Les rochers de Frênes, à Profondeville.
Les rochers de Frênes, à Profondeville. - Dominique Duchesnes.

Les balades d’été du «Soir»: entre Namur et Dinant, sur les rives de la Meuse

La Haute Meuse a ceci de particulier qu’elle présente autant de visages qu’il y a de saisons. Tantôt bucolique et nautique, rafraîchissante et apaisante, frénétique et dangereuse, elle peut aussi se décliner en glauque et saisissante. Ces rochers karstiques sont autant de masses tourmentées, aussi majestueux qu’imposants. Et c’est ce qui fait son charme. Ses châteaux en ruine ne tiennent qu’à un fil sur ces éperons rocheux, comme des vigies dont on n’a plus la nécessité, témoins d’un passé guerrier que la nature tente de faire oublier. Dinant, à l’image de ces rivages, présente elle aussi cet aspect aussi accueillant que repoussant. Cette collégiale, écrasée par le rocher et la citadelle, déploie sa beauté en plein soleil, mais il suffit d’un nuage gris pour que la nostalgie d’une ville abandonnée de ses touristes ne laisse les Dinantais, seuls, vivre à l’ombre de ces géants menaçants.

Mais, en été, les joies nautiques qui la réveillent font de la Haute Meuse un spot recherché. A commencer par Profondeville qui se languit le long du fleuve, avec une vue époustouflante sur les Rochers de Frênes, sur l’autre rive. Les panoramas ne manquent pas : celui des sept Meuses, nommé de la sorte parce qu’en hiver, lorsque la végétation se tarit, le fleuve se laisse voir à sept reprises, au gré de ses courbes ; celui de la Sibérie ; ou de la Couleuvrine. En face, Lustin a préféré prendre de la hauteur, niché sur les Rochers de Frênes, paradis des spéléologues.

Comme nous avons changé de rive, continuons sur celle-là. Passé Yvoir et le petit village de Houx, un château attire notre attention. Ou du moins, ce qu’il en reste. Le château de Poilvache date du XXIIe siècle et déploie ses ruines sur un site exceptionnel qui porte sur le rivage. On imagine qu’il était difficile de s’en saisir. Et pourtant, le prince-évêque de Liège y est bien arrivé, le laissant à l’abandon en 1430. Seuls quelques passionnés permettent encore à ce site de ne pas tomber complètement à l’abandon mais, d’un autre côté, cet aspect naturel n’en a que plus de charme.

Les ruines du château de Poilvache offre un magnifique panorama.

Les ruines qui s’égrènent le long de la Meuse témoignent de son côté stratégique. Un peu plus en aval, et sur l’autre rive, il y a Bouvignes, porte d’entrée et ancienne rivale de Dinant, désormais simple faubourg de la ville d’Adolphe Sax. Les touristes qui affluent à Dinant, souvent, la méprisent, happés par la vitalité de cette dernière. Quelle erreur !

De nombreux atouts

Au XVe siècle, la dinanderie (travail du cuivre et du laiton) avait fait la fortune de Dinant et de Bouvignes. Les deux cités, distantes de quelques kilomètres, se détestaient d’autant plus que l’une, Dinant, appartenait à la Principauté de Liège et l’autre, Bouvignes, au comté de Namur. C’est finalement le roi français Henri II qui dépouilla Bouvignes en 1554, y laissant seulement les ruines du château de Crevecoeur, qui se visitent librement, et un mini-centre charmant, autour de la place du Bailliage et de sa maison espagnole. Celle-ci abrite aujourd’hui la Maison du patrimoine médiéval mosan, un musée qui nous plonge dans l’histoire de ce coin de la Meuse.

Reste alors à faire un choix en fonction du temps. Car le coin ne manque pas d’atouts. Il y a l’abbaye de Leffe (on sait que la bière ne s’y brasse plus depuis la reprise de la marque par Ab-Inbev), il y a surtout Dinant, la plus touristique, avec sa collégiale, son pont rempli de saxophones colorés (on peut aussi visiter la maison natale d’Adolphe Sax), ses couques (un biscuit qu’il vaut mieux sucer comme un bonbon au risque de repartir sans dents) et sa citadelle. Il y a également le paysage de la Meuse, entre Dinant et Hastière, surtout au niveau du château de Freÿr et de Waulsort. Mais on a préféré finir cette balade par une pause rafraîchissante, un peu plus sur les hauteurs, à Falmignoul.

La brasserie artisanale la Caracole.

Ce petit village renferme une brasserie artisanale, la Caracole, qui utilise encore les équipements d’antan et chauffe les cuves au feu de bois. A 62 ans, le gérant, François Tonglet, est pourtant à la croisée des chemins. La baisse de l’exportation l’a poussé à se recentrer sur le marché local et à baisser son volume (de 3.000 hectolitres à 1.200), mais cela lui permet de brasser toute sa bière sur place. Avec une gamme assez large (blanche, brune, blonde et ambrée, dupliquée également en bio) et surtout pleine de saveur. Vous pourrez y goûter la dernière née, la Spirale, lancée cette semaine !

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