Inaugurée en avril 2016, «
Traverser l’Eau à vélo
» est une expérience cycliste unique qui permet de parcourir la distance 212 mètres à travers un étang de la réserve de Wijers.
Inaugurée en avril 2016, « Traverser l’Eau à vélo » est une expérience cycliste unique qui permet de parcourir la distance 212 mètres à travers un étang de la réserve de Wijers. - Dominique Duchesnes.

Les balades d’été du «Soir»: à vélo, fendre l’eau à Bokrijk

Se prendre pour Moïse, l’espace d’un instant, et fendre l’eau à pied ou à vélo. Incongrue, l’expérience est pourtant possible, à Bokrijk, dans le Limbourg. Inaugurée en avril 2016, « Traverser l’Eau à vélo » est une expérience cycliste unique qui permet de parcourir la distance 212 mètres à travers un étang de la réserve de Wijers, dans « le pays des 1.001 étangs ». D’une rive à l’autre. Au milieu du parcours, l’eau est au niveau des yeux offrant une vue magnifique et unique sur la nature. Parfois, les yeux dans les yeux avec un cygne ou un canard. Le plus amusant est de voir les têtes des cyclistes passer à la surface de l’eau. Bien sûr, la piste cyclable est également accessible aux marcheurs et aux joggeurs.

Durant deux ans, cette traversée des eaux atypiques n’a presque attiré que des touristes flamands. Depuis 2018, la fréquentation du site a explosé grâce à des touristes du monde entier, y compris les Belges francophones. Parce que le Time Magazine américain l’a élue parmi les 100 destinations remarquables et innovantes à découvrir dans le monde. « Marcher sur l’eau est un don qui échappe à la plupart d’entre nous mais cette piste cyclable dans le nord de la Belgique offre une expérience quasi-divine. » a écrit le magazine, mettant ainsi le feu aux poudres…

Au milieu du parcours, l’eau est au niveau des yeux offrant une vue magnifique et unique sur la nature.

La création de cette piste cyclable s’intègre dans un effort de la province du Limbourg pour stimuler le cyclotourisme. Au cours des vingt dernières années, elle a développé de très nombreux itinéraires cyclables, classiques ou originaux. A Bokrijk, la réserve naturelle au sein de laquelle la piste s’insère possède un paysage unique d’étangs, de parcs et de bâtiments historiques, y compris un château du XIXe siècle.

Positif pour les amphibiens

Non seulement la création de cette piste a boosté la popularité de l’industrie du cyclo dans le Limbourg, mais elle a également eu un impact environnemental positif sur la réserve De Wijers. La qualité de l’eau dans la région s’est améliorée. Comme les digues ont été ouvertes, les étangs restent propres plus longtemps ce qui est une bonne chose pour le biotope des amphibiens dont le nombre a considérablement augmenté. De son côté, la croissance du tourisme a entraîné un financement accru pour les projets de conservation de la nature dans la réserve.

En moyenne, cette piste cyclable hors du commun attire 700 visiteurs par jour avec des pics à 3.500 cyclistes le samedi et le dimanche. L’engouement autour des têtes des cyclistes et piétons qui glissent sur l’eau ne diminue pas. On ne compte plus les photos, selfies et vidéos qui pullulent sur les réseaux sociaux et qui offrent une publicité gratuite inouïe à Bokrijk.

Bokrijk et ses environs, ce sont aussi de très nombreux entiers qui mènent le visiteur à travers champs, fermes et villages.

Le passé pour l’avenir

Le domaine de Bokrijk, ce n’est cependant pas que la traversée de l’eau. Au sein d’un parc de 550 hectares, ce sont aussi de très nombreux sentiers environnants qui mènent le visiteur à travers champs, fermes et villages. Autant de constructions à l’architecture typique, souvent avec des toits en chaume. Là, ce sont des petits points d’eau couverts de nénuphars dans lesquels canards et oies aiment à se rafraîchir.

