Les balades d'été du «Soir»: la campagne à Bruxelles, avec le Vogelenzang et Neerpede
Pierre-Yves Thienpont.

Les balades d'été du «Soir»: la campagne à Bruxelles, avec le Vogelenzang et Neerpede

En dehors de la capitale, le nom de Neerpede ne résonne peut-être qu’aux oreilles des amateurs de foot, qui savent bien que s’y trouve centre de formation du RSCA. Mais pour les Bruxellois, Neerpede incarne surtout un « quartier » à part, où la ville se transforme en campagne à la limite du Pajottenland. « C’est la dernière grande zone rurale de Bruxelles, même s’il existe il est vrai de petits noyaux ailleurs dans la Région, à Uccle, Jette ou Neder-Over-Hembeek. Mais ce qui est particulier ici, c’est le caractère homogène de la zone, et le fait qu’autant de parcelles agricoles se jouxtent », nous explique Robin D’Hoogue, de la Maison verte et bleue, ASBL dont la mission est la préservation de la vocation rurale de cette espace unique en son genre.

Chants d’oiseaux

Pour découvrir le cœur agricole de Bruxelles, notre point de départ sera le quartier du Vogelenzang, qui lui fait en quelque sorte office de ventricule droit. Un écrin vert séparé de Neerpede par le complexe hospitalier Erasme, qui draine dans son sillage de nombreux nouveaux projets immobiliers mettant sous tension la préservation des terres alentours.

Le projet de relance de maraîchage, rue du Chant d’Oiseaux.

Passé un faux départ qui passe par la traversée d’un zoning commercial – un mal nécessaire pour fuir le tissu urbain depuis les accès de tram (Marius Renard) ou de métro (Eddy Merckx ou Ceria) les plus proches – c’est en empruntant la rue du Chant d’Oiseaux que l’on entre véritablement dans le vif du sujet. Première curiosité que l’on croise en chemin : l’espace test du projet Graines de paysans. Un dispositif qui permet à neuf producteurs de s’essayer au maraîchage intensif en pleine terre sans prendre trop de risques financiers, la terre leur étant mise à disposition pour une durée de trois ans.

Se promener sur les limites d’Anderlecht, c’est effectivement se replonger dans les traditions agricoles de Bruxelles. « Dans les années 80, des centaines de petits maraîchers habitant Bruxelles avaient de petites productions dans cette zone », nous rappelle Robin D’Hoogue. « Ils ont disparu avec l’arrivée du marché matinal Mabru », le fameux « ventre de Bruxelles » planté en face du domaine royal. Toutefois, la tradition des « boerkozen », comme on les appelait alors à Bruxelles, renaît tout doucement de ses cendres grâce à une poignée de jeunes agriculteurs motivés.

Le lait à la ferme

Après avoir longé la réserve naturelle du Vogelzangbeek et bifurqué vers le nord, le béton vient déjà se rappeler à notre souvenir. En contournant quelques bâtiments récents du site Erasme, on continue heureusement à border quelques beaux espaces verts, dont certains servent de pâture aux « Moutons bruxellois », un jeune projet d’élevage ovin visant à recréer une filière lainière et viandeuse au sein des limites de la capitale. Sur le bord du sentier, des panneaux indiquent également que nous sommes sur le territoire de la chouette chevêche.

Le moulin Luizenmolen.

On traverse ensuite la chaussée de Leenik, qui marque la limite du Vogelenzang, et un espace ouvert s’offre de nouveau à nous. Voici Neerpede et ses champs, où l’on crapahute sur un chemin pavé entre les plantations, jusqu’au restaurant de Notelaar. Un crochet sur la gauche permet ensuite de passer devant Luizenmolen. Fierté du coin, il est l’un des deux derniers moulins à vent encore en fonction en Région bruxelloise.

