«Quel avenir pour les maisons de repos?»

«Quel avenir pour les maisons de repos?»

La crise du Covid a braqué les projecteurs sur les maisons de repos et de soins. Souvent avec un éclairage négatif. L’image donnée de ces lieux de vie était parfois bien loin de ce qui a été vécu par le personnel et les résidents.

Car nos maisons de repos à but non lucratif sont là pour bien accompagner les résidents, avec du personnel motivé, nombreux et qualifié. Lorsque rester à domicile n’est plus possible, elles prennent le relais pour apporter un cadre de vie sécurisant, de l’aide au quotidien, de la compagnie, des repas et des soins adaptés, des activités…

Tout n’a pas été simple dans la gestion de cette crise. Personne ne peut dire aujourd’hui que le secteur y était préparé. Mais globalement, les maisons de repos ont fait preuve d’une très grande réactivité pour anticiper ou appliquer les mesures demandées par les autorités. Le confinement y a été mis en place avant même celui de la population. Le personnel et les directions ont pris leurs responsabilités avec les moyens dont ils disposaient, pour continuer à bien soigner les résidents, sans attendre les directives des autorités.

Les maisons de repos et de soins ont aussi fait preuve d’une grande créativité : tour en chambres pour remplacer les activités de groupe, newsletter vers les familles, contacts avec l’extérieur par tablette interposée, adaptation des locaux pour permettre le redémarrage progressif des visites, etc.

Aujourd’hui il est temps de tirer les premières leçons de cette crise et nous participons de manière constructive à l’initiative que le Ministre Maron a prise en ce sens en Région bruxelloise.

Mais au-delà d’une réflexion destinée à nous armer pour d’éventuelles nouvelles crises, nous souhaitons aussi un débat de fond sur l’accompagnement de la dépendance dans notre société. Car ce n’est pas tant une question d’âge, que de degré d’autonomie. La réalité des maisons de repos, c’est que les résidents arrivent plus tard, souvent lorsque leur état de santé nécessite un accompagnement que les familles ou le conjoint ne sont plus à même d’offrir. La maison de repos et de soins devient parfois le seul « cocon » sécurisant, où des personnes en perte d’autonomie peuvent évoluer.

Chaque maison de repos est dans une situation différente mais certains besoins sont néanmoins communs :

- une prise en charge du coût du Covid : au sein du réseau privé associatif bruxellois des maisons de repos, les moyens financiers ont toujours été investis prioritairement dans le bien-être des résidents et l’engagement de personnel soignant supplémentaire. La Wallonie et la Flandre ont déjà pris des initiatives pour compenser pleinement les coûts de la pandémie ; nous espérons que Bruxelles s’engagera davantage et rapidement dans la même voie.

- le financement plus global du secteur : les résidents entrant en maison de repos ont de plus en plus souvent besoin de soins. Il faut pouvoir engager du personnel supplémentaire et revaloriser certaines fonctions. Mais des moyens pour l’informatisation de la gestion des maisons de repos, des investissements immobiliers ou dans l’accompagnement des personnes sont aussi indispensables. Car avant d’être des lieux de soins, les maisons de repos sont des lieux de vie, où chacun a encore des projets et des envies qu’il faut pouvoir accompagner.

La crise du Covid aura eu le mérite de remettre le tabou de la fin de vie sous les feux de l’actualité. Quels moyens financiers et humains sommes-nous prêts à consacrer à ceux qui ne sont plus capables de vivre seuls ? Comment combiner lieu de vie et lieu de soins ? Comment encore mieux combiner un encadrement par des professionnels avec une vie comme à la maison ? Comment donner plus d’autonomie de gestion aux directions des maisons de repos ? Faut-il privilégier les grandes structures avec un personnel soignant plus important ou des entités à taille humaine, intégrées dans leur environnement, et s’appuyant si nécessaire sur d’autres acteurs des soins de santé ? Comment faire interagir au mieux tous les intervenants (médecins généralistes, services gériatriques des hôpitaux, personnel paramédical ou d’animation, familles) ? Comment garantir le bien-être des résidents, familles, et personnel des maisons de repos ?

La crise du Covid nous met face à de véritables choix de société. Les maisons de repos et de soins ont parfois eu l’impression d’avoir été oubliées dans les premiers temps de la gestion de la crise. Faisons en sorte qu’elles ne soient pas oubliées dans les plans d’avenir.

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