Il arrive encore quelquefois qu’une petite fée sorte de la grotte...
Il arrive encore quelquefois qu’une petite fée sorte de la grotte... - D.R.

Les balades d’été du «Soir»: en Gaume, où les fées et les songes sont rois

C’est bien connu, tout ce qui est mystère et secrets attire les bambins. Alors, à 200 m du carrefour de la Croix-Rouge, entre Virton et Etalle, les fées ont élu domicile au milieu des pins sylvestres et des myrtilliers qui offrent une belle cueillette potentielle cet été. Le site ne paie pas de mine, mais il n’en faut guère plus pour amuser les enfants.

Un don des fées ? Peut-être ! Toujours est-il que la légende raconte qu’un enfant, peiné de voir ses parents agriculteurs s’acharner au travail sans en recueillir grande récolte, essaya de trouver un rocher qui exaucerait les vœux. Il raconta ses douleurs et frustrations familiales une fois arrivé devant ce fameux bloc calcaire. Des fées blotties dans les galeries l’écoutaient et décidèrent de lui venir en aide. Le lendemain, vergers et champs se garnirent de superbes récoltes. Mais elles ne revirent jamais l’enfant et décidèrent dès lors de n’accorder de nouveaux vœux qu’à ceux qui seront assez téméraires, courageux et joueurs. Mais il existe d’autres histoires légendaires liées à ce site !

Une grotte mystérieuse

Ce « Trou des Fées » est en fait une grotte naturelle creusée dans un grès naturel friable. Il en existe également un autre à Chassepierre, bien connu pour son festival des arts de la rue. Ces sites font partie des pierres insolites de Gaume. A la Croix-Rouge, il faut s’enfoncer de 200 mètres dans le bois pour parvenir à ce surplomb rocheux, érodé et perforé de nombreuses cavités.

Ces galeries datent des temps géologiques où la mer recouvrait tout le bassin parisien dont faisait partie la Gaume. Si l’eau a sans doute joué un rôle dans le creusement de ces galeries, des hommes y ont sans doute apporté leur touche également. A moins que ce ne soient des fées qui y habitaient et y habitent encore…

La plus longue des galeries s’étire sur une quinzaine de mètres, et il faut ramper dans un sable blanc que l’on croirait venu de l’île Maurice pour la traverser de part en part. Le lieu est donc magique pour les petits.

En 2015, Adèle Reuter et Louise Charlier, de la Maison du Tourisme de Gaume, ont proposé un sentier ludique dans le cadre d’un appel à projets, autour de cette cavité. Sur 1,5 km ponctué de sculptures en bois, les enfants doivent relever neuf défis, symbolisés par des blocs de bois en forme d’étoiles.

Les sculptures en bois sur le sentier des songes.

Le repaire des Zigomars

L’enchantement terminé, on peut poursuivre la marche à travers bois vers le site de Rabais, pour y rejoindre le « Sentier des songes », une autre création de la Maison du tourisme.

Ce sentier se trouve en partie sur un sentier de grande randonnée (SGR), au beau milieu des bois qui ont trop longtemps été interdits pour cause de peste porcine africaine. Depuis quelques semaines, les promeneurs ont retrouvé leur liberté. Là, diverses sculptures en bois réalisées par des artistes égayent le sentier que le ruisseau de Rabais traverse paisiblement, en formant de-ci de-là des mares aux étranges couleurs émeraude.

Le ruisseau de Rabais forme des mares aux étranges couleurs.

Le parcours se veut aussi didactique et décrit toutes les essences forestières que l’on peut y trouver. Puis on arrive au repaire des Zigomars, une confrérie royale qui se réunit là dès 10 h 30 chaque dimanche d’avril à septembre, et dès 17 h d’octobre à avril.

Fondée en 1923, par un groupe de bourgeois virtonais, amateurs de mystère, d’opposition et de guindaille, la Confrérie des Zigomars a fait ses premiers pas dans une sombre cave du Faubourg d’Arrival. Sous inspiration maçonnique, sans jamais exprimer d’opinion philosophique, la confrérie transporta progressivement ses pénates dans le site de la Mère-Dieu, au fond de la vallée de Rabais. Elle devint une confrérie roturière, excluant toute appartenance aux associations nobles et togées, se contentant de revêtir le costume traditionnel gaumais : le sarrau, le foulard rouge à pois blancs et la casquette marquée au front par un Z.

Triple épreuve

L’adhésion à la confrérie comporte une séance d’intronisation où l’impétrant subit les épreuves de l’eau, du feu et de l’air. Le candidat retenu par ses confrères, après avoir répondu aux interrogations du Grand Z, prête le serment de fidélité et revêt le sarrau. Après un noviciat, le baptême a lieu traditionnellement le 1er mai, lors de la fête du printemps, au site de la Mère-Dieu en présence de la foule qui rejoint le chalet pour déguster la soupe aux pois bien connue, boire le Zigomar artisanal, la version gaumaise du maitrank, le cidre remplaçant le vin blanc dans lequel macèrent des aspérules odorantes, et l’emblématique trappiste d’Orval.

Non loin de là se trouve un mystérieux tombeau en pierre, la Morte Femme, puis on poussera la balade jusqu’à la chapelle Notre-Dame du Bonlieu, perdue au milieu de cette forêt sereine et magnifique.

La chapelle Notre-Dame du Bonlieu, perdue au milieu de la forêt.

Autour du parcours

J.-L.B.

1

Le Musée gaumais

Installé d’abord à Virton dans l’ancien couvent des moines Récollets, le Musée gaumais a ensuite essaimé en plusieurs antennes décentralisées, révélant peu à peu la Gaume à elle-même pour sauvegarder son patrimoine et démontrer à ses habitants comme à ses visiteurs les particularismes régionaux, distincts de l’Ardenne et du Pays d’Arlon.

Les Musées gaumais sont constitués en ASBL autour du Musée de Virton (1939), du Musée lapidaire et du Parc archéologique de Montauban (1958) et du Musée de la Vie paysanne à Montquintin (1965).

Le Musée gaumais de Virton est ouvert de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h tous les jours sauf le mardi, du 1er mars au 30 novembre et lors des vacances scolaires.

2

Torgny

A une dizaine de km de Virton, le village le plus méridional de Belgique figure aussi dans la liste des plus beaux villages de Wallonie. On y découvrira son microclimat, ses vignes et sa cave viticole, ses belles maisons de caractère coiffées de tuiles, sa réserve naturelle Raymond Mayné, ses ruelles en pente, le tout dans un paysage vallonné.

www.torgny.be

Pratique

Le Sentier des fées est accessible toute l’année puisqu’il se trouve en extérieur. Se garer sur le parking de la Croix-Rouge entre Virton et Etalle, et suivre les signalisations.

Idem pour le Sentier des songes, soit 1,5 km aller-retour (GPS : Lat 49 771 450º Lng 5 2552 30º). On peut le rejoindre au départ du sentier des Fées, ou le rejoindre en passant devant l’étang de Rabais, continuer un bon kilomètre. Sentier en aller-retour ou sous forme d’une boucle via le repaire des Zigomars et la chapelle du Bonlieu pour revenir au départ.

Infos : Maison du tourisme de Gaume à Virton : www.soleildegaume.be et 063.57.89.04

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