Carte blanche – «Coronavirus: accélérer la transition vers un système économique durable»

Carte blanche – «Coronavirus: accélérer la transition vers un système économique durable»
Reuters.

Il y a six mois s’est produit l’impensable et notre pays s’est trouvé enfermé dans un confinement sévère. Six mois plus tard, les médias regorgent encore de scénarios catastrophes. Mais si l’on ne s’arrête pas aux gros titres alarmistes, on peut percevoir des changements prometteurs. « Les crises sont des défis », disait l’ancien président de la FEB, André Leysen. C’est dans cet esprit que la FEB a demandé à ses fédérations sectorielles membres : « Quels enseignements pertinents pouvons-nous tirer de l’intense période d’agitation, d’incertitude et de crise que nous avons traversée ? »

La vertu de la flexibilité

Le Covid-19 nous a ravagés comme un terrible incendie, mais aujourd’hui, de nouvelles pousses surgissent de la terre brûlante. La souplesse et la capacité d’adaptation des personnes et des organisations ont impressionné tout le monde. À mesure que la crise sanitaire frappait, la solidarité, la créativité et la résilience de nos entrepreneurs ont crû. Celle-ci a révélé que ce ne sont pas les plus rapides, les plus intelligents, les plus grands, ni les plus sains qui survivront. Ce seront les plus flexibles. C’est déjà un des enseignements qui montre que tous les effets de la crise du coronavirus ne sont pas par définition mauvais.

Enseignements et questions

Nous n’avons pas à lâcher le passé, mais nous devons peut-être nous en détacher. Tirer les leçons appropriées est une étape essentielle pour renforcer durablement notre tissu économique et notre résilience commune. Sur la base de leur expérience de la crise des six derniers mois, la FEB et ses fédérations sectorielles retiennent dix enseignements. Ils sont extrêmement utiles et instructifs, mais ils restent le résultat d’un instantané.

1. Apprenons des problèmes systémiques. La surabondance d’organes de décision et de consultation ralentit et perturbe le processus décisionnel. L’unité de commandement est indispensable.

2. En quelques jours, nous avons adapté notre manière habituelle de travailler. Nous avons besoin d’un nouveau contenu transparent pour le télétravail à domicile. Nous l’appelons 3D-Working.

3. La crise sanitaire a eu peu d’impact sur les chaînes logistiques mondiales, sauf dans les sous-secteurs liés à la santé. Faut-il garder en Belgique ou en Europe un appareil de production propre pour certains sous-secteurs stratégiques ?

4. La sécurité sociale et la technologie ont constitué d’importants stabilisateurs et ont préservé notre pays d’une catastrophe sociale et économique plus grande encore.

5. Une communication claire et authentique est essentielle pour fournir une information correcte, éviter les erreurs de perception et gagner la confiance.

6. La société civile joue un rôle précieux et indispensable en temps de crise.

7. L’Europe n’a pas excellé dans l’unité d’action ou le dynamisme. C’est pourquoi un cadre européen fort (renforcé), dans lequel tous les États membres prennent leurs responsabilités solidairement, est plus que jamais nécessaire.

8. La souplesse et la capacité d’adaptation des personnes et des organisations ont impressionné tout le monde. Ce ne sont pas les plus rapides, les plus intelligents, les plus grands ni les plus sains qui survivront, mais bien les plus flexibles.

9. Tout ce qui concerne le travail et la formation sera numérisé, si cela s’avère pertinent. En revanche, tout ce qui concerne les rapports humains, la culture et les loisirs deviendra plus « social » ou plus analogique. Il y a donc bien une place pour les « clicks and bricks » (NDLR : une activité commerciale ou autre en présentiel ou en ligne).

10. L’importance d’une collaboration et d’une répartition précise des tâches entre les pouvoirs publics, les secteurs, les entreprises, les partenaires sociaux et les défenseurs d’intérêt est plus forte que jamais en période de crise.

Se préparer à affronter d’autres crises

Sommes-nous prêts pour la prochaine pandémie ?

Aujourd’hui, nous ne disposons pas de feuilles de route pour affronter des calamités mondiales disruptives comme la crise du coronavirus. Or, dans la constellation économique et sociétale mondiale actuelle, une pandémie peut survenir à tout moment. De plus, le risque augmente que n’importe quelle crise prenne la tournure d’une pandémie. Pensons à une catastrophe climatique, une crise financière, un accident nucléaire ou une attaque cybernétique. Même des événements locaux – un incendie de forêt, un marché défaillant, un coup d’État – peuvent avoir des conséquences mondiales qui ne peuvent être résolues au niveau local.

Nous devons profiter de la crise du coronavirus pour accélérer la transition vers un système économique durable, pour augmenter la résilience des entreprises et de la société et pour éviter de devoir remettre le monde entier à l’arrêt lors d’une prochaine pandémie de quelque nature ou ampleur qu’elle soit. La relance doit aller de pair avec une digitalisation poussée et un verdissement de notre économie et reposer sur une analyse coûts-bénéfices des mesures qui ont le plus d’impact en matière de bien-être tout en générant le moindre coût social et économique pour le pays.

Nous devons donc renforcer notre résilience et développer une gestion de crise planifiée et intégrée structurellement pour nous préparer à lutter à l’avenir contre des crises disruptives comme celle du Covid-19.

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