«Préserver l’humanité et la dignité dans nos maisons de repos»

«Préserver l’humanité et la dignité dans nos maisons de repos»
Photonews.

Madame la Première ministre, Monsieur le Ministre de la Santé Bruxellois,

Nous vous remercions pour la mobilisation que vous avez mise en œuvre pour les maisons de repos, ainsi que pour l’anticipation d’une éventuelle nouvelle vague épidémique. Nous voudrions attirer votre attention sur un problème dont on parle peu et qui a pourtant été responsable de nombreux décès dans les maisons de repos. Nous vous avions contacté à la mi-avril, peut-être vous en souvenez-vous. Nous avions été appelés le 14 avril pour dire « un dernier au revoir » à mon beau-père mourant, d’après le personnel, d’un « Covid 19 sans symptômes ». Il était au lit, en position fœtale, apathique et en déshydratation majeure… Beaucoup de verres d’eau et quelques jours plus tard, il marchait !

Un personnel débordé

Il nous a semblé évident que, dans la cohue et la panique et les multiples mesures supplémentaires à prendre, le personnel soignant en sous-effectif et peu rassuré ne pouvait pas, mathématiquement parlant, gérer les situations auxquelles il devait faire face. Le confinement demandait plus de personnel pour pouvoir aller de chambre en chambre régulièrement : pour chaque repas, pour ouvrir les bouteilles, pour allumer la télévision, pour établir un contact humain ou simplement pour les soins de bases, l’hydratation… Or, ce fut probablement le contraire. Un personnel soignant réduit car parfois lui-même malade ou écarté, un budget consacré au matériel de protection : masques, gel, surchaussure, blouses, panneaux de plexiglas… qui n’a sans doute pas pu être mis à disposition du bien-être des pensionnaires.

Une mortalité par manque de moyens

Le résultat qui semblait rationnellement inévitable, ne s’est pas fait attendre pour les Seniors confinés dans leurs chambres, sans droit de visite ni de sortie. Les plus touchés ont dû être les résidents n’ayant plus beaucoup d’autonomie, parfois malentendants, et ne pouvant dialoguer par téléphone ou tablette.

Une réalité qui nous semble invraisemblable en 2020 en Europe : une surmortalité causée par un « Covid sans symptômes » ou avec peu de symptômes, ou par manque de soins. C’est une mortalité par manque de moyens qui serait dorénavant tout à fait évitable !

Plusieurs constat dont il faudra tenir compte

Il semble indispensable de veiller à ce qu’un nouveau confinement ne soit réalisé qu’en dernier recours et avec la lucidité que nous apporte notre triste expérience passée. Il semble évident aujourd’hui :

1. Que nous pouvons actuellement tester de larges échantillons de la population, mais qu’il faut dissocier les personnes testées positives (mais pas malades), des cas symptomatiques (donc malades), et de ceux lourdement symptomatiques (donc gravement malades)afin d’éviter les paniques et psychoses collectives.

2. Qu’un très grand nombre de Seniors ont été des porteurs sains, ou très peu symptomatiques.

3. Qu’il est maintenant démontré qu’il existe des traitements pratiquement exempts d’effets secondaires pouvant être donnés au tout début des symptômes afin de provoquer une chute rapide de la charge virale (en 3 jours) et ainsi d’éviter hospitalisations, complications et mortalité.

4. Qu’une immunité collective est certainement déjà partiellement présente même si les tests actuels ne permettent pas de la quantifier – l’immunité ne se résume pas à la recherche d’un anticorps spécifique : elle est cellulaire et humorale complexe.

5. Qu’un grand nombre de décès déclarés « Covid 19 » ou « suspects » ont eu lieu par « glissements » ou « manque de soins ». Il ne faut plus s’en cacher.

6. Que le médecin traitant, qui connaît ses patients et dont la compétence diagnostique et thérapeutique peut éviter des décès évitables, doit impérativement poursuivre ses visites en toutes circonstances, ce qui n’a pas été le cas précédemment.

7. Qu’il est indispensable qu’un personnel soignant nombreux soit mobilisé, encadré, soutenu dans ce travail accru et dans ce stress supplémentaire.

8. Qu’il est très important qu’une personne par famille puisse continuer à être présente pour maintenir le lien humain nécessaire à la Vie et à la résistance aux maladies. Le personnel rentre tous les jours à la maison, et n’est donc objectivement pas moins contaminant qu’un membre régulier de la famille. Des bénévoles réguliers pourraient aussi être recrutés pour tenir compagnie et renforcer ce lien humain tellement important pour nos Seniors.

Ne plus revivre cet enfer !

Une mortalité moindre amènerait moins de peurs, de paniques non constructives et parfois mortelles. Une organisation saine permettra aux Seniors de vivre dans le calme, l’attention et la douceur et d’éviter une vie d’enfer de confinements en confinements. C’est peut-être l’occasion de revoir de manière profonde les mesures fondamentales de respect et de dignité dans toutes les maisons de repos et ce tout au long de l’année. Peut-être est-ce aussi le moment d’aider ce secteur !

Il est peut-être nécessaire de revoir dans les hôpitaux le fondement de la réanimation pour les personnes ayant déjà de nombreuses lésions cérébrales ou autres… Mais s’il y a une responsabilité légale obligatoire de réanimation en toutes circonstances, il doit y avoir une obligation légale d’accompagner ces personnes dépendantes en toute dignité jusqu’à la fin de leurs jours.

Peut-être serait-il aussi intéressant, dans la foulée, de faciliter les déclarations de non-acharnement thérapeutique pour les personnes qui le souhaiteraient ? En espérant que cette lettre puisse aboutir à plus d’humanité pour nos Seniors, je vous prie d’accepter mes remerciements pour la lecture et le suivi que vous pourriez donner à ces informations, ainsi qu’à l’aide que vous pourrez apporter aux Seniors de toutes nos familles.

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