La balade commence au centre de la commune, devant le Waterloo Tourisme.
La balade commence au centre de la commune, devant le Waterloo Tourisme. - Pierre-Yves Thienpont.

Les balades d’été du «Soir»: découvrir Waterloo, côté ville et côté bois

Il faut bien un commencement. Ce qu’il y a de bien avec les promenades à réaliser avec son téléphone portable, c’est qu’on peut les débuter n’importe où avant de se laisser conduire par l’application. Celle baptisée « Runnin’City » pour Waterloo ne déroge pas à la règle. Elle vous propose cependant de débuter la découverte du patrimoine local au bâtiment blanc de Waterloo Tourisme devant les trois bornes qui témoignent encore du fait qu’au Moyen Age, la Forêt de Soignes commençait à cet endroit. D’où l’origine du nom de cet ancien hameau de Braine-l’Alleud, avec « water » et « loo » « pour clairière dans une forêt humide ». Cela tombe bien, qu’on la fasse en marchant, en courant ou en roulant à vélo, c’est justement vers la cathédrale de hêtres inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco que l’on se dirige.

La sculpture «
La Ronde
», un joyeuse farandole enfantine au centre de Waterloo.

C’est parti donc. On est dans le cœur de la Cité du Lion, le long de la N5 en direction de Bruxelles. Sur la gauche, on découvre la Maison Paris, restaurée à l’identique, où Lord Uxbridge, commandant de la Cavalerie alliée, fut amputé d’une jambe au soir de la bataille du 18 juin 1815. Grâce au GPS vocal intégré, l’on entend – en français, mais aussi en néerlandais, anglais, allemand, espagnol et italien – que les habitants parlent de cet endroit sous le terme de « Château tremblant », en raison de la vétusté ancienne de son escalier.

Dans la boue des champs

Il pleut ce jour-là et, excepté un vélo sur le parcours, dans la drève de la Meute, on ne verra personne. Les fans de Lucky Luke seront ravis d’apprendre que c’est dans l’une des maisons grandioses de cette drève qu’est né ce personnage de bande dessinée. La commune de Waterloo a, elle, souhaité s’inscrire dans la démarche de l’application, en entrant ainsi dans le cercle des plus de 200 cités du monde où Runnin’City propose ce concentré de sport, de tourisme et de détente.

Au sortir de la drève de la Meute.

Après le côté « rouge » de la balade, rouge pour reprendre la couleur du plan de secteur consacrée à l’urbanisme, on passe heureusement rapidement dans le côté « vert ». Au bout de la longue ligne droite de la drève de la Meute, l’on débarque, en effet, dans la campagne où les bergeronnettes à longue queue se la disputent aux moineaux et aux rouges-gorges. Malgré la boue du sentier, la civilisation n’est pas loin puisque l’on voit les camions foncer sur le ring 0. On passe même sous cette chaussée, à la sortie Derscheid, où deux petits dépôts clandestins font tache dans le paysage. Les malotrus ne respectent décidément rien.

Il faut alors contourner deux barrières pour poursuivre sa route. Elles se lèvent toutes seules pour permettre l’accès des véhicules des services forestiers et la clinique de la Forêt de Soignes, laquelle doit déménager, vers 2023, vers la clinique du Bois de la Pierre, à Wavre.

Nous sommes à La Hulpe à cet endroit, mais la drève Saint-Corneille nous ramène au chemin du Pachy, sur Waterloo, devant l’entrée du domaine d’Argenteuil et de son château Tuck, du nom d’un homme d’affaires américain dont la gentilhommière fut rachetée en 1961 par l’Etat belge pour servir de résidence au roi Léopold III et à la princesse Lilian de Belgique. Depuis 2002, la Fondation Delwart en a fait un centre de recherche en éthologie et en communication biochimique. Les lieux sont en vente.

Le long du ring 0

La suite de la promenade longe l’ancienne propriété royale sur la gauche, mais le ring 0 sur la droite. On aime ou pas cette proximité, mais l’on constatera que les murs d’enceinte du domaine sont régulièrement la proie de tagueurs pas très doués. Heureusement la vue se radoucit devant l’entrée de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, un bâtiment oscillant entre l’Art déco et le modernisme d’origine et la nouvelle aile de Launoit offrant une résidence exceptionnelle aux jeunes talentueux et une salle de concert qui se taille une place respectable dans le monde la musique classique.

L’ancien domaine royal à gauche, le ring à droite.

Nous entrons alors dans le pôle éducatif et sportif du Berlaymont, qu’on délaisse sur la gauche pour repasser le ring 0, au-dessus cette fois, et s’immiscer dans le sentier de la Forêt et le quartier du Faubourg-Est où nombre de rues rappellent des protagonistes de la bataille de Waterloo, avec des maisons quatre façades sur leur lopin de terre font de cette commune l’une des plus peuplées du Brabant wallon.

Dans le parc Descampe, poumon vert dans le centre de Waterloo.

