«Et après 20h, que fait-on?»

«Et après 20h, que fait-on?»

Regroupant les hôpitaux, les mutualités, les maisons de repos, les crèches, les entreprises de travail adapté, les structures d’hébergement pour personnes handicapées, la santé mentale, les services d’aide et soins à domicile, le secteur socioculturel, l’enseignement ou encore les organisations d’action sociale, le secteur et les entreprises à profit social répondent quotidiennement, et plus encore en contexte de crise de Covid-19, aux besoins sociétaux de la population tout en contribuant comme toute autre activité économique à la richesse nationale.

Sécurité sociale et entreprises à profit social, boucliers et leviers de (l’après) crise

Les organisations du secteur ont été les amortisseurs sociaux pendant cette période de confinement durant laquelle les demandes et les besoins sanitaires et sociaux de la population n’ont pas diminué. La tâche des hôpitaux est notoirement connue, mais les soins de première ligne n’ont pas failli non plus de même que les institutions résidentielles et les services sociaux, chacun avec les moyens du bord, alors que pour certains c’était la fermeture totale imposée.

Le confinement a généré du stress et de la violence. Leurs conséquences au niveau du réel et les pathologies induites se manifesteront dans les mois et les années à venir.

De bouclier en période de crise, à côté de la sécurité sociale, le secteur à profit social se veut levier de l’après-crise. Résolument, le secteur à profit social prépare l’après confinement en anticipation de la période intermédiaire de relance et en anticipation des effets socio-pathologiques sur la population à long terme.

Placer l’humain au centre des politiques

La stratégie de déconfinement adoptée par le Conseil National de Sécurité doit composer avec les impératifs sanitaires, économiques et sociaux. Ce dernier volet doit être prioritaire. La crise actuelle est de nature à creuser les inégalités et favoriser l’exclusion sociale. Il est fondamental que les responsables politiques placent l’humain, et donc le bien commun, au centre des préoccupations.

Il ne s’agit donc pas seulement de « sauver » le système en relançant l’économie mais de coconstruire un modèle de société plus durable, plus inclusif et plus résilient. Une logique d’investissement social ambitieux, efficace et pérenne dans le secteur à profit social est indispensable dans le cadre d’un redressement national.

Tous les secteurs subissent cette crise, mais on peut constater que le modèle social belge a montré une forte résilience au milieu de la tempête. Renforcer la résilience de notre société et sa capacité à relever de nouveaux défis passe par une remise en question tant collective qu’individuelle. Aussi nous appelons à ce que les hommes et femmes politiques agissent avec le sens de l’État et de l’intérêt général.

Notre baromètre : le « bien commun »

En 1944, au sortir d’une guerre dévastatrice, nous avons réussi à mettre en place un système basé sur la solidarité : la sécurité sociale. Son importance est aujourd’hui incontestable et la pérennisation de son financement constitue une des clés pour notre avenir.

Nous avons par ailleurs mis en place des organes de concertation socio-économiques. Aujourd’hui, les acteurs qui les composent doivent plus que jamais se comprendre, s’associer pour reconstruire, coconstruire un meilleur modèle, sur des fondations solides avec des matériaux durables.

La situation actuelle nous invite à une plongée dans une forme d’empathie, dans une capacité à être en connexion, à prendre en compte les intérêts divers en les distinguant des nôtres. Nous cherchons, bien sûr avec nos spécificités et notre perception mais en toute indépendance et objectivité, à décrypter et analyser pour impulser une approche différente, adaptée, dont les effets bénéfiques s’imprimeront pour toutes et tous dans le long terme.

Coconstruisons un vrai deal sociétal : une société plus saine, créatrice de lien social et protectrice, un deal fort qui associe plutôt qu’oppose, qui consolide notre « patrimoine commun » pour garantir une place, de la dignité, de l’épanouissement pour chacun et chacune et un mieux vivre ensemble. Bref, un nouveau modèle de société plus durable, plus inclusif et plus résilient, capable de surmonter de nouvelles crises et d’améliorer le bien-être de la population. C’est le défi que le secteur et les entreprises à profit social proposent à l’ensemble des décideurs.

Après 20 h, donner au secteur à profit social sa juste place

Pour que le secteur à profit social puisse pleinement remplir son rôle tant de bouclier que de levier, pour qu’il puisse remplir ses missions d’intérêt social et sociétal dans le cadre de ce nouveau modèle, il faut que les applaudissements de 20 h quotidiens au cours de la crise ne laissent pas la place à l’oubli une fois qu’elle sera terminée.

Ce nouveau modèle passe par une sauvegarde des activités du secteur à profit social, dans toute sa diversité. Il passe aussi par un vrai plan d’investissement à la hauteur de ce nouveau modèle, notamment dans les infrastructures, l’emploi et l’encadrement humain et matériel. Il passe enfin par une inclusion du secteur à profit social, en amont, en tant qu’acteur socio-économique à part entière, dans les processus décisionnels. Des signes encourageants sont déjà visibles, mais ils doivent devenir structurels et transversaux.

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