«Covid-19: question de confiance»

«Covid-19: question de confiance»

Quand la maison brûle, les propriétaires obéissent aux ordres des pompiers. De même, face au Covid-19 les Belges ont accepté le confinement imposé par le gouvernement parce que la justification était claire. Ils ont observé les consignes afin de préserver la capacité du système hospitalier à prendre en charge les personnes les plus atteintes. Alors que l’épidémie recule et que les capacités de dépistage et de soins sont en place, un changement d’approche s’impose.

Le contrat de confiance qui était à la base du confinement est en danger. Les mesures de déconfinement ne sont plus compréhensibles, -​ pourquoi ouvrir tel secteur et pas tel autre ? – ni applicables – des check-lists de plus de cent items dans les écoles ? – ni humaines -​ qui inclure dans ma « bulle », qui exclure ? Le danger de rebond de l’épidémie grandit au fur et à mesure que l’incompréhension s’installe et que chacun.e interprète les consignes à sa manière. Les modèles épidémiologiques ne suffisent pas pour guider le déconfinement parce qu’ils réduisent les phénomènes vivants à leurs caractéristiques physiques ou socio-économiques. ​Pour répondre de manière durable à la pandémie du Covid-19, il faut intégrer l’apport de l’expert à une vue plus large du monde, plus organique, où la personne vit en harmonie avec elle-même, les autres et la nature.

L’association Belcompetence-Constellation Belgium se base sur son expérience des réponses aux épidémies du sida, d’Ebola et de H1N1 pour proposer trois principes qui sous-tendent une telle vue du monde, et propose d’organiser le déconfinement selon ces principes.

Changer de regard sur la personne à risque

94 % des personnes décédées suite au Covid-19 avaient plus de 65 ans. La grande majorité des 6 % restants souffrait d’une autre affection, telle que le diabète ou l’hypertension. Ces personnes sont les premières concernées par les mesures de prévention. Elles sont capables de s’organiser pour éviter d’attraper le Covid-19 tout en préservant leur qualité de vie.

Appeler à la motivation altruiste de tout être humain

Les personnes âgées de plus de 65 ans (18 % de la population belge) ne peuvent exiger des moins de 65 ans en bonne santé qu’ils sacrifient leur développement social, leur éducation, leur pouvoir économique et leurs loisirs pour prévenir une maladie certes parfois pénible, mais qui ne met pas leur vie en danger. Dès lors, toutes les activités scolaires, sportives, économiques, et culturelles qui ne mettent pas directement en danger les personnes à risque devraient être libérées des contraintes de distanciation physique et de l’obligation du port de masque. Cependant, le souci de la santé des aînés motivera l’ensemble de la population à prendre des mesures de distanciation physique et/ou à porter le masque en présence de personnes à risque par exemple dans les magasins et les transports en commun.

Stimuler et mettre en relation les réponses locales

En quoi la crise actuelle nous amène-t-elle à modifier notre style de vie ? Que voulons-nous préserver, que voulons-nous laisser derrière nous ? Les réponses à ces questions ne peuvent être confiées aux seules discussions entre partis et experts. ​Comme nous l’avons vu ​avec toutes les innovations, stratégies et réseaux de solidarité mis en place ces derniers mois, ​le niveau local et citoyen est le plus pertinent pour faire émerger l’intelligence collective impliquant tous les acteurs.

Conclusion : Sortir du confinement de manière organique

Alors que le gouvernement autoriserait la reprise de tous les secteurs d’activités selon les principes énoncés ci-dessus, il limiterait pendant 2 à 3 semaines la circulation des personnes physiques à leur commune et aux communes limitrophes. Si cette phase est probante, il lèverait toute contrainte à la mobilité et aux activités.

Cette stratégie de sortie permet :

– la communication d’une stratégie cohérente, compréhensible, équitable et tournée vers l’avenir qui fait la clarté sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.

– l’envoi par les autorités d’un signal de confiance qui ouvre la voie de l’appropriation de l’enjeu par les personnes concernées.

– la reprise et le développement des relations politiques, commerciales et culturelles locales sans avoir à privilégier de manière plus ou moins arbitraire, voire discriminatoire, un secteur par rapport à un autre.

– la stimulation de la concertation entre les citoyens, les acteurs locaux des différentes sphères d’activité et les autorités publiques locales afin de sortir du confinement vers un mode de vie en harmonie avec la nature.

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