La pluie s’arrête enfin de tomber. L’occasion de traverser le chaussée de Bruxelles (N5) à hauteur de l’Académie puis d’entrer dans le parc Descampe, véritable poumon vert dans le centre, avant de passer devant le complexe communal et de revenir au point de départ en passant par la rue piétonne du Couvent, d’ordinaire plein de monde. Après une heure et un quart de promenade, une boisson chaude y fait le plus grand bien.

Le parcours

J.-P. D.V.

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L’application

A la découverte de Waterloo fait partie des deux promenades accessibles via l’application Runnin’City. Ce circuit de 7,8 km, sur un dénivelé de 61 mètres, emmène les curieux à la découverte du centre de Waterloo, d’une partie de la Forêt de Soignes et du Domaine d’Argenteuil. En cas d’affluence dans le centre, on peut aisément se parquer à la Chapelle Musicale et entamer le parcours à cet endroit.

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Waterloo 1815

Une deuxième promenade, de 28 km celle-là, donc plus aisément accessible aux cyclistes, est également disponible via l’application. Elle remonte jusqu’au château de La Hulpe et la Fondation Folon avant de rejoindre le Champ de Bataille de Waterloo.

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Vélos électriques

La Maison du tourisme de Waterloo a décidé de mettre en location jusqu’à la fin de septembre, quatre vélos électriques, de taille adulte et unisexe. Avec possibilité de réserver un siège enfant. L’occasion de découvrir les avantages du coup de pouce électrique dans les montées. Paf : 20 euros la demi-journée, 30 euros pour un jour ou 55 euros pour deux jours. Réservations aux 02-352 09 10.

En pratique

J.-P. D.V.

Avant de se rendre vers Waterloo, on aura évidemment pris soin de télécharger l’application Runnin’City dans son smartphone. Si la Cité du Lion a dû débourser 3.000 euros sur trois ans pour proposer deux promenades sur cette application, son utilisation est gratuite pour les promeneurs, joggeurs et cyclistes. Sur place, on aura le choix de se laisser guider par le GPS vocal intégré avec la 4G, soit de télécharger à l’avance le parcours choisi pour couper les données mobiles pendant la balade. Une option bien utile pour éviter les frais. On n’a alors plus qu’à suivre le parcours, qui peut être commenté en temps réel lorsqu’on passe devant certains points prestigieux. Le Smart Tourisme, ou tourisme intelligent, a ceci d’incroyable que l’application propose aussi la météo, le niveau de pollution de l’air ou les allergènes présents dans l’atmosphère. A Paris ou à New York, il n’est ainsi pas rare que le tracé des balades varie selon les jours. Enfin, signalons que Philippe Pleckspaen, le concepteur de l’application, conçue au départ pour les joggeurs, fait planter un arbre tous les cent kilomètres parcourus. A condition d’avoir enregistré son profil.

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    • Waterloo certes passe bien en Anglais mais tous les noms sont vites adoptés et raccourcis au besoin dès qu'ils symbolisent une victoire ou une défaite éclatante: Deutsch- Wagram (devenu Wagram) victoire de Napoléon et Bérézina (défaite du même ) passé dans le langage commun ... Beaucoup de Waterloo dans le monde anglo-saxon mais aucun dans les pays francophones...donc Braine-l'Alleud aurait pu s'appeler Braine cité du Lion où a été érigée après la bataille la statue du lion carnassier. Plus sérieusement en tant que membre d'associations qui militent pour l'amélioration de la qualité de vie, je me sens autorisé à inviter votre journaliste Mr de Vogelaere à revoir sa copie. S'il s'est étonné de voir (étonnant au vu des photos qui illustrent le reportage) si peu de cyclistes à Waterloo, la météo n'a rien à voir avec ce constat. Simplement Waterloo n'est pas une commune vélo friendly. Et s'il s'indigne des malotrus qui ne respectent rien, je l'invite à enfourcher son vélo -s'il a assez le goût du risque- , seul ou en ma compagnie pour constater de visu l'état lamentable des rares "pistes" cyclables à Waterloo et Braine ,vroum, comparées à celles de la commune voisine (Rhode-Saint-Genèse,Brabant flamand)

    • Le nom de Waterloo passe bien en anglais. On imagine mal une gare londonienne s'appeler "Braine L'Alleud". Il y a de nombreuses villes, petites et grandes, appelées Waterloo on Amérique du Nord.

    • "Waterloo ... la Cité du Lion" Sauf que ledit Lion et sa butte sont sur le territoire de la commune de Braine L'Alleud, comme une bonne partie du champ de la Bataille dite "de Waterloo", du reste. Elle a été baptisée ainsi par Wellington lorsqu'il est revenu écrire son rapport à son quartier général qui était au centre de Waterloo. Il l'est toujours et c'est aujourd'hui un musée. Les Français la qualifiait de "Bataille de Mont-Saint-Jean", bien plus correct géographiquement parlant, et les Allemands, "Victoire de la Belle-Alliance". Le Lion, un Lion Belgique, a été dressé à peine 10 ans après la bataille, en mémoire du Prince Guillaume II, tombé à cet endroit pendant la bataille, à la demande de son père Guillaume 1er des Pays-Bas. La Belgique était alors toujours partie des Pays-Bas.