, un endroit qui s’appelle Island. Depuis 2012, on y fait des expos, ici à la maison. Montrer le travail des autres, cela va de pair avec ma pratique. Et puis, à l’heure actuelle, alors que nous sommes dans un monde individualiste ou, en plus, chacun se retrouve enfermé chez lui, il me semble que se fédérer est quelque chose d’important. »

Ne négligeant aucun détail, Sébastien Bonin a joué pleinement son rôle de commissaire, contactant tous les artistes, choisissant les œuvres avec eux, obtenant les autorisations d’une galerie, d’une fondation. Il a aussi établi un plan, réalisé une maquette, proposé un « accrochage » comme on le ferait dans un musée ou une galerie. Et il a choisi un titre : Avalanche. « C’est une image, l’effet boule de neige, une chose qui en amène une autre, qui dévale, qui déferle. La vie d’un artiste, c’est comme ça. À 20 ans, on rencontre des gens puis d’autres quelques années plus tard, puis d’autres encore… Tout cela fait grossir la boule de neige qui se transforme en avalanche… »

Pour le choix des artistes, pas de mystère : « Ce sont des amis, ma famille en quelque sorte. Il y a là des œuvres qui n’ont jamais été vues comme le B de Bruno Brunet qu’il a peint sur les fenêtres de l’ancienne tour Lotto, tout seul, fenêtre par fenêtre pendant un mois et demi durant l’été 2001. »

À l’arrivée, cette exposition unique apparaît presque comme un récit. En tout cas comme un ensemble cohérent où les œuvres résonnent les unes avec les autres. Et le Mad devient galerie d’art. Une galerie d’art éphémère qui s’installe chez vous, à la maison, et où chacun est le bienvenu.

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Nos autres cartes blanches.

Le commissaire

Jean-Marie Wynants

Plasticien photographe et peintre, Sébastien Bonin venait de commencer son exposition Documenti au Botanique lorsque le confinement a entraîné sa fermeture. Nous lui avons donc proposé une carte blanche afin de montrer le travail qui ne pouvait plus être vu sur place. Il est revenu avec une proposition inattendue. Non pas une sélection de son travail mais une vraie exposition collective sur papier dont il assure le commissariat. Un choix qui, finalement, cadre bien avec sa pratique.

Après avoir exploré la photographie en triturant toutes les règles pour se concentrer essentiellement sur la lumière et la couleur, Sébastien Bonin est passé à la peinture. Ce qui frappe d’abord dans ses toiles, c’est le blanc dont il les couvre comme on badigeonne les vitrines de magasin en travaux. Un blanc qui cache d’autres couleurs, des collages parfois, et au milieu duquel des signes apparaissent qui, souvent, font référence à des œuvres d’autres créateurs, comme un hommage et un prolongement de celles-ci. Jouant avec les références culturelles, Sébastien Bonin interroge notre regard, propose des sortes de devinettes visuelles, s’amuse des clichés et invente son propre univers avec un talent, une finesse, une poésie et une singularité qui nous surprennent constamment.

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