Les balades d’été du «Soir»: au cœur de la vallée de l’Amblève

Les balades d’été du «Soir»: au cœur de la vallée de l’Amblève

À tendre l’oreille, on pourrait entendre le vrombissement des moteurs du circuit de Spa-Francorchamps, un peu plus à l’est. En fermant les yeux, on pourrait s’imaginer en 1944 au milieu du tumulte de l’offensive des Ardennes qui a marqué la région au fer rouge. En sillonnant ces côtes, il suffit de se souvenir que nous sommes sur les routes de Liège-Bastogne-Liège : Wanne, Stockeu, la Haute-Levée et le col du Rosier ne sont pas loin.

Dans la vallée de l’Amblève, la nature est partout et les balades se succèdent à un rythme effréné.

Il y a donc des régions particulièrement gâtées par la nature. La nature, parlons-en. Dans la vallée de l’Amblève, elle est partout, les balades se succédant à un rythme effréné, toutes plus belles les unes que les autres. Pas étonnant que les Néerlandais aient colonisé ce petit bout de Belgique.

Les briques rouges de l’abbaye de Stavelot se voient à plusieurs kilomètres.

Pourtant, c’est dans la ville de Stavelot, entrée de cette vallée de l’Amblève, que nous débutons notre balade. Un peu de culture avant la verdure. Les briques rouges de l’abbaye, institution bénédictine délaissée à la Révolution française mais restaurée à partir de 1999, se voient à plusieurs kilomètres. Elle renferme trois musées (celui de l’histoire de la principauté Stavelot-Malmédy, le musée du circuit de Spa, et le musée Guillaume Apollinaire, le poète ayant passé une saison dans la ville). Devant, les vestiges archéologiques dégagent un charme fou, comme la porte monumentale.

La cascade de Coo

Mais Stavelot ne se limite pas à son abbaye. La cité des loups a sa place Saint-Remacle, un bel ensemble du 18e-19e. Avec son perron au milieu. Et puis, un peu plus à l’ouest, l’église Saint-Sébastien qui abrite la châsse de Saint-Remacle.

Mais il est temps de prendre la clé des champs. D’abord en prenant de la hauteur. Le val de Wanne offre l’un des plus beaux panoramas sur la région et… une piste de ski qui, l’été venu, se transforme en piste de descente en karting !

Le val de Wanne offre l’un des plus beaux panoramas sur la région et… une piste de ski qui, l’été venu, se transforme en piste de descente en karting
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Quand on prend de la hauteur, un jour, il faut redescendre. Et quitter la quiétude pour un endroit beaucoup plus touristique, surtout en été : la cascade de Coo. Ce site sauvage n’a pourtant rien de naturel ! La petite chute d’eau date du 15e, la grande a été creusée par les moines de l’abbaye de Stavelot pour protéger le village de Petit-Coo en détournant un méandre de l’Amblève. Dans l’après-guerre, le site est devenu un lieu d’attraction : un parc de loisir (repris plus tard par Plopsa Coo) fait face à la cascade, avec des télésièges qui montent sur les hauteurs. Le méandre détourné accueille désormais le bassin inférieur d’une centrale électrique.

Le chaudron de La Gleize

Las d’être autant contemplé, l’Amblève prend ensuite la tangente, sillonnant entre les arbres. La route, elle, s’élève vers le village de La Gleize. En 1944, cette bataille marque la fin de l’offensive allemande (en Allemagne, on parle désormais de chaudron de La Gleize), le commandement ayant décidé de sacrifier et d’abandonner les chars, par manque d’essence. Outre son aspect stratégique, la bataille de La Gleize est restée tristement célèbre pour le prix humain. Aujourd’hui, le musée Décember 44 situé dans le petit village retrace cet épisode.

Se succèdent alors le château de Froidcour, réquisitionné par les Allemands pendant la guerre, puis le village de Stoumont qui dévoile, à sa sortie, l’un des plus beaux panoramas sur la vallée de l’Amblève et sur ses affluents (la Lienne et le Roannay). Le panorama du Congo a été nommé de la sorte en l’honneur de Stanley à la mode lorsque le chemin de fer a traversé la région. À l’époque, les ouvriers trouvaient que les paysages décrits par Stanley ressemblaient à ceux de la vallée de l’Amblève !

Un peu plus loin, c’est une autre légende qui a façonné la rivière. Au lieu-dit des Fonds de Quarreux, la rivière se peuple de rochers. L’histoire raconte qu’un meunier avait passé un pacte avec le diable. Lorsqu’il voulut le rompre, le diable détruisit son moulin, éparpillant les pierres dans la rivière. De là, plusieurs balades sont proposées mais le spot à la mode depuis quelques années – beaucoup trop couru en saison touristique – se nomme la balade de Ninglinspo.

Le spot à la mode depuis quelques années – beaucoup trop couru en saison touristique – se nomme la balade de Ninglinspo.

Nom bizarre qui désigne un ruisseau, affluent de l’Amblève, qui dévale 250 mètres de dénivelé, ce qui lui vaut la désignation de seul torrent de montagne de Belgique ! Sur 6,5 kilomètres (soit 2h45 de marche), cette balade est enchanteresse… s’il n’y avait pas tout ce monde qui se presse lors des périodes estivales.

Le parcours

1

Stavelot

Son abbaye de briques rouges (et ses trois musées), sa place Saint-Remacle et ses charmantes ruelles. N’hésitez pas à passer par la boucherie Curnel pour y ramener les charcuteries primées.

www.abbayedestavelot.be – Entrée sur réservation : 10 euros pour les trois musées.

2

Val de Wanne

A la sortie du village du même nom, il dévoile l’un des plus beaux points de vue sur la région. On peut y faire du devalkart (dévaler la piste en karting) mais aussi louer des vélos et des balades avec GPS.

www.valdewanne.eu

www.cascades-de-coo.be (pour toutes les attractions)

www.december44.com Entrée : 7,5. Ouvert de 10 à 18h (sur réservation suite au Covid)

3

Fonds de Quarreux

Devant l’affluence à la balade de Ninglinspo, il convient de privilégier la balade des Fonds de Quarreux ou d’autres balades qui partent de cet endroit.

En pratique

Cette balade de 32 kilomètres part de Stavelot pour suivre ensuite le cours de l’Amblève, en passant par le Val de Wanne, en hauteur. Elle se termine, non loin de la balade du Ninglinspo, à Nonceveux.

Distance : 32 km

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