Le MAD donne carte blanche à la photographe Laure Winants

Le MAD donne carte blanche à la photographe Laure Winants

Associant de manière étonnante sciences et photographie, Laure Winants, née à Spa, a très tôt découvert le plaisir de la photographie durant les longues promenades dans les Fagnes avec son père, peintre et photographe. Plutôt qu’une école d’art, elle choisit d’étudier à l’Ihecs pour son côté pluridisciplinaire. Elle y approfondit sa pratique photographique en se confrontant au reportage, au documentaire, apprenant surtout à développer son regard. Elle passe ensuite une année à Gand, au Kask, école d’art où enseigne notamment Dirk Braeckman.

Au sortir des études, elle se lance dans une démarche singulière associant démarche artistique et scientifique. « Je fréquente beaucoup les scientifiques, explique-t-elle. Je suis assez fascinée par leur démarche, particulièrement ceux qui ont un petit côté professeur Tournesol. Je me suis rendu compte que, comme les artistes, bon nombre d’entre eux partaient d’une démarche intuitive. » Avec ses complices scientifiques, elle arpente le globe, traverse les mers à bord d’un voilier, photographie la nature, les volcans, l’océan, les étoiles. « C’est toujours lié à la nature, à l’environnement, à l’engagement aussi, précise-t-elle. Et puis au temps et à l’espace. Pour étudier les volcans, il faut se déplacer. Et ça prend du temps. C’est tout cela qui m’intéresse : la rencontre, l’image qui se construit avec le temps. » Et la découverte d’un monde par le regard et la présence physique du regardeur face à la nature.

Carnet de recherches

Mars 2020 : un cycle qui se renouvelle. Période de réajustement.

Le printemps est reporté à l’automne.

L’expédition vers les îles volcaniques des Açores et le Cap Vert prévue en mai a été annulée.

Le départ se fera, je l’espère, fin 2020 à bord d’un ketch, un voilier en acier de 15 m au pont, 17,7 m hors tout, construit sur le modèle du célèbre Joshua.

Durant cette traversée, j’envisage de rejoindre plusieurs volcans afin d’approfondir mes recherches sur les minéraux, les végétaux, sur les phénomènes atmosphériques, les mouvements de matière et leurs perceptions esthétiques.

Les prochaines expos seront quant à̀ elles très locales. La première se tiendra à L’art au Centre à̀ Liège à partir de juin. La suivante aura lieu au centre d’art, CCHA, à̀ Hasselt en 2021. Pour cette dernière, je prépare des grands formats et compte explorer d’autres supports ainsi que des nouvelles techniques d’impression. Il s’agira pour moi d’aller au-delà de la photogravure. Une installation immersive est également en cours d’élaboration. J’exposerai également fin de l’année avec Olivier Guyaux lors de l’ouverture de sa galerie Tiny Gallery à Bruxelles dédiée essentiellement à la photographie.

collaboration art & sciences
Photoetching handprint on washi paper.

Ce qui m’intéresse : observer notre environnement et ses mouvements.

Nous qui nous pensions protégés par le progrès, nous redécouvrons notre fragilité.

Mon engagement écologique m’invite à̀ mettre en avant les recherches de certains scientifiques dans le domaine de l’environnement, dont la pertinence et l’urgence méritent la plus grande attention et surtout une pluralité́ de réponses, de solutions, d’attentions et de soins.

Certes, il va nous falloir nous aussi, artistes et espaces d’exposition, nous réinventer. Mais rappelons qu’aucun virus ne se transmet par le regard. D’ailleurs c’est le regard qui nous reste derrière les masques. Il nous maintient en lien.

En 2016, lors d’une escale en Équateur, j’ai dû battre en retraite sous la violence de l’explosion volcanique de Chimborrazo, mais j’ai remarqué la relation détendue des autochtones face à la perturbation.

J’ai commencé à documenter les refuges dans le monde entier : vues aériennes, localisation, historique…

La nature a sa propre volonté. Elle a toujours été en dehors de ce que la culture humaine a pu influencer. Un volcan est toujours quelque chose de non négociable. Nous tentons de mesurer le monde autour de nous à travers notre présence physique, comment nous participons à ce qui nous entoure et comment nous percevons la couleur, le temps, le mouvement et les notions d’échelle.

Lorsque vous êtes à côté du volcan, il n’est pas possible d’en voir la forme ; vous devez l’arpenter pour en ressentir le rapport de grandeur.

Si vous n’avez pas l’habitude du terrain, vous vous demandez si cela vous prendra trois heures, trois jours ou trois semaines pour l’atteindre.

– Si vous ne bougez pas, vous ne le saurez jamais. –

Mais si vous avancez, vous constatez que certains arbres se rapprochent de vous très rapidement, et certaines petites montagnes aussi, mais d’autres non.

Et soudain, la marche elle-même crée la mesure de la topographie. Une fois que cela est en place, votre physicalité commence à prendre forme – tout à coup, vous commencez à contracter votre corps en fonction du temps et de l’espace. Quand rien ne change, vous vous rendez compte que vous êtes minuscule et que le paysage est immense.

Vous devenez le métronome.

LAURE WINANTS

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