MAD spécial «Renaître après le confinement»: Jean Dufaux et Ruben Pellejero

MAD spécial «Renaître après le confinement»: Jean Dufaux et Ruben Pellejero

Les autres dessins

Ça fait grand bien de se revoir, même masqués ! Au bout de deux mois sans bisous ni câlins, le monde était à la peine. Parce que la vie ne vaut d’être vécue sans amour ni beauté, nous avons convié 20 auteurs et autrices de bande dessinée à la faire renaître. La crise sanitaire nous a fait vivre un temps abominable, alors le bonheur ce doit être maintenant, pas demain ! Soyons fous, rêvons d’une planète où il ferait beau vivre dans la promesse d’une aube nouvelle.

Bien sûr, la plupart des artistes de ce supplément doutent, comme nous tous, de notre capacité à bouger les lignes, à cesser de mettre la santé de la planète en danger… Le monde d’après sera-t-il celui d’un meilleur partage des richesses, où chacun se mobilisera pour ne plus laisser mourir les autres, où les gouvernements investiront dans le bien-être de la population et de l’environnement, plutôt que dans les avions de chasse ?

D’une poésie drôle et féroce, ces images font méditer sur la manière de réapprendre à marcher sur la Terre au bénéfice de tous, parce que l’humanité ne se protégera pas du réchauffement climatique en remplissant à nouveau son caddie. La liberté d’expression de ces dessins peut surprendre, choquer parfois, mais c’est un formidable vaccin contre le sentiment d’apocalypse. Pour en finir avec les visions cauchemardesques du futur, les artistes ont pris le temps de méditer, de sourire.

Renaître nous invite à faire du bruit au profit de la gentillesse, de la passion, de l’émotion, à manifester en faveur de la vie. Nous avons résisté au virus alors il est temps de faire entendre la voix mordante de l’avenir, d’en finir avec les remèdes miracles de la surconsommation, d’inventer le récit durable de notre futur dans un esprit libérateur.

A la faveur du déconfinement, ces auteurs et ces autrices mettent bas les masques pour nous dire que c’est l’année ou jamais, celle de réécrire de façon dérangeante et pertinente, non pas notre histoire, mais celle d’un monde, le nôtre.

DANIEL COUVREUR

Ruben Pellejero

Illustrateur adulé en Espagne, cet enchanteur illumine la BD de son talent à partir des années 1980 avec Las Memorias de Monsieur Griffaton et les exploits de Dieter Lumpen. Publié dans le magazine belge (A SUIVRE) , Ruben Pellejero touche au sommet de son art dans Le Silence de Malka , Alph Art du meilleur album étranger au Festival d’Angoulême. Son dessin émeut aux larmes à l’image d’ Un peu de fumée bleue ou de Loup de pluie . En 2015, il ose la reprise de Corto Maltese, dont il a mis en images trois albums à ce jour. Ruben Pellejero a reçu le prix Grand Boum pour l’ensemble de son œuvre.

Jean Dufaux

Scénariste fleuve de la BD belge, auteur de séries cultes comme Murena, Jessica Blandy, Giacomo C, Djinn ou Niklos Koda, ce créateur tourmenté a renoué avec la fantasmagorie originelle de Blake et Mortimer dans L’Onde Septimus . Mangeur de classiques littéraires, Jean Dufaux a eu l’audace de faire de Louis-Ferdinand Céline Le Chien de Dieu dans un roman graphique. Prix Saint-Michel avec Djinn, prix de la BD historique et prix de la meilleure série Diagonale /Le Soir pour Murena, il a entamé pendant le confinement une série de Contes pour la petite Charlotte.

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