La Sambre à Thuin.
La Sambre à Thuin. - Pierre-Yves Thienpont.

Les balades de l’été: le charme bucolique de la vallée de la Sambre, de la frontière à Charleroi

A force de charrier charbon et métaux depuis la Révolution industrielle, la Sambre a mauvaise réputation. Et pourtant, la vallée de la Sambre est rieuse et bucolique. A moins d’avoir le temps, cette balade ne se fera pas en bateau, le nombre d’écluses limitant la vitesse. Il faut ainsi 6 heures pour aller d’Erquelinnes à l’abbaye d’Aulne. Et tant que Charleroi n’aura pas sa marina, les péniches ne savent pas s’amarrer dans la ville du Pays Noir et n’ont pas le temps pour faire l’aller et le retour en une seule journée.

Le château de Solre-sur-Sambre.

C’est donc en voiture que débute le parcours. A Solre-sur-Sambre, à la frontière française. Une région quelque peu enclavée, loin de tout centre urbain. C’est là que la Sambre reçoit la Thure, avant quelques kilomètres plus loin d’accueillir la Hantes. Mais si on a choisi ce petit village de la commune d’Erquelinnes comme point de départ, c’est en raison de la présence de son château du 13è, sans doute la forteresse médiévale la mieux préservée du Hainaut. Il ne se visite pas mais un sentier le longe et permet de voir les douves et les deux tours en pierre calcaire.

Les sœurs jumelles

De là, il suffit de longer la rivière pour arriver aux sœurs jumelles qui se font face. D’un côté Lobbes et un peu plus loin Thuin. Et pour surveiller sa voisine, chacune avec son monument en hauteur, la collégiale Saint-Ursmer pour Lobbes et le beffroi pour Thuin. Les bois et les méandres de la Sambre ont longtemps servi de cadre idyllique et reposant aux abbayes. Saint-Landelin (613-686) y avait vu un endroit idéal pour fonder l’abbaye de Lobbes, détruite à la Révolution, et dont il ne subsiste que la Portelette, et un peu plus loin l’abbaye d’Aulne.

La collégiale Saint-Ursmer de Lobbes.

Mais l’esprit religieux continue à baigner Lobbes de son ambiance. Oubliée des itinéraires touristiques, Lobbes possède l’un des deux édifices religieux le plus vieux du pays puisque sa collégiale carolingienne garde une partie inchangée depuis l’an 800. Epargnée par la Révolution, elle fut cependant « améliorée » par la vague de restauration du 19e siècle, avec l’ajout de la flèche en 1865. Mais la collégiale vaut aussi par les ruelles qui y mènent et par le petit jardin des senteurs, imaginé par la ville récemment, qui donne un aspect poétique aux abords de cette église.

La ville de Thuin et son beffroi.

En contrebas, la Sambre accoste alors à Thuin, autre cité au charme ravageur. Il y a d’un côté le lacis de ruelles médiévales et de l’autre ce beffroi qui, tel un phare, attire tous les regards. Pour y arriver, il vous faudra gravir le fameux « mur », moins connu que celui de Huy mais qui valut bien des litres de sueur aux cyclistes. Ce beffroi n’en est pas vraiment un puisqu’en réalité, il s’agit de l’unique vestige de la collégiale Saint-Théodard rasée par un bourgmestre pour pouvoir agrandir la place et en faire, selon ses dires, « une place à danser ».

Le charme des ruines

Sur l’autre versant, ce sont les jardins suspendus, rénovés au début des années 2000 et qui surplombent la Biesmelle. Ils offrent une balade bien agréable. Ces jardins, multiples petites parcelles, accueillent en leur sein le Clos des Zouaves où on fait un vin doux naturel.

Les ruines de l’abbaye d’Aulne.

De Thuin, l’abandon de l’auto au profit du bateau peut se faire naturellement. En effet, quelques compagnies proposent de petites balades jusqu’à l’abbaye cistercienne d’Aulne, située à quelques kilomètres. Ruines romantiques, depuis la destruction à la Révolution française, elles dégagent un charme inégalable et sont assez courues par les habitants de Charleroi, venus, le temps d’une journée, prendre un verre d’ADA (la bière de l’abbaye d’Aulne) et se promener le long des écluses. Le Ravel est également fortement emprunté.

Les fresques de street-art entre Marchienne-au-Pont et Charleroi.

Au fur et à mesure de son avancée, la Sambre devient moins bucolique et s’industrialise. C’est la fin de notre étape. De Marchienne-au-Pont à Charleroi, il convient de laisser la voiture et de prendre son vélo pour admirer les fresques de street-art avec les usines désaffectées en arrière-plan, donnant de la matière de premier ordre aux photographes.

Le parcours

1

Solre-sur-Sambre

Dans une région enclavée, se dresse l’un des plus beaux châteaux du Hainaut, malheureusement qu’on ne peut visiter.

2

Lobbes et Thuin

Les sœurs jumelles disposent d’un patrimoine religieux et médiéval impressionnant, entre la collégial Saint-Ursmer à Lobbes et le beffroi à Thuin. Ne pas manquer la belle balade des jardins suspendus à Thuin.

Entrée du beffroi : 3 euros. La péniche Gavroche fait le déplacement entre Thuin et l’abbaye d’Aulne pour 12 euros par personne. Peniches.org/peniche-gavroche.

3

Abbaye d’Aulne

Ces ruines et le balade le long des écluses, ainsi que la bière (goûtez la Sambrée, une bière ambrée très légère !), attirent les Carolos.

Abbaye d’Aulne : www.abbayedaulne.be entrée : 4 euros, à quelques centaines de mètres de l’abbaye, le café Leblon loue également un bateau sans permis sur la Sambre (5,6 kilomètres) entre l’abbaye et le village de Landelies. 25 euros pour 30 minutes, 40 euros pour 1h. Max : 5 personnes. http://cafe-leblon.be/bateaux/

4

Charleroi

Il s’agit surtout ici de visiter, en vélo, le chemin de halage menant de Marchienne-au-pont à la gare de Charleroi, entre témoins industriels et street art.

En pratique

On commence le parcours en voiture à Solre-sur-Sambre avant de remonter la rivière jusque Charleroi, avec une pause en bateau (d’Aulne à Thuin ou inversement).

Durée : une journée pour profiter au maximum des différents lieux

Distance : 30 km

https ://www.mapsdirections.info/fr/tracez-itineraire-sur-google-maps/viewMap.php ? route=261463

Chargement
A la une
Tous

En direct

Le direct

    0 Commentaire