Les balades d’été du «Soir»: le Sahara de Lommel, l’évasion au milieu des dunes
Pierre-Yves Thienpont.

Les balades d’été du «Soir»: le Sahara de Lommel, l’évasion au milieu des dunes

Un Sahara à Lommel, en pleine province du Limbourg ? L’appellation est peut-être un peu forcée dans le but d’attirer le touriste, mais le site est bel et bien un paysage désertique à couper le souffle. Dès l’entrée, ce n’est que sable et dunes à perte de vue. Plus étonnant encore, le désert est niché au beau milieu d’une grande forêt de conifères odorants qui encercle un imposant lac et quelques étangs qui font le bonheur d’une faune et d’une flore luxuriantes. Bref, un lieu d’une superficie de 193 hectares où les surprises ne manquent pas…

Aussi étrange que cela puisse paraître, la réserve naturelle protégée, officiellement baptisée Soeverein, doit son apparition à la pollution. Au début du XXe siècle, sous l’effet des émanations d’une ancienne usine de zinc propriété d’une famille allemande, toute la végétation de la zone s’est réduite comme une peau de chagrin, jusqu’à disparaître totalement sur plusieurs centaines d’hectares. Le résultat ? Un paysage aride, recouvert de sable blanc. En réaction, pour éviter que l’ensablement ne se poursuive, les autorités ont replanté des arbres et les dunes ont été stabilisées. Au point que le Sahara est désormais une réserve naturelle.

Le sable s’étend à perte de vue et se jette dans un lac d’un bleu profond.

Baignade interdite

A son arrivée sur place, le visiteur peut garer gratuitement sa voiture sur l’un des nombreux parkings de la piscine et des centres sportifs voisins. Il emprunte ensuite un chemin qui l’amène à un sous-bois où il est accompagné par les chants d’oiseaux. Quelques minutes plus tard, il arrive au sommet d’une dune. C’est la première surprise. Le sable blanc s’étend à perte de vue et se jette dans un lac d’un bleu profond. Le tout est encerclé d’une forêt de conifères plus ou moins touffus.

Au bord de l’eau, un panneau est très explicite : la baignade est interdite dans le lac. Au grand dam des quelques touristes d’un jour présents en ce début juillet. Un groupe d’une vingtaine de jeunes enfants flamands profite néanmoins de l’aubaine. Ils ne se baignent pas mais pataugent sous le regard vigilant de leur accompagnateur. D’autres jouent à cache-cache dans un îlot entre les roseaux, les bambous et les herbes folles.

Partir à l’aventure dans le sable des dunes reste une expérience éprouvante dans cet environnement aux allures parfois lunaires. Elle permet cependant de découvrir des fourrés, des talus dans lesquels poser sa serviette. S’isoler est très facile dans le Sahara. Nombreuses sont les familles, essentiellement flamandes, à venir le faire lorsque le soleil donne.

Descendre de la dune vers la gauche, c’est changer radicalement d’univers. Certes le sable est encore très présent mais la végétation y a également repris ses droits. Des aires de pique-nique en bois ont été aménagées pour accueillir les familles. Venus de Bruxelles pour une randonnée à vélo, Sébastien et Jolijn viennent se poser sur l’une d’entre elles.

Passerelle ultra-moderne

La tour d’observation permet de voir jusqu’à 25 km à la ronde.

« Nous avons entendu parler du désert il y a quelques mois », commente Sébastien. « Nous aimons pratiquer le vélo et il fallait que nous venions ici car c’est un espace où la nature est totalement préservée. En plus, l’accès est totalement gratuit. On peut venir avec son vélo ou en louer un. Plusieurs longueurs de balades existent en fonction de l’état de forme de chacun. Et les gens à l’accueil sont très agréables. » D’autres signaleront, par contre, que toute la signalétique du site n’est disponible qu’en néerlandais. Rien en anglais ou en français.

Le réseau de pistes cyclables du Bosland est immense.

Remontés sur leurs vélos, Sébastien et Jolijn sont repartis sur la piste cyclable lisse comme un tapis de billard. Passant de l’intérieur à l’extérieur du désert, le réseau de pistes cyclables du Bosland est immense. A proximité du désert, le cyclotouriste peut longer le canal de la Campine. Il atteint alors une construction improbable : la passerelle piétonne. Cette construction moderne en forme de S, alliant superbement acier et bois, suspendue entre deux pylônes d’acier, se fond presque complètement dans la verdure environnante.

Précision importante : toutes les balades cyclistes sont reliées entre elles par un système de nœuds. Impossible ou presque de se perdre.

Les cyclistes partis, le piéton peut reprendre le cours de sa balade à travers les pins. Le parfum prend les narines et donne au lieu des airs de Landes. Sur la droite, un petit étang à la surface duquel prolifèrent des nénuphars. Sur les berges, une famille de canards se repose. Rien d’exceptionnel mais d’autres espèces ont trouvé au Sahara un lieu de vie inattendu. « Il y a différentes espèces qui ont besoin de ce sable pour vivre », commente-t-on chez Visitlimburg. « Il y a des espèces très rares pour la région. C’est un endroit unique, car on montre que la nature a gagné sur la pollution. »

Certes le Sahara est un désert miniature. Ses multiples points d’eau, ses bandes de bruyère parfumée et sa forêt de conifères et de feuillus y ont créé un univers unique. Sur et autour de l’eau, de nombreux oiseaux y ont trouvé refuge.

Le parcours

Frédéric Delepierre

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La plage

En entrant sur le site, à gauche, à la sortie d’une allée bordée de pins odorants, le visiteur tombe sur une immense plage de sable blanc qui débouche sur une majestueuse étendue d’eau. Le dépaysement est garanti. Si la baignade est interdite, il est fréquent de voir les touristes d’un jour faire trempette. En s’écartant un peu, le visiteur se retrouve en haut d’une dune à la végétation très sèche. Etonnant.

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La tour d’observation

Voir le Sahara, ses étangs et le Bosland depuis les airs est possible. Il suffit de monter au sommet de tour d’observation inaugurée en 2014. Ses 144 escaliers font grimper le visiteur à une hauteur de 30 mètres. Les cordes drapées autour de la tour reflètent les lignes des dunes du Sahara. Une fois au sommet, par temps clair, il est possible de voir jusqu’à 25 km à la ronde.

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La piste cyclable

Autour du site, une piste cyclable permet au visiteur de découvrir les lieux à vélo. De l’aride du sable, il passe aux odorants pins. Au hasard de sa balade, il pourra aussi se retrouver dans un bosquet particulier. Ludique, il propose des éléments de jeu originaux destinés aux plus petits.

En pratique

Frédéric Delepierre

L’adresse officielle du Sahara est Sportveldenstraat 10, à 3620 Lommel, sur le site appelé Soeverein. Les jours où la circulation est fluide, il faut compter 1 h 15 de trajet en voiture au départ de Bruxelles. Pour obtenir des informations, il suffit d’appeler l’accueil au 011/54.84.02. L’entrée et le parking sont totalement gratuits. Le site étant très étendu, surtout si on y ajoute les bois du Bosland voisin, il est possible de se procurer une carte détaillée des différentes balades à l’accueil au prix de 2,50 euros. Le circuit bleu, le plus court, fait 2,5 km de long mais il est tout à fait possible de découvrir le site à travers dunes et chemins au gré de son humeur.

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