RD Congo: un démarrage chaotique pour la commission Décolonisation

Sous la pression d’un calendrier peut-être trop serré, la mise sur pied du groupe d’experts s’est faite quelque peu rapidement, accompagnée de vifs débats internes.
Sous la pression d’un calendrier peut-être trop serré, la mise sur pied du groupe d’experts s’est faite quelque peu rapidement, accompagnée de vifs débats internes. - Belga

Décodage

D’ici octobre, une commission d’enquête parlementaire devrait se pencher sur le passé colonial de la Belgique et sur ses conséquences toujours perceptibles aujourd’hui. Les récentes manifestations visant les statues et les monuments rappelant l’Etat indépendant du Congo, la commémoration du 60è anniversaire de l’indépendance de l’ancienne colonie de la Belgique, la prise de conscience du lien existant entre le racisme, les discriminations sur base ethnique et le passé colonial ont soudain démontré l’urgence et l’importance d’une relecture commune de l’histoire. Cette commission sera présidée par Wouter De Vriendt, au nom du groupe Ecolo/Groen et le bureau tripartite réunira le PS, le CD&V et Ecolo/Groen.

La tâche ardue qui sera confiée aux parlementaires devrait être préparée par un groupe de dix experts parmi lesquels des membres de la diaspora africaine, s’exprimant au nom des victimes d’hier et d’aujourd’hui.

Vifs débats internes

Sous la pression d’un calendrier peut-être trop serré, la mise sur pied du groupe d’experts s’est faite quelque peu rapidement, accompagnée de vifs débats internes où la logique des partis s’est imposée. Plusieurs désistements ont marqué l’élaboration du groupe de travail, les plus qualifiés d’entre eux comme Guy Van Temshe (VUB) ou Olivia Rutazibwa (Université de Porstmouth) avançant la brièveté du délai par rapport au travail requis. Amandine Lauro (ULB) se serait également désistée, de même que Nadia Nsayi, qui était fortement soutenue par le CD&V.

Il a donc fallu chercher ailleurs des académiques et des représentants des milieux associatifs de la diaspora qui sont donc montés en puissance. Parmi les noms qui se sont imposés apparaît celui de l’historien Benoît Henriet (VUB), spécialiste du Katanga, de Gillan Matthys, historienne formée à l’Université d’Anvers, qui a mené de longues études de terrain au Nord-Kivu, d’Anne Mpona Wetsi représentant l’ASBL Bamko qui porte les revendications des Afrodescendants, au même titre que Suzanne Monkasa ou, pour l’ASBL Mémoire coloniale Geneviève Kanyinda. Le nom de Laure Uwase, avocate, représentant l’ASBL Jambo News, a également été cité mais suscite le débat dans la communauté rwandaise. Dans l’esprit des équilibres « à la belge » où toutes choses étant considérées comme égales par ailleurs, cette présence controversée entraînerait celle d’un représentant de l

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