Pour les motivés qui souhaiteraient dévier un peu de la piste, un chemin bifurque sur la droite juste avant le restaurant, en direction la ferme Heymans, qui n’est autre que la dernière exploitation bovine de Bruxelles. En semaine et le samedi, il est encore possible d’y acheter du lait et de la glace en vente directe. Autre bonne raison de venir le samedi : durant l’été, c’est le jour où les vergers de « Fruit-Time » sont ouverts. Le principe ? On vient faire soi-même la cueillette des fruits que l’on achète.

Les étangs du la Pede, rue du Chaudro, Anderlecht.

Pour finir en beauté, on coupe pratiquement à travers champs au niveau du restaurant In den Appelbom, institution du coin. Un sentier étroit creusé entre les parcelles permet, après avoir salué en chemin les dernières vaches de la Région, d’atterrir aux étangs de la Pede. Un poumon vert et bleu où se reposer les jambes au terme de cette promenade de deux heures et demie environ, durant laquelle n’avons quitté le sol bruxellois que sur une petite centaine de mètres à peine.

Le parcours

A.Se

1

Le point de départ

Deux arrêts de métro (Ceria et Eddy Merckx sur la ligne 5) ainsi qu’un arrêt de tram (Marius Renard, ligne 81) permettent de rejoindre directement le tracé de la promenade.

2

L’espace test Graines de paysans

C’est l’un des volets du projet BoerenBruxselPaysans, qui se donne pour mission d’encadrer la Région bruxelloise dans sa transition vers des systèmes alimentaires durables. Grâce à ces surfaces arables mises à disposition pour des périodes de trois ans, neuf porteurs de projets peuvent lancer une activité professionnelle en agriculture en minimisant les risques financiers.

https ://www.boerenbruxselpaysans.be/

3

Le Luizenmolen

Avec celui de Woluwe-Saint-Lambert, le Luizenmolen (photo) est l’un des deux seuls moulins à vent de la Région bruxelloise. Construit en 1996 à Anderlecht et classé depuis 2007, il s’agit en réalité de la réplique d’un moulin construit au même endroit en 1862 et démoli en 1939. Il est accessible au public le deuxième et le quatrième dimanche de chaque mois de 14 à 17 h.

http://users.skynet.be/luizenmolen/

En pratique

A.Se

Se rendre sur place : deux arrêts de métro (CeriaA et Eddy Merckx sur la ligne 5) ainsi qu’un arrêt de tram (Marius Renard, ligne 81) permettent de rejoindre directement le tracé de la promenade depuis de nombreux points de Bruxelles (gare Centrale, gare du Midi, Montgomery, Herrmann-Debroux). Certainement l’option la plus recommandée depuis la capitale. En voiture, il est possible de se garer au niveau du parking de transit P+R Ceria (1 €/heure).

Durée : prévoir 2 h30

Longueur : 11 km

Les balades d'été du «Soir»: la campagne à Bruxelles, avec le Vogelenzang et Neerpede

Par Arthur Sente

Les balades d'été du «Soir»: la campagne à Bruxelles, avec le Vogelenzang et Neerpede
Pierre-Yves Thienpont.

En dehors de la capitale, le nom de Neerpede ne résonne peut-être qu’aux oreilles des amateurs de foot, qui savent bien que s’y trouve centre de formation du RSCA. Mais pour les Bruxellois, Neerpede incarne surtout un « quartier » à part, où la ville se transforme en campagne à la limite du Pajottenland. « C’est la dernière grande zone rurale de Bruxelles, même s’il existe il est vrai de petits noyaux ailleurs dans la Région, à Uccle, Jette ou Neder-Over-Hembeek. Mais ce qui est particulier ici, c’est le caractère homogène de la zone, et le fait qu’autant de parcelles agricoles se jouxtent », nous explique Robin D’Hoogue, de la Maison verte et bleue, ASBL dont la mission est la préservation de la vocation rurale de cette espace unique en son genre.