Enfin, Bokrijk, c’est aussi un musée en plein air dont la devise est que le passé inspire l’avenir. On y apprend d’où viennent nos us et coutumes actuels. Dans sa partie Campine, les artisans à l’ouvrage permettent au visiteur de tester sa créativité dans l’une des granges-ateliers. On y pratique l’art de cuire le pain ainsi que toutes les traditions qui y sont liées. Dans la partie Hesbaye, l’an 1913 est au centre de toutes les activités. Le touriste se glisse sous la peau d’un villageois qui vit la vie telle qu’elle était dans la campagne flamande. L’univers Flandres orientale et occidentale est centré sur le calme d’une promenade alors que celui des Sixties reproduit des décors d’un salon, d’une station d’essence ou d’un café des années 60.

La création de cette piste cyclable s’intègre dans un effort de la province du Limbourg pour stimuler le cyclotourisme.

Le début des années 60, c’est l’époque à laquelle l’arboretum de Bokrijk a été construit. Lors de sa création, il avait une vocation purement scientifique. Depuis 1983, la vision a changé. Maintenant qu’il est ouvert au grand public, sa collection s’est progressivement transformée en un magnifique jardin paysager où il fait bon vivre. D’une superficie de 18 hectares, l’arboretum se compose d’une section paysagère, d’un jardin marécageux et d’une partie forestière. Il héberge aussi une riche collection d’azalées gantoises.

Le parcours

Frédéric Delepierre

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Fendre l’eau à vélo

Principal point d’intérêt du lieu, près de la jonction 91, le visiteur peut faire du vélo et « fendre l’eau ». Une piste cyclable de 212 mètres de long, inaugurée en avril 2016, traverse l’un des étangs de la réserve naturelle de Wijers. Les cyclistes roulent sur un chemin de 3 mètres de large avec l’eau de chaque côté au niveau des yeux. De cette façon, les cyclotouristes fusionnent avec l’environnement et l’eau. Une interaction totale avec les Wijers : un paysage qui n’était auparavant pas accessible aux cyclistes.

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Les étangs et la flore

Explorer le parc à vélo permet de profiter de la verdure, du silence de la nature et de l’architecture particulière des bâtisses historiques de la région. Déambuler le long des étangs met le visiteur en contact direct avec la faune et la flore riches de Bokrijk. Différentes balades sont disponibles auprès de l’Infocenter du domaine, notamment pour les itinéraires cyclables. Envie d’aller voir l’expo Bruegel en plein air ? Les abris à vélos couverts attendent les vélos.

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L’arboretum

L’arboretum de Bokrijk a été construit au début des années 1960. Lors de sa création, il avait une vocation purement scientifique. Depuis 1983, la vision a changé. Maintenant qu’il est ouvert au grand public, sa collection s’est progressivement transformée en un magnifique jardin paysager où il fait bon vivre. D’une superficie de 18 hectares, l’arboretum se compose d’une section paysagère, d’un jardin marécageux et d’une partie forestière. Il héberge aussi une riche collection d’azalées gantoises.

En pratique

Frédéric Delepierre

Situé sur la commune de Genk, le domaine de Bokrijk se trouve à une grosse heure en voiture de Bruxelles. Le site dispose de deux parkings spacieux où le prix est fixé à 5 euros pour la journée. Ils sont dotés de bornes de recharge pour les voitures électriques. Venir en train est également possible puisque la gare n’est située qu’à 5 minutes à pied du domaine. L’objectif de la visite étant de traverser l’eau à vélo, il est possible de rejoindre le domaine par ce mode de transport puisqu’un hangar à vélo est disponible. Il permet même de recharger les vélos électriques. L’entrée du parc est gratuite, comme les toilettes. Une exposition à ciel ouvert sur le monde de Bruegel est accessible tout l’été au prix de 5 euros par adulte et 1 euro par enfant.

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