Chants d’oiseaux

Pour découvrir le cœur agricole de Bruxelles, notre point de départ sera le quartier du Vogelenzang, qui lui fait en quelque sorte office de ventricule droit. Un écrin vert séparé de Neerpede par le complexe hospitalier Erasme, qui draine dans son sillage de nombreux nouveaux projets immobiliers mettant sous tension la préservation des terres alentours.

Le projet de relance de maraîchage, rue du Chant d’Oiseaux.
Le projet de relance de maraîchage, rue du Chant d’Oiseaux. - Pierre-Yves Thienpont.

Passé un faux départ qui passe par la traversée d’un zoning commercial – un mal nécessaire pour fuir le tissu urbain depuis les accès de tram (Marius Renard) ou de métro (Eddy Merckx ou Ceria) les plus proches – c’est en empruntant la rue du Chant d’Oiseaux que l’on entre véritablement dans le vif du sujet. Première curiosité que l’on croise en chemin : l’espace test du projet Graines de paysans. Un dispositif qui permet à neuf producteurs de s’essayer au maraîchage intensif en pleine terre sans prendre trop de risques financiers, la terre leur étant mise à disposition pour une durée de trois ans.

Se promener sur les limites d’Anderlecht, c’est effectivement se replonger dans les traditions agricoles de Bruxelles. « Dans les années 80, des centaines de petits maraîchers habitant Bruxelles avaient de petites productions dans cette zone », nous rappelle Robin D’Hoogue. « Ils ont disparu avec l’arrivée du marché matinal Mabru », le fameux « ventre de Bruxelles » planté en face du domaine royal. Toutefois, la tradition des « boerkozen », comme on les appelait alors à Bruxelles, renaît tout doucement de ses cendres grâce à une poignée de jeunes agriculteurs motivés.

Le lait à la ferme

Après avoir longé la réserve naturelle du Vogelzangbeek et bifurqué vers le nord, le béton vient déjà se rappeler à notre souvenir. En contournant quelques bâtiments récents du site Erasme, on continue heureusement à border quelques beaux espaces verts, dont certains servent de pâture aux « Moutons bruxellois », un jeune projet d’élevage ovin visant à recréer une filière lainière et viandeuse au sein des limites de la capitale. Sur le bord du sentier, des panneaux indiquent également que nous sommes sur le territoire de la chouette chevêche.

Le moulin Luizenmolen.
Le moulin Luizenmolen. - Pierre-Yves Thienpont.

On traverse ensuite la chaussée de Leenik, qui marque la limite du Vogelenzang, et un espace ouvert s’offre de nouveau à nous. Voici Neerpede et ses champs, où l’on crapahute sur un chemin pavé entre les plantations, jusqu’au restaurant de Notelaar. Un crochet sur la gauche permet ensuite de passer devant Luizenmolen. Fierté du coin, il est l’un des deux derniers moulins à vent encore en fonction en Région bruxelloise.

Pour les motivés qui souhaiteraient dévier un peu de la piste, un chemin bifurque sur la droite juste avant le restaurant, en direction la ferme Heymans, qui n’est autre que la dernière exploitation bovine de Bruxelles. En semaine et le samedi, il est encore possible d’y acheter du lait et de la glace en vente directe. Autre bonne raison de venir le samedi : durant l’été, c’est le jour où les vergers de « Fruit-Time » sont ouverts. Le principe ? On vient faire soi-même la cueillette des fruits que l’on achète.

Les étangs du la Pede, rue du Chaudro, Anderlecht.
Les étangs du la Pede, rue du Chaudro, Anderlecht. - Pierre-Yves Thienpont.

Pour finir en beauté, on coupe pratiquement à travers champs au niveau du restaurant In den Appelbom, institution du coin. Un sentier étroit creusé entre les parcelles permet, après avoir salué en chemin les dernières vaches de la Région, d’atterrir aux étangs de la Pede. Un poumon vert et bleu où se reposer les jambes au terme de cette promenade de deux heures et demie environ, durant laquelle n’avons quitté le sol bruxellois que sur une petite centaine de mètres à peine